À Tripoli, recherche architecte pour mausolée détruit par des "salafistes"

Photo du mausolée de Sidi Al-Andaloussi après l'explosion.
 
À coups d’explosifs, des inconnus ont détruit, jeudi dernier, le mausolée de Sidi Al-Andaloussi, un lieu saint du soufisme vieux de cinq siècles situé dans la ville de Tajoura (banlieue de Tripoli). Refusant d’abdiquer devant l’intégrisme religieux, les riverains ont aussitôt lancé une campagne de dons pour reconstruire le site.
 
Le mausolée de Sidi Mohamed Al-Andaloussi - un théologien soufi du XVe siècle - est situé dans la banlieue est de  Tajoura. Sa destruction survient quelques mois après une vague d’attaques menées par des islamistes intégristes contre plusieurs mausolées libyens. Le 28 août dernier, des islamistes radicaux avaient ainsi démoli une partie du mausolée d'Al-Chaab Al-Dahmani, près du centre de la capitale libyenne, et profané son tombeau. Le même jour, le mausolée du cheikh Ahmed al-Zarrouk à Misrata (200 km à l'est de Tripoli) avait lui aussi été détruit. Tandis que la vieille des dizaines d'intégristes avaient fait exploser le mausolée du cheikh Abdessalem Al-Asmar, un théologien soufi du XVIe siècle, à Zliten (160 km à l'est de Tripoli).
 
Après l'explosion, les habitants de Tajoura se sont rendus sur les lieux pour constater les dégâts. 
 
Si l’attaque n’a pas été revendiquée, les habitants y voient la main de musulmans radicaux. Nombre d’intégristes s'opposent en effet à ce que des lieux de culte soient érigés à la mémoire de saints car ils considèrent que cette vénération contrevient au précepte de l'unicité de Dieu.
 
Une boîte de collecte de dons pour la reconstruction du mausolée.
Contributeurs

"Le défi, c’est de reconstruire le mausolée le plus vite possible"

Nader El Gadi est photographe et habite à Tajoura. Il s’est déplacé jeudi dernier au mausolée de Sidi Al-Andaloussi pour prendre des photos.
  
Dès les premières heures qui ont suivi la destruction du mausolée, nous avons constitué un comité pour collecter des dons afin de le reconstruire. Pour ce faire, une boîte a été mise à disposition des riverains et les prospections ont déjà commencé pour embaucher un architecte qui doit dessiner le plan du nouveau bâtiment.
 
  
Il y a quelques mois, des groupes salafistes avait menacé de le détruire, c’était comme un défi lancé aux habitants.  Depuis, ces derniers s’étaient organisés pour surveiller le bâtiment afin qu’il ne finisse pas comme les mausolées détruits en plein jour à coup de pelleteuse au mois d’août. Mais les assaillant les ont trompé en se glissant dans le bâtiment très tôt le matin et ils ont posé des explosifs qu’ils ont actionnés à distance. Maintenant, notre nouveau défi est de reconstruire ce lieu le plus vite possible.
   
"Par miracle, le tombeau a été épargné"
  
Les assaillants semblent avoir bien planifié leur attaque car ils ont posé 5 explosifs aux extrémités et à l’intérieur du bâtiment afin de s’assurer qu’il soit totalement détruit. Le côté nord et le toit sont partis en fumée mais par miracle le tombeau a été épargné.
  
Le Congrès général national n’a ni réagi ni dénoncé publiquement cet acte: il s’occupait de l’affaire du viol de deux humanitaires étrangères survenu au même moment à Benghazi. Néanmoins, les habitants de Tajoura ont été agréablement surpris par la réaction du Grand Mufti de Libye, le cheikh Sadeq al-Qariani, qui a publiquement condamné cette attaque malgré sa proximité avec la mouvance salafiste et son désaccord avec le principe même de ces mausolées. Il a notamment indiqué dans un communiqué que cet acte risquait de semer la " fitna "(la discorde) entre les musulmans.
 
Selon notre Observateur, de nombreux livres ont été détruits.
 
Les adeptes du soufisme et les gens qui fréquentent ce lieu sont évidemment indignés par cette attaque mais pas seulement. Tous les habitants de Tajoura considèrent ce site comme faisant partie de du patrimoine social et culturel du pays. Le mausolée a 500 ans. Il a été fondé par des habitants de cette ville après la mort de Sidi al-Andaloussi. Il a été restauré dans les années 1970 et inscrit au patrimoine archéologique national. Cet endroit représente un pan de l’histoire du soufisme. Après l’explosion, nous y avons trouvé de nombreux livres endommagés. C’est triste.
    
Toutes les photos ont été prises par notre Observateur Nader El Gadi et postées sur sa page Facebook.
 

Commentaires

j'ai laissé tomber mon cabinet d'architecture des vivants

car mettre des robinets en plaqué or dans une baraque ,quand d'autres crévent de faim,c'est comme construire des mosquées pour des crevés alors qu'il devient impossible aux islamistes d'aimer leur prochain "vivants",sans kalachnikof.



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