Dans le nord d’Abidjan, des gangs terrorisent la population

Capture d'écran d'une vidéo de règlement de compte entre gangs rivaux à Abidjan. Le jeune homme à terre a les pieds attachés et est maltraité par les membres de l'autre gang.
 
ATTENTION, CERTAINES IMAGES CI -DESSOUS SONT CHOQUANTES.
 
À Attécoubé, commune du nord d’Abidjan, les habitants constatent de plus en plus régulièrement des violences entre gangs rivaux. Composés principalement de jeunes armés, ces groupes de voyous font régner la terreur dans certaines communes du centre-ville d’Abidjan. Et personne ne semble capable de les en empêcher.
 
Ce sont des scènes d’agressions à l’arme blanche et de vols en plein jour que vivent chaque semaine les habitants d’Attécoubé. Les récits recueillis par FRANCE 24 auprès de nombreux habitants décrivent toujours le même mode opératoire : des bandes de jeunes armés de machettes agissent de façon inopinée pour voler des objets de valeur, n’hésitant pas à utiliser leurs armes contre ceux qui tenteraient de résister.
 
Selon nos Observateurs, ils sont plusieurs gangs rivaux à agir dans cette zone. L’un des plus connus dans le quartier d’Attécoubé serait le gang de Zama, du nom d'un chef de gang vivant à Boribana, un sous-quartier très pauvre d’Attécoubé, et qui aurait combattu durant la crise post-électorale en Côte d'Ivoire.
 
FRANCE 24 a pu vérifier une vidéo de passage à tabac d’un membre du gang de Zama en plein jour : on y voit le jeune sauvagement agressé par des voyous d’un gang adverse. L’individu, quasiment déshabillé, reçoit des coups de pied, est piqué avec des bâtons pointus et lacérés au couteau. Un des individus lui crie en dioula "Va dire à Zama ce qui l’attend si on le chope". FRANCE 24 a choisi de ne pas diffuser la vidéo, seulement les captures d'écran ci-dessous.
 
Le jeune homme se fait piquer par des bâtons pointus.
 
Le lieu et la date de ces images n’ont pas pu être authentifiées avec précision par FRANCE 24. Mais d’après plusieurs sources concordantes, la bagarre aurait commencé à Attécoubé, puis le jeune homme aurait été transporté dans la commune voisine d’Adjamé, dans le quartier de Bromakoté, où il a subi des sévisses dans une cour d’école vide.
 
Toujours d’après nos sources, la vidéo a été filmée durant la deuxième semaine de ramadan (entre le 18 et le 25 juillet), période au cours de laquelle la recrudescence de violences de la part des gangs a été signalée par les habitants.
Plusieurs attaques similaires de gangs agissant entre Attécoubé et Abobo ont été recensées par la presse locale. La dernière date de dimanche 18 août, jour où un hypermarché a été attaqué par des jeunes armés.
 
Contacté par FRANCE 24, un policier d’Attécoubé reconnait le phénomène et confirme qu’une trentaine de jeunes appartenant à des gangs dans la commune d’Attécoubé ont été arrêtés depuis début 2013. Tous ont écopé entre dix et vingt ans de prison selon le policier. Il affirme que le phénomène semble pour le moment enrayé et que des enquêtes sont en cours.
 
Le jeune homme a terre se fait marcher dessus et prend des coups de pied des membres du gang rival. Derrière lui, des piques en bois qui ont été utilisés pour le lacérer.
Contributeurs

"Quand on les voit arriver, tous les magasins ferment et tout le monde se cache"

Shaku (pseudonyme) travaille à Attécoubé.
 
Ces gangs, on les appelle "les microbes". Mais ça n’a rien d’affectif : les membres ont entre 12 et 25 ans, ils arrivent par dizaines. La plupart sont armés de machette, ils circulent parfois à vélo pour fuir rapidement si les policiers arrivent. Les attaques sont imprévisibles et très rapides. Le temps d’appeler les policiers ou de signaler le phénomène, ils sont déjà partis ! Alors quand ils arrivent, tous les magasins préfèrent fermer boutique, et on se cache en espérant qu’ils ne nous rendent pas visite.
 
Le 24 juillet, des membres d’un gang ont agressé et entaillé la main d'un élément des FRCI [Forces républicaines de Côte d’Ivoire] qui escortait des agents de distribution d'électricité en intervention dans le quartier. Ces derniers étaient venus couper les câbles électriques qui alimentent illégalement le sous-quartier de Boribana, d’où beaucoup de membres du gang de Zama sont originaires. C’est une zone très pauvre où la plupart des jeunes sont complètement désoeuvrés et souvent déscolarisés. Souvent, c’est avec la complicité de leurs parents qu’ils s’engagent dans ces gangs pour faire vivre la famille.
 

"On nous a dit qu’il faudrait du temps pour enquêter… mais en attendant, les agressions continuent"

Zouar (pseudonyme) habite à Attécoubé. Il a été victime d’un gang.
 
Durant la période de ramadan, on sentait qu’il y avait beaucoup plus de tensions que d’habitude. Lorsque je les ai vus tous dans la rue, j’ai d’abord cru à une bagarre. Puis, ils sont venus vers moi, m’ont menacé avec un couteau et m’ont demandé de vider mes poches. Si tu leurs obéis, tout se passe bien, mais si tu refuses, ils te frappent et te lacèrent pour bien te faire comprendre que rien ne leur résiste.
 
Au début du mois, plusieurs habitants sont allés se plaindre au commissariat du 10e arrondissement d’Attécoubé, pour protester contre le meurtre d’un conducteur de taxi dans cet arrondissement par des jeunes d’un gang qui l’ont tué pour lui voler sa montre. Mais on nous a répondu que les policiers n’avaient pas les moyens d’agir, qu’ils n’avaient pas le droit d’utiliser d’armes pour tirer sur ces jeunes [un policier de ce commissariat contacté par FRANCE 24 a confirmé travailler 'dans des conditions très difficiles'].
 
"On est très étonnés de voir que ces jeunes parviennent à se sauver si vite"
 
On nous a répondu que ça devait passer par des enquêtes longues diligentées par le ministère de l’Intérieur et que ça prendrait le temps qu’il faut [selon des journalistes locaux, ces enquêtes sont actuellement en cours]. En attendant, les agressions continuent, et les affirmations selon lesquelles le phénomène serait enrayé sont fausses.
 
Les habitants d’Attécoubé sont très étonnés de voir que ces jeunes parviennent à se sauver si vite avant même l’arrivée de renforts. Beaucoup disent qu’ils ont des liens avec les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) qui les informent de l’arrivée de renforts [ces informations n’ont pas pu être vérifiées  par FRANCE 24]. "
 
 

Commentaires

Honte à cette racaille !

"Durant la période de ramadan, on sentait qu’il y avait beaucoup plus de tensions que d’habitude..." C'est aussi durant ces périodes que les hôpitaux d'Alger voient les agressions multipliées par 6 ! Ces traditions sauvages envahissent aussi l'Europe trop laxiste... La pègre, la mafia... La racaille de défoule... Les + anciens regrettent "le bon temps des colonies"..

pas raciste du tout, ce

pas raciste du tout, ce commentaire...

Recrudescence du banditisme de groupe

Autre fois (1980 -1999), jusqu'au coup d'état du 24 décembre 2013, des bandes armées de ce type existaient et faisaient suffisamment de victimes! Un peu partout à KOUMASSI, Marcory, Trichville! C'est lorsque le Général Guei a pris le pouvoir par un coup d'état que ces phénomène ont un peu disparus, faisant la place à des jeunes un peu plus disciplinés! Malheureusement après la rébellion de 2002 et la crise poste électorale, une catégorie d'individus( pauvre et aimant la violence) est née et donne lieu à ce que nous voyons à Abobo et à Attéccoubé! Vivement que les FRCI venus pour aider la côte d'ivoire prennent leur décision pour faire régner la paix dans nos cités!

recrudescence du banditisme de groupe

Merci pour ces précisions historiques de ce qui se passe chez vous... et bon courage pour vous battre contre cette nouvelle jeunesse violente. Souvent la pauvreté et les injustices sociales finalement, comme toile de fond de ces attitudes ultra-violentes, voire extrémistes, de la jeunesse à plusieurs endroits dans le monde... c'est en amont qu'il faut agir pour régler durablement ces problèmes, avec des gouvernements qui les prennent à coeur.

Quel et ce president?

1 President qui c fait montre grand au media europeen alors que il arrive meme pas a resoudre les probleme qui se trouve a abidjan
sa fait vraiment hont quant on c crois grand alors qu'on es d la merd
pufffffffffffffffffffffff



Fermer