Tensions à Kidal entre pro et anti armée malienne

Des manifestants pro-Azawad se pressent devant le camp où est présente l'armée malienne. Photo Othman Ag Mohamed.
 
Depuis l’entrée de l’armée malienne vendredi 5 juillet à Kidal, dans le Nord-Mali, la cohabitation entre les habitants pour et contre la présence des soldats est difficile. Des tensions qui se cristallisent autour d’un camp militaire situé à l’ouest de la ville : à l’extérieur, des défenseurs de l’Azawad manifestent contre la présence de l’armée. Tandis qu’à l’intérieur, une centaine de civils pro-armée ont trouvé refuge par peur d’être pris pour cible.
 
L’accord de paix de Ouagadougou signé le 18 juin entre l’État malien et les représentants du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) prévoyait un cantonnement des groupes touaregs armés ainsi qu’un redéploiement en parallèle des forces armées maliennes et de membres de l'administration en vue de la tenue du scrutin présidentiel du 29 juillet.
 
Pourtant, l’arrivée d’un contingent de 200 militaires a provoqué un regain de tensions entre des indépendantistes du MNLA et des civils venus célébrer l’arrivée des soldats maliens. Ces derniers ont dû trouver refuge dans le camp 1, où les militaires maliens sont pour le moment postés en attendant que les combattants touaregs soient tous cantonnés dans un autre camp et désarmés.
 
Dans un communiqué, l'armée malienne a accusé lundi les rebelles du MNLA à Kidal de "grave violation" de l'accord de Ouagadougou et affirmé que trois militaires de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), dont un Français, avaient été blessés par des jets de pierre de manifestants pro-Azawad alors qu’ils sécurisaient les abords du camp.
 
Cela faisait près d’un an et demi que l’armée malienne n’était pas entrée dans Kidal. Prise par les combattants indépendantistes touaregs du MNLA et les djihadistes d’Ansar Dine en mars 2012, puis occupée par ces derniers pendant neuf mois, la ville a été reconquise en janvier 2013 par le MNLA qui, entre temps, s’est rangé aux côtés des soldats français pour chasser ses anciens alliés du nord du Mali.
 
Des manifestants, femmes et enfants, devant le camp 1 à Kidal samedi avec des drapeaux de l'Azawad et le drapeau berbère. Photo publiée sur Facebook par Touareg Libya.

"Les chefs touaregs nous calment en disant que l’armée est là pour faire ‘de la figuration’, mais nous restons très sceptiques"

Ibrahim Ag Souleymane est touareg. Il participe aux manifestations pro-Azawad.
 
Nous sommes en colère parce qu’on a le sentiment que les accords de Ouagadougou n’ont pas été respectés par l’armée malienne : les forces rentrant dans Kidal devaient être un mélange homogène de soldats originaires du sud et du nord du Mali et surtout pas des partisans de Gamou [ un colonel farouche opposant au MNLA qui avait feint de rejoindre le mouvement en mars 2012 avant de rejoindre ses hommes au Niger ; qualifié de 'traître à la cause touareg', il est suspecté d’exactions par les représentants du MNLA ]. On pense que s’ils sont là, c’est parce que l’armée malienne ne connaît pas le terrain, et qu’ils ont besoin des hommes de Gamou, au cas où il y aurait opposition avec des membres du MNLA [selon RFI, entre 20 et 30 miliciens du contingent de Gamou font partie du détachement des 200 soldats maliens, une information non confirmée par l'armée malienne].
 
Depuis dimanche, nos chefs ont convoqué les jeunes pro-Azawad pour expliquer qu’il faut éviter les débordements, ne plus lancer de pierres ou affronter les partisans des militaires. Ils attendent l’issue des discussions avec le président de la Commission dialogue et réconciliation [chargée d’animer des conférences-débats pour l’unité de l’État malien] qui est depuis mardi à Kidal. Ils ont tenu à nous rassurer en nous disant que l’armée malienne était là sous la contrainte internationale, seulement pour 'faire de la figuration', si je reprends leurs mots.
 
Mais les gens sont très sceptiques. Certains ont encore brûlé des pneus ce matin [mardi]. Il y a des jeunes et des vieilles femmes qui ont planté leur tente devant le camp. Ils crient 'Oui à l’Azawad, non au Mali !' et manifestent pacifiquement tous les jours. Ils ont très peur que l’armée malienne commence à patrouiller dans la ville car ils craignent de possibles exactions envers les 'peaux claires' comme ça a été le cas dans d’autres régions du Mali [Human Rights Watch a recensé une douzaine d’exactions commises par l’armée malienne à l’encontre de membres de la communauté touareg à Mopti].
 
Des manifestants pro-Azawad ont brûlé des pneus pour contester la présence de l'armée malienne. Photo prise mardi matin par Ibrahim Ag Souleymane.

"Les pro-Azawad nous provoquent, nous disent de sortir sinon il nous arrivera malheur"

Sidi Ag Albaka est touareg. Il a participé aux manifestations de soutien à l’armée malienne et a trouvé refuge dans le camp après les affrontements avec les manifestants pro-Azawad.
 
Ça fait depuis vendredi soir que je suis dans le camp [comme plus d’une centaine d’autres civils]. Ici, il y a une quarantaine de blessés qui sont soignés par les militaires. De là où je suis, je peux voir les manifestants dehors : ils nous provoquent, brûlent des drapeaux maliens, nous insultent et disent qu’ils vont 'rentrer dans le bâtiment et nous égorger un par un'. Certains d’entre nous reçoivent même des appels de menaces sur leur téléphone. Les pro-Azawad nous mettent la pression, disent qu’il faut qu’on sorte pour rejoindre leur cause sinon il nous arrivera malheur.
 
On a des directives très claires, qui s’appliquent aux civils comme au militaire dans le camp, de ne pas provoquer ceux qui sont à l’extérieur. Mais pour nous, on n’a jamais provoqué ! Vendredi, lorsque l’armée est arrivée, la plupart d’entre nous venaient accueillir un frère, un mari, une connaissance.
 
Kidal a été oubliée sur tous les plans pendant trop longtemps. Depuis qu’ils contrôlent la ville, les membres du MNLA nous ont imposé leur vision des choses, ils arrêtaient les personnes suspectées d’être des espions et harcelaient ceux qui ne soutenaient pas leur cause. Tout ce qu’on souhaite maintenant, c’est que les élections aient lieu normalement ici à Kidal, et qu’on ait le sentiment de redevenir malien [un candidat à l’élection, Tiébilé Dramé, a demandé le report de l’élection car les listes électorales des 13 communes de la région de Kidal ne seraient pas encore établies à trois semaines du scrutin].
 
Le rond-point de Kidal a été repeint aux couleurs du drapeau l'Azawad deux jours avant l'arrivée des militaires maliens. "Un exemple de provocation", selon Sidy Ag Albaka. Photo Ibrahim Ag Souleymane.
 

Commentaires

Mascarade !

Tout ça n'est qu'une mascarade pour dissimuler le fait que l'armée française est venu en aide à des putchistes Ces élections à la va-vite et impossible à mettre en place n'ont qu'un seul objectif redonner une légitimité MEME FACTICE à ces putchistes !!!

Mascarade

La réalité dans ce dossier malien est que les choses sont allées trop vite pour que le Mali aille aux élections. Ou la France voulait sortir le Mali du bourbier qui a divisé le pays pour que ce pays recouvre son unité, ou elle fait semblant des difficultés réelles que ce peuple est entrain de connaitre pour dire qu'elle a aidé quand le résultat ne correspond pas à l'attente. Les précipiter vite aux élections sans que ce peuple ne se retrouve dans la confiance des uns envers les autres et dans l'unité revient à dire que tout sera voué au fiasco et on reviendra à la case départ. Jamais rien qui est fait à la hâte, n' a donné des résultats satisfaisants.

mascarade au nord du mali

non je crois que tout ceux-ci est une faiblesse de l’armée malienne . comment ne pas aller effacer ces terroristes(mnla) au lieu d'aller négocier ou faire une ballade avec eux au B F et ce escroc collaborateur des terroristes Blaise au Burkina Faso . ce que la France ne sait pas c'est que leurs otages ne se trouvent pas dans le désert malien c'est un complot en vérité les otages se trouveraient au Burkina Faso chez Blaise c'est un bizness que les européens doivent savoir ou comprendre maintenant . la preuve en est que l’armée française a bien fouiller le désert mais qu'est ce qu'ils ont trouve? rien. mais comprenez . chaque fois qu'il faut libérer un otage c'est Blaise qui organise c'est un réseau dont il gagne son intérêt. mais vous refusez de comprendre . que fait même l’armée malienne a kidal? c'est vraiment une honte pour cette armée c'est vraiment plus qu'une figuration . tous ceux qui sont rester a kidal pendant cette crise sont des terroristes alors pour régler ce problème il faut effacer kidal de la carte du mali . mais cela semble impossible puisque la France n'est pas aussi claire dans cette histoire... car ou était le mnla pendant que an sardine était au nord du mali( pratiquait la charia ou détruisait les mausolées) ? ils sont sortis du sous-sol???

"Povre" Mali

Mon Frere, que vaux cette armee malienne? Ellle ne serait jamais capable de venir a bout de ce groupe. En fait les Maliens doivent vraiment "se regarder" au miroir. Je ne sais comment expliquer cette fierte d'un autre age des maliens, des hommes pas tres intelligents, hautains, un pays immense mais vide dt personne n'a reellement besoin.
Un ami Africain./.



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