Crise humanitaire dans les quartiers d’Alep tenus par l’armée

Banderole érigée au point de passage de Boustan al-Qasr "interdiction formelle de faire passer les produits alimentaires, les médicaments, les carburants, les produits pour bébés, le lait, les produits laitiers, la viande, le pain, etc."
 
Les quartiers d’Alep tenus par l’armée sont aujourd’hui coupés du monde en raison des combats et du blocus mis en place par les rebelles. Un habitant témoigne sur la crise humanitaire qui se profile.
 
Les habitants des quartiers subissant le blocus des rebelles ont essayé de forcer le passage de Boustan al-Qasr lors d’une manifestation le mardi 9 juillet. Les rebelles ont ouvert le feu, faisant plusieurs blessés. Le lendemain mercredi le passage a été ouvert pendant plusieurs heures et quelques habitants sont parvenus à se ravitailler en zone rebelle.
 
Vidéo des rebelles qui attaquent les manifestants au passage de Boustan al-Qasr, Alep. Mardi 9 juillet 2013.
 
Un groupe de jeunes activistes tente actuellement de sensibiliser l’opinion sur les conditions de vie à Alep, notamment en postant sur Internet des images et des témoignages de la ville.
 
Vidéo "sauvez Alep". Crédit Shabab Syria. (Jeunesse de Syrie).
 
 
Contributeurs

"Certains rebelles profitent d’ailleurs du blocus pour s’enrichir personnellement"

Farid Z. (pseudonyme) est un commerçant sunnite de la rue du roi Fayçal du quartier al-Sabil et père d’une famille de cinq enfants.
 
Je vis dans un quartier mixte mais à majorité chrétienne. Il y a aussi beaucoup de déplacés des autres quartiers d’Alep ou des environs. Ils sont parfois logés chez des personnes de leurs familles, mais souvent ils s’entassent dans les écoles et les bâtiments publics.
 
Même si les rebelles approchent, notre quartier est le seul à Alep qui n’a pas encore connu de vrais combats ni de bombardements. Donc on a été très surpris par le blocus qu’on nous a imposé. Sachant que ce blocus s’ajoute aux coupures d’eau et d’électricité qui sont de plus en plus fréquentes et longues, sans qu’on puisse dire qui sont les responsables derrière ces pénuries.
 
On manque de tout et les prix qui étaient déjà très élevés ont explosé ces derniers jours. Tous les supermarchés et les petits commerces ont fermé leurs portes. Pour les produits de premières nécessité, il faut les acheter sur le marché noir, sachant que les prix varient d’heure en heure et toujours à la hausse. Le prix du pain a triplé, les légumes sont rares et la viande est très chère. Les gens achètent les galettes de pain une par une. Le carburant est de plus en plus rare, la majorité des habitants se déplace à pied.
 
Tout ce qui rentre dans le quartier et même dans la ville passe par l’Armée syrienne libre (ASL). Certains rebelles profitent d’ailleurs du blocus pour s’enrichir personnellement.
 
Pourtant dans les régions sous le contrôle des rebelles toutes les denrées sont disponibles, vu qu’ils contrôlent un passage vers le nord du pays et la frontière turque. Le passage de Boutan al-Qasr permet de passer en zone rebelle, mais il est fermé la plupart du temps. Même quand il est ouvert, la traversée est très dangereuse, des snipers sont partout. Ceux qui prennent ce risque ne savent pas s’ils vont pouvoir revenir, donc peu de gens s’y aventurent.
 
Mon propre frère a une maison vieille de cent ans qui se trouve maintenant dans la zone rebelle. Il n’ose pas y retourner, mais des amis restés sur place lui ont dit que sa maison a été pillée, que même certaines pierres ont été volées et revendues.
 
Aujourd’hui on ne sait pas vers qui se retourner. L’armée régulière ne nous informe pas et elle ne nous aide pas non plus, on est livré à nous-mêmes. Si on décide de partir on ne sait pas où aller, on devra passer par des zones sous contrôle rebelle, des zones "grises", sans parler des zones de combats. Les chances d’en sortir indemne sont très faibles. On espère juste qu’un accord soit trouvé rapidement pour sauver ce qui reste de notre ville.
Billet écrit avec la collaboration de Wassim Nasr (@SimNasr), journaliste à France24.

Commentaires

Une trève !

Plutôt que de prendre parti pour un camp ou un autre la vraie solution intelligente serait l'instauration d'une TREVE pour la période du ramadan Tout musulman qui se respecte ne combat pas ni ne tue pas durant cette période sacrée Puisse cette trève durer ensuite jusqu'à un accord de paix dlinte!!!

Ces quartiers sont tenu par

Ces quartiers sont tenu par les forces assadiennes qui n'ont eux aussi reçu aucun ravitaillement en nourriture depuis un moment, c'est une stratégie réfléchie et normale
Jabhat al nusra a ouvert un couloir pour laisser rentrer des aliments mais au compte goute, le but c'est que les forces assadienne se retirent ou se rendent, ils vont pas les nourrir non plus pour qu'ils restent là et tuent les rebelles, faut rester lucide.



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