En Iran, "il y a ceux qui ont les médias, et ceux qui sont les médias"

Un partisan du candidat Hassan Rohani tend une serviette aux couleurs officielles de son candidat, le violet, lors d'une manifestation à Mashhad, dans le nord-est du pays.
 
En Iran, la campagne pour l'élection présidentielle est officiellement terminée depuis mercredi minuit. Hassan Rohani, candidat de l'opposition, semble avoir été largement oublié par les médias. Pour compenser, ses supporters postent donc les images de ses meetings sur les réseaux sociaux. Des vidéos qui semblent d'ailleurs faire peur au candidat lui-même...
 
La principale critique présente sur les réseaux sociaux : le manque d'impartialité des télévisions nationales. Officiellement, elle ne font la promotion d'aucun candidat, mais les internautes iraniens, et même certains candidats comme le réformateur Hassan Rohani ou le conservateur Mohesen Rezaei, estiment que le temps d'antenne accordé à chaque présidentiable n'a pas été égal. Les internautes s'échangent même des liens issus des web-télévisions iraniennes pour comparer les temps d'antenne accordés à chacun.
 


Les partisans de Rohani estiment notamment qu'ils n'ont pas bénéficié d'une couverture suffisante des journalistes professionnels et la communication en ligne est devenue pour eux un enjeu majeur. En utilisant les réseaux sociaux, ils diffusent les "à-côtés" de la campagne, comme sur la vidéo ci-dessus où des militants chantent un slogan déjà utilisé lors du Mouvement vert en 2009, tabou dans le pays. Cette vidéo n'a pas été diffusée par les médias traditionnels.
 
 
Photo envoyée par un Observateur iranien d'un meeting de Ali Akbar Velayati, un candidat conservateur mais médiatiquement moins exposé.
 
 
Plus étonnant, les comptes Facebook officiels de Hussein Rohani ne diffusent pas non plus de vidéos de meetings pour ne pas lier ouvertement le candidat à des slogans hostiles au Guide suprême. Il faut se rendre sur des pages Facebook d'anonymes pour pouvoir en visionner.
 
Chants révolutionnaires dénonçant la "dictature iranienne" publiés sur la page Facebook Bahman.
 
Pour nos Observateurs iraniens, à la veille de l'élection, la couverture médiatique des candidats se résume en une phrase : "Il y a ceux qui ont les médias, et ceux qui sont les médias".
 
"Pas de Jalili, pas de Catherine Ashton [qui a négocié avec Jalili sur la question du nucléaire iranien, NDLR], nous voulons le dialogue des civilisations !" scandent des manifestants.
 
Article initialement publié sur le site des Observateurs en persan pour l'élection présidentielle en Iran.
 
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