Les attentats en cascade, redoutable mode opératoire d’Al-Qaïda en Irak

Capture d'écran d'une vidéo d'attentat survenu récemment à Bagdad.
 
Depuis le début de l’année, les attentats visant les civils de manière indiscriminée se multiplient en Irak. Le mode opératoire est presque toujours le même : l’attentat en chaîne. Pour tuer une première fois, puis une deuxième voire une troisième fois lorsque les secours arrivent.
 
Plus de 4 000 personnes ont péri dans des attentats depuis le début de l’année en Irak, selon un bilan établi par l’AFP. Vendredi encore, une double explosion est survenue devant une mosquée sunnite à Baakouba, dans le nord du pays, faisant au moins trente morts. Durant la journée de mercredi, au moins 39 personnes ont été tuées dans des attaques, dont 30 dans un attentat suicide à la bombe contre une mosquée chiite à Bagdad.
 
Ces attentats sont pour la plupart revendiqués par l’État islamique en Irak, la branche irakienne d’Al-Qaïda. Et visent souvent la communauté chiite.

"Ils laissent un numéro sur le pare-brise et quand l’automobiliste appelle… "

Amir Jabbar al-Saïdi est expert en sécurité installé à Bagdad.
  
Ce type d’attentat est très fréquent dans les cafés populaires et les marchés, les lieux à forte densité de population. Il y a environ un mois, il y a même eu un quadruple attentat à la voiture piégée sur un marché populaire dans le quartier Chaâb ; j’y ai perdu plusieurs proches. Ce type d’attaques vise à faire le plus grand nombre possible de victimes parmi la population et les forces de l’ordre. Car en général, quand une explosion se produit, les gens se précipitent spontanément sur les blessés pour les secourir. Ces opérations sont menées avec un grand souci du timing, car la deuxième explosion intervient généralement de 5 à 10 minutes après la première, c’est-à-dire au moment de l’arrivée des forces de sécurité.
 
Vidéo d'une double explosion survenue récemment dans quartier al-Maalif al-Bayyaa, à Bagdad (Posée sur YouTube le 17 août).
  
Les terroristes d'Al-Qaïda utilisent plusieurs modes opératoires, mais ils privilégient actuellement les explosifs posés sur le bord des routes, ou dans les poubelles des lieux publics, et les voitures piégées.
 
Il faut au minimum trois personnes pour une attaque à la voiture piégée. L'une chargée de fabriquer la bombe. Il s’agit de TNT ou d’explosifs C4 mélangés à des clous et autres bouts de ferraille pour faire le maximum de dégâts humains. Une autre installe ensuite la charge dans le pneu du véhicule et la connecte à son système électrique. Et enfin, une troisième personne est désignée pour conduire le véhicule vers le lieu ciblé.
 
Depuis quelques mois, la majorité des explosions sont provoquées à distance avec un téléphone portable et par des kamikazes. Un nouveau mode opératoire particulièrement cruel est en outre apparu récemment. Dans un parking public très fréquenté, un individu gare une voiture de façon à empêcher le passage des autres véhicules ; il laisse ensuite un numéro de téléphone sur le pare-brise. Dès qu’un usager appelle pour débloquer son véhicule, cela déclenche la bombe. 
 
Vidéo d'un double attentat survenu dans le quartier de al-Amine à Baghdad postée sur YouTube le 30 août).  

"Les services de sécurité réagissent rapidement, mais pêchent sur la prévention"

Ali al-Moussawi est journaliste pour une chaîne de télévision locale. Il a couvert plusieurs attentats à Bagdad. Le dernier date d’une semaine, une triple explosion dans le quartier d’al-Chorfa qui a visé des ouvriers saisonniers en bâtiment.
  
Je constate que depuis quelques mois, les forces de sécurité ont gagné en réactivité avec la multiplication des attentats. Ils arrivent rapidement sur les lieux car il n’y a plus un endroit dans Bagdad distant de plus de 500 mètres d’un check point. Ils installent donc vite un périmètre de sécurité sur un espace étendu, car ils savent qu’un autre attentat est susceptible de survenir. Cela m’empêche de filmer mais la méthode permet de sauver beaucoup de vies.
 
En revanche, la prévention fait défaut. Les autorités sont incapables d’éviter ces attentats malgré le quadrillage strict de la ville. Ce qui est en outre aberrant, c’est qu’ils persistent à utiliser des pseudo détecteurs d’explosifs aux check point, alors que l’on sait maintenant qu’ils sont totalement inefficaces. Même son concepteur a récemment été condamné à la prison.
 
Les Irakiens dénoncent par l'humour les faux détecteurs de bombes.
    

Commentaires

Les observateurs risquent leur vie,et

Les politiciens le cul au chaud(Kerry , Hollande , Bankemooun,, )pensent aux mines qui font travailler des esclaves des temps modernes)Les Syriens? contre les fous d'al Qaida..Excusez les fautes .



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