Ramper dans un espace public : le management à la chinoise

 
Obliger ses employés à marcher à quatre pattes autour d’un monument public, voilà la méthode qu’une entreprise de cosmétiques installée à Chongqing (centre de la Chine) a trouvé pour leur apprendre à gérer leur stress.
 
Jeudi 2 mai, à l’heure du déjeuner, les passants ont pu observer, effarés, une quinzaine de personnes - majoritairement des femmes - en tenue de travail tourner à quatre pattes en file indienne autour du monument de la Libération, situé en plein cœur d’un quartier d’affaires de Chongqing. Des images de la scène ont été immédiatement diffusées sur les réseaux sociaux, Weibo en tête, provoquant l’indignation générale.
 
Photo prise près du monument de la Libération à Chongqing par un internaute.
 
L’ "exercice" a tourné court lorsque la police a obligé les employés à quitter les lieux, non sans sermonner les organisateurs. Après une rapide enquête, elle a rapporté sur un site de microblogging que le but de l’entraînement était d’habituer ces salariés à travailler en état de stress.
 
Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise chinoise se distingue pour ses techniques de management controversées. En janvier dernier déjà, une compagnie hôtelière du nord-est du pays avait provoqué la polémique en faisant participer ses employés à une séance de "coaching" quasi-militaire.
Contributeurs

"Les internautes ont accusé l’entreprise de réduire ses employés à l’état d’esclaves, de leur faire perdre leur dignité humaine"

 
Lu Haitao habite à Shanghaï. 
 
La vidéo a provoqué une énorme polémique sur les réseaux sociaux. Elle a généré beaucoup de commentaires négatifs. Sur Weibo, elle est même devenue l’un des sujets les plus populaires. Les internautes ont accusé l’entreprise de réduire ses employés à l’état d’esclaves, de leur faire perdre leur dignité humaine.
 
Après l’incident, des journalistes se sont rendus dans l’entreprise de cosmétiques en question, Mirda Cosmetics Co., Ltd, toute proche [sur le site internet de l’entreprise, dont le siège social est basé à Hong Kong, des photos montrent comment l’accent est mis sur le travail en équipe]. Dans le reportage, un salarié explique qu’ils s’étaient fixé un objectif qu’ils n’avaient pas rempli et qu’ils devaient donc trouver un moyen de 's’encourager'. Il affirme qu’il ne s’agit pas simplement d'une punition. Un autre rapporte que beaucoup de gens ne comprennent pas ce genre de comportement. Il raconte qu’il avait déjà été obligé de lire un livre à haute voix dans la rue et que la plupart des passants le regardaient comme s’il était fou.
 
"J’ai déjà été insulté et je l’ai accepté"
 
Il existe beaucoup de cas similaires. Certains employeurs obligent leurs salariés à aboyer comme des chiens ou à courir presque nus en public. Le code du travail n’est pas vraiment respecté en Chine et des patrons peu scrupuleux croient que leurs employés doivent obéir à tout en échange du salaire qu’ils perçoivent. Ils considèrent aussi que ce type d’entraînement permet d’améliorer le travail en équipe et encourage à travailler mieux. Comme il n’est pas facile de trouver du travail aujourd’hui, les salariés doivent se plier aux ordres de leurs supérieurs, même si c’est pour perdre leur dignité. Moi-même, j’ai déjà été insulté et je l’ai accepté.
 
 
 

Commentaires

CHINE : Ramper en public...

... la honte doit retomber sur ces patrons "voyous" qui se croient tout permis...
La honte sur les Autoritès qui laissent faire ce genre d'atteinte à la dignité de la femme et de l'homme...
INDIGNITE... INDIGNITE... INDIGNITE...
Je suis très révolté,choqué et indigné....



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