Soudan : des civils armés pour mater les manifestants ?

Un homme armé d’une Kalachnikov dans une rue de Khartoum. Photo postée sur la page Facebook du mouvement d'oppostion Abina.
 
Les Soudanais sont de nouveau descendus manifester contre le gouvernement vendredi 27 septembre. Alors que les forces de sécurité sont déployées massivement à Khartoum, des activistes s’inquiètent de la présence de civils armés dans les rues de la capitale. Témoignage…
 
Des milliers de personnes ont manifesté après la prière de vendredi, au 5e jour d'un mouvement de contestation de grande ampleur contre des mesures d'austérité annoncées par le président Omar el-Béchir.
 
En prévision de ces rassemblements, la police s'est déployée en force dans la capitale, avec l’appui de l’armée. Les soldats sont également postés autour de certains bâtiments officiels, ainsi que les stations-services en proie à des saccages depuis le début du mouvement.
 
 
Des activistes accusent également le pouvoir d’avoir déployé des civils armés pour participer à la répression des manifestants. Des photos de civils brandissant des kalachnikov circulent, en effet, sur les réseaux sociaux.
 
Le gouverneur de Khartoum, Abdel Rahman al-Khidr, s’est montré intransigeant devant les nombreux appels à manifester. Il a averti que le gouvernement frapperait "d'une main de fer" ceux qui portent atteinte aux biens publics.
 
Les manifestations au Soudan ont fait au moins une trentaine de morts depuis lundi.
Contributeurs

"J’ai vu des civils armés sillonner les rues de Khartoum en tirant en l’air"

Moundir est activiste et vit à Khartoum.
 
J’ai vu des civils avec des armes dans plusieurs quartiers où il y a eu des manifestations. A Khartoum et à Oumdorman, ils sillonnent les rues à bord de 4X4 en tirant en l’air. Ce matin même, j’ai vu un jeune dans une station de bus à Oumdorman tenant un pistolet à la main. Il avait l’air très jeune. Je me tenais assez près de lui et j’ai capté des bribes d’une conversation qu’il avait avec une personne au téléphone. Il disait qu’il allait se rendre à une mosquée. Les manifestations d’aujourd’hui [vendredi 27 septembre] devaient justement partir des mosquées. Il est probable qu’il s’agisse d’un membre du syndicat des étudiants du Congrès national [organisation satellite du parti qui dirige le pays] qui a participé à la répression des manifestations au sein des universités en juillet 2012.
 
Des activistes affirment que l’homme sur cette photo est l’un des porte-parole du parti au pouvoir.
 
Plusieurs militants m’ont affirmé avoir vu des civils armés de Kalachnikov au milieu des manifestants. On soupçonne le pouvoir de les envoyer parmi les manifestants pour essayer de repérer les leaders et les abattre. Aujourd’hui, les organisations d’activistes ont conseillé aux manifestants de marcher dans leurs propres quartiers. Entre voisins, il est en effet plus facile de repérer les étrangers. La milice d’Omar el-Béchir ne va pas nous décourager. Nous continuerons jusqu’à la chute du pouvoir.
 
Devant l’ampleur des manifestations, les autorités ont en outre fait appel, depuis deux jours, à la milice officielle du parti du Congrès national [Ndlr : Créée en 1991, elle a participé aux côtés de l’armée de Khartoum à la guerre contre le Sud. A la fin de la guerre en 2005, ces éléments été intégrés au sein du parti au pouvoir]. Les membres de cette milice sont généralement en uniforme. Mais il arrive aussi parfois qu’ils soient en civil. Les hommes en civil armés aperçus pendant les manifestations pourraient donc aussi être des membres de cette milice.
   
Les forces de Défense populaire, milice officielle du parti du Congrès national au pouvoir, sont venues en renfort pour mater les manifestants. 

Commentaires

en France populaire de France,

si tu tires sur des bandits /voleurs avec un lance balles /caoutchouc , la gauche femelle joue au mâle.



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