Plus de 220 km dans le désert, un participant raconte son "Marathon des sables"

Entre Jebel El-Otfal et Jebel Mouchanne (38 km) lors de la troisième étape, mardi. Photo postée sur la page Facebook du Marathon des sables.
 
Depuis le 5 avril et jusqu’au 15, plus de 1 000 concurrents avalent les 223,6 kilomètres de la 28e édition du Marathon des sables, une course à pied par étapes qui se dispute dans le Sud marocain, en plein cœur du Sahara. Six jours d’épreuves durant lesquels amateurs et professionnels sont en autosuffisance alimentaire. L’un des participants nous dévoile les coulisses de cette aventure hors du commun.
 
Organisateurs, observateurs, participants… Tous s’accordent à le dire, le Marathon des sables est l'une des courses à pied par étapes les plus dures au monde. En plein désert et sous un soleil de plomb – la température peut avoisiner les 50°C, les coureurs doivent, six jours durant, traverser toutes sortes de terrains (dunes, plateaux caillouteux, oueds asséchés…) sur des distances quotidiennes allant de 20 à 80 kilomètres. Cette année encore, le parcours est truffé de difficultés comme la traversée des djebels (petites montagnes) avec des pentes allant jusqu’à 25%.
 
L’esprit solidaire n’est pas en reste puisque bon nombre de coureurs disputent ce marathon sous la bannière d’associations caritatives pour qui ils espèrent récolter des fonds.
 
Entre Jebel El-Mraïer et Merdani (42,2 km) lors de la cinquième étape, jeudi. Photo postée sur la page Facebook du Marathon des sables.
 
Entre Oued Tijekht et Jebel El-Otfal (30,7 km) lors de la deuxième étape, lundi. Photo postée sur la page Facebook du Marathon des sables.
 
 
Contributeurs

"Cette course, de par ses difficultés et sa longueur, ne ressemble à aucune autre"

 
Willy Berthomé est éducateur sportif à La Rochelle, en Charente-Maritime (ouest de la France). Il participe pour la deuxième fois au Marathon des sables.
 
Ma première participation au Marathon des sables remonte à 2010. À l’époque, c’était un vrai défi pour moi, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Et je n’ai vraiment pas été déçu. Cette course, de par ses difficultés et sa longueur, ne ressemble à aucune autre. L’objectif pour moi est de franchir la ligne d’arrivée à chaque étape, ce qui en soi représente une vraie victoire. Je ne me soucie absolument pas du classement.
 
Ce qui me plaît dans cette épreuve c’est bien sûr son caractère extrême mais surtout sa dimension humaine. Pendant près d’une semaine, les participants courent ensemble, mangent ensemble et dorment ensemble. Forcément, on crée des liens. On vit dans une bulle au milieu d’un décor époustouflant, avouez qu’il y a pire !
 
"Dès qu’on a récupéré, on monte le bivouac en plein désert et on se restaure"
 
On court entre 5 et 12 heures par jour. Le nombre de kilomètres et le niveau de difficulté varient à chaque étape. C’est une course tactique car il faut gérer son effort, son alimentation et ses besoins hydriques. Le soir, on n’a pas le temps de musarder. Dès qu’on a récupéré, et cela peut prendre du temps, on monte le bivouac en plein désert et on se restaure. Nos repas sont très simples. Si pendant la course on se nourrit de barres céréalières, nos dîners se composent de plats lyophilisés et déshydratés. On mange tous la même chose, des sucres lents essentiellement. Tout festin est évidemment proscrit. Le soir, c’est le moment des rencontres. On se raconte nos petits bobos, nos tracas… On en ressort soudé. Ensuite, généralement, on ne fait pas de vieux os. Chacun gagne sa tente et prie pour que l’aventure continue le plus longtemps possible [à l'heure où ces lignes sont écrites, on dénombre 49 abandons sur 1027 coureurs inscrits au départ].
 
L’épreuve touche à sa fin et j’ai des ampoules plein les pieds, l’ennemi numéro un du coureur. Ça fait très mal mais j’arrive à relativiser car je me dis que j’ai vraiment beaucoup de chance d’être là.
 
Cette année, je représente une association qui lutte contre la maladie de Charcot [maladie qui affecte le système nerveux et qui touche 6 000 personnes en France], les Papillons de Charcot. J’entends pouvoir profiter de la médiatisation de ce marathon pour sensibiliser les gens à cette cause. C’est une maladie rare dont on parle malheureusement très peu.
 
Entre Taourirt Mouchanne et Jebel El-Mraïer (75,7 km), mercredi. Photo postée sur la page Facebook du Marathon des sables.
 
Entre Taourirt Mouchanne et Jebel El-Mraïer (75,7 km), mercredi. Photo postée sur la page Facebook du Marathon des sables.
 
Billet rédigé avec la collaboration de Grégoire Remund @gregoireremund, journaliste à France 24.

Commentaires

Appréciation

C'est bon comme initiative

je ne lis plus ces enfantillages(voir la suite)

aprés 50années "sports" on devient une m....non je voulais dire "comme tous les malheureux",tout est usé,et vous voyez autour de vous disparaitre les meilleurs qui vous ont formés.A la primaire on nous apprenait"un pauvre laboureur,tout couvert de ramées,sentant sa fin prochaine,fit venir ses enfants,et leur dit,ce champs etc...)un trésor est caché dedans.Maintenant j'ai deux images qui me poursuivent(comme mes identiques)en sortant de l'avion ,notre pilote qui attendait en souriant de fermer sa porte afin de piquer vers une fournée suivante, et la seconde image,mon PATRON,qui m'aimait et me confiait un autre largage(S:t'as pas encore plié?)et combien de mes fréres oiseaux sont là sur cette pauvre terre?ALORS CHERS FRance24,vous suivez qui?



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