En Chine, gare à vous si vous êtes retweetés plus de 500 fois...

 
Les autorités chinoises viennent d’augmenter d’un cran le contrôle de l’Internet. Désormais, un internaute auteur d’un message jugé diffamatoire et republié 500 fois, ou lu 5000 fois, encourt jusqu’à trois ans prison. 
 
Promulguée le 9 septembre, cette directive est destinée, selon les autorités chinoises, à lutter contre les rumeurs sur Internet. C’est le dernier volet d’une campagne lancée au mois d’août visant à reprendre en mains les réseaux sociaux très actifs ces dernières années en Chine.
 
Yang Hui, un lycéen de 16 ans issu de la province du Gansu (dans le nord-ouest) est le premier à avoir été emprisonné pour fausse rumeur. Il avait diffusé des posts sur le site de microblogging Weibo mettant en doute la version de la police de sa ville concernant un décès suspect, et appelé la population à manifester pour réclamer la vérité. Son message ayant été reposté plus de 500 fois, la police l’a arrêté le 17 septembre, pour "diffusion de rumeurs et trouble à l’ordre public".
  
Après sept jours de détention, l’adolescent a finalement été libéré dimanche 22 septembre, tandis que les internautes s’étaient largement mobilisés sur les réseaux sociaux pour le soutenir. Plusieurs avocats se sont en outre portés volontaires pour défendre sa cause. La police de Gansu a indiqué avoir commué la peine initiale de trois ans en une "détention administrative" de sept jours, et a affirmé dans un communiqué que le jeune lycéen avait  "avoué" et que la sanction avait été allégée parce qu’il était mineur.
 
Yang Hui effectuant le signe de la victoire à sa libération.
Image postée sur Weibo.
 
You Feizhu fait partie des avocats volontaires qui ont défendu le lycéen. Il a posté plusieurs messages de soutien sur son compte Weibo.
  
"Nous sommes le 23 septembre, aux alentours de 2 heures 30 du matin et Yang Hui vient d’être libéré. Dans l’hôtel où il est installé, son père a fièrement déclaré aux journalistes : "Mon fils est courageux, un brave garçon qui a le sens de la justice." Le père de Yang n’a cessé de dire à son fils de garder la tête haute. Il s’est écrié : "Tu n’as rien fait de mal, pourquoi tu te comportes comme si tu étais un criminel ? Lève la tête !".
  
Depuis le lancement de la campagne en août, plusieurs leaders d’opinion chinois ont été arrêtés pour d’autres motifs notamment des microblogueurs de la fameuse communauté "Big V", une désignation donnée aux utilisateurs très populaires en Chine.
Contributeurs

"Rien n’empêche désormais la police de considérer un commentaire en ligne comme étant une rumeur et arrêter son auteur."

Lu Haitao habite à Shanghaï.
   
Cette nouvelle disposition juridique constitue une réelle menace pour la liberté d’expression. N’importe qui peut être rapidement retweeté 5 000 fois en Chine ! Par ailleurs, la définition d’une rumeur est laissée à la libre appréciation de la police. Rien ne l’empêche donc de considérer un commentaire en ligne qui n’est pas à son goût comme une rumeur et arrêter son auteur.
  
Plusieurs des arrestations qui ont eu lieu récemment, dans le cadre de cette campagne, sont d’après moi abusives. Par exemple, une femme a posté sur Weibo un message disant que 16 personnes sont mortes dans un accident de voiture. Comme le bilan officiel parlait de 10 morts, elle a été arrêtée et incarcérée pour "diffusion de rumeurs". Une autre personne a posté une question sur Weibo : " J’ai entendu dire qu’il y a eu un meurtre à Louzhuang, quelqu’un sait ce qu’il s’est passé ?"… Et elle a été arrêtée.
 
La police a carte blanche pour museler la parole sur Internet, car c’est elle seule qui peut définir ce qui relève de la rumeur et arrêter des gens comme bon lui semble.
  
D’ailleurs, ce n’est pas la première loi qui opprime les internautes. Certains ont déjà été arrêtés au motif qu’ils portaient  "atteinte aux idoles de la révolution". Un utilisateur de Weibo a été incarcéré fin août pendant une semaine sous cette accusation parce qu’il a écrit dans un post que les "Cinq héros de Langya Mountain" - soldats morts durant la guerre contre le Japon et considérés comme des héros - n’étaient en fait que des déserteurs qui opprimaient les villageois.  

Commentaires

A quand un printemps chinois?

A quand un printemps chinois? Ce pays aurait tout pour réussir. Même sans élection nationale si les gens pouvaient simplement faire ce qu'ils veulent...

Censure en Chine : les autorités veulent tordre le coup aux rume

pour nous français, cela semble dérisoire car notre liberté nous permet même de nous mettre à poil, la censure en france est plus subtile, je soutiens ces luttes, j'ai même remarqué dans bcp d'émission qu'ils avaient du caractère. Le temps joue pour eux.



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