En Irak, la police saccage les terrains de foot … pour protéger les joueurs

Photo d'un terrain de football du centre-ville de Baakouba, prise par notre Observateur.
 
En passant par le centre-ville de Baakouba, au nord-ouest de Bagdad, notre Observateur a pris une photo de ce terrain de football transformé en passoire. Non, le terrain n’est pas en travaux, ces trous et ces monticules sont simplement le résultat de la dernière mesure anti-terroriste.
 
Menée par la police, cette destruction volontaire du terrain a pour but d’empêcher les jeunes de venir y jouer au football, un sport très populaire en Irak. En effet dernièrement, plusieurs attaques à la bombe ont été perpétrées lors de rassemblements sportifs, ou même lors de petits matchs de quartiers. La dernière en date remonte du 1er juillet et elle a fait 12 morts.
 
Ces nouvelles attaques viennent s’ajouter aux innombrables formes de violence que connaît le pays depuis 10 ans. L’Irak est un pays à majorité chiite (plus de 75% des musulmans) qui a longtemps été gouverné par la minorité sunnite, conduite par Saddam Hussein. Depuis la chute de ce dernier, des violences confessionnelles, dont sont principalement victimes les communautés chiite et chrétienne, ne cessent de laminer le pays.
 
Les attentats en Irak ont fait plus de 250 morts depuis le début du mois de juillet 2013.
 
Vidéo filmée après un attentat à la bombe dans un terrain de football, fin février à Al Shu'ala, à l'ouest de Bagdad.
Contributeurs

"Faute de pouvoir assurer la sécurité de la population, on la prive des rares moyens de distraction dont elle se dispose"

Ali, 23 ans, est étudiant en droit à Baakouba, ville située à 60 kilomètres au nord-ouest de Bagdad.
 
Les attentats dans les terrains de football de quartier sont un phénomène nouveau en Irak. Les premières attaques ont eu lieu il y seulement quelques mois [le premier attentat a eu lieu fin février et a fait 18 morts]. Cela se passe autant sur les terrains de foot improvisés dans les quartiers, que sur des terrains plus élaboré où jouent les adultes amateurs. Il s’agit le plus souvent de bombes ou de voitures piégées. Ces attaques ne visent pas une communauté ou une zone en particulier [des attentats dans les terrains de football ont eu lieu à Baakouba, ville à majorité sunnite, comme à Hilla, ville chiite au sud de Bagdad]. D’ailleurs, nous ne savons même pas qui est derrière.
 
Si les terrains sont visés, c’est parce qu’ils sont un lieu de rassemblement. D’autant plus lors des matchs d’adultes, où il y a parfois du public. En s’attaquant à de tels endroits, les terroristes sont donc sûrs de faire un grand nombre de victimes civiles. C’est leur principale motivation : semer la terreur dans la rue, afin qu’il n’y ait plus de vie dans nos villes. D’ailleurs, depuis le début du ramadan [le 10 juillet], les policiers demandent aux patrons des cafés de la ville de fermer dès 20 heures, alors que la tradition veut que les gens sortent la nuit pendant le ramadan, après la rupture du jeûne. Mais les autorités ont peur que ces rassemblements ne provoquent davantage d’attentats.
 
Ces trous creusés par l’armée et la police sont pour moi synonymes d’un échec flagrant. Faute de pouvoir assurer la sécurité de la population, on la prive des rares moyens de distraction dont elle se dispose. Au final, les terroristes auront gagné, ils sont arrivés à leurs fins.
 
La photo du terrain de Baakouba envoyée par notre Observateur.
Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira (@SarraGrira), journaliste à France 24.

Commentaires

Pauvre IRAK !!

C'est tout de même une ignominie, il n'a été trouvé aucune arme de destruction de masses, aucune arme nucléaire, pas la moitié du début de gaz mortels à l'échelle planétaire...,oui, il y avait un type innommable qui s'appelait SADDAM, mais les Bush, Blair et les autres, ceux qui rampent devant les américains, ont envoyés hommes et matériels ( heureusement CHIRAC a dit NON, la France a été digne....ce n'est pas du tout le cas en ce moment) ne valent pas mieux que le dictateur irakien....je ne suis pas en train de dire qu'il fallait le laisser en place , mais il y avait d'autres moyens à mettre en oeuvre que la destruction d'un peuple.



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