Heurts à Tripoli au Liban : "L’armée doit demander l’autorisation des deux camps pour intervenir !"

Photo de Tripoli postée vendredi matin par Khaled Ismail.
 
Des heurts entre groupes armés sunnites et alaouites ont fait cinq morts, dont un soldat, dans la nuit de jeudi à vendredi. La grande ville du nord du Liban subit encore une fois les contrecoups de la crise syrienne.  Vingt-six personnes ont été blessées, dont six soldats, lors des accrochages entre habitants du quartier sunnite de Bab el-Tebbaneh, acquis à l’opposition armée en Syrie, et celui alaouite de Jabal Mohsen, favorable au pouvoir syrien.
 
L'armée s'est déployée dans la ville après qu’un soldat ait été tué par un sniper à Bab el-Tebbaneh. Elle a effectué des raids et confisqué des armes.
 
Tripoli connaît des affrontements récurrents entre groupes armés des deux communautés depuis le début de la crise syrienne. Des tensions qui font craindre une contagion au Liban de la guerre civile syrienne.
  
L’armée libanaise était déployée vendredi matin place Abdul Hamid Karim à Tripoli. Photo postée par jeanassy.
  
Colonne de blindés de l’armée libanaise dans l’une des artères principale de Tripoli. Photo prise par Racha93halabi.
 
 
 
Les combattants sunnites et alaouites se sont affrontés à coups de mortiers. Photo postée sur Twitter par 
Baker.  
Contributeurs

"Les Tripolitains sont pris en otage par les violences confessionnelles"

Omar Akram Khodor vit à Abou Ali, un quartier proche de la ligne de démarcation entre le quartier sunnite de Bab el-Tebbaneh et celui alaouite de Jabal Mohsen.
  
Quatre dignitaires religieux sunnites ont été agressés par des jeunes le 18 mars dans des quartiers à majorité chiite de Beyrouth [la télévision libanaise a diffusé des images montrant les religieux à l’hôpital, NDLR] . C’est ce qui a provoqué la colère des groupes armés sunnites de Bab el-Tebbaneh qui s’en sont pris au quartier alaouite de Jabal Mohsen.
 
Au début, c’était de simples escarmouches, des coups de feu sporadiques. Mais jeudi soir, les accrochages se sont intensifiés. Les explosions d’obus et les tirs d’armes automatiques ont retenti toute la nuit. L’armée s’est massivement déployée dans la ville pour tenter de ramener l’ordre.
 
Les blindés de l’armée se sont déployés à plusieurs endroits sur la ligne de démarcation entre les deux camps où beaucoup de snipers sont embusqués, notamment au niveau des quartiers Kobba, al-Mamloula et Abou Ali, l’entrée ouest du quartier el-Tebbaneh où j’habite, ainsi que la rue de Syrie. Elle a également fermé la route menant de Tripoli vers le district de Akkar à la circulation pour empêcher que les automobilistes soient pris pour cibles par les tireurs.
 
Malheureusement, les militaires ne peuvent pas en faire davantage. Ils ont répliqué à l’arme légère, mais n’ont pas osé pénétrer dans el-Tebbaneh et Jabal Mohsen. Pour ce faire, ils doivent solliciter l’autorisation des chefs des deux camps car ils ne peuvent pas prendre le risque que la situation dégénère.
 
"La situation économique de la ville se dégrade"
 
Un calme relatif règne depuis vendredi matin sur la ville, à part quelques tirs sporadiques. Des dignitaires religieux sunnites d'el-Tebbaneh ont tenu une réunion avec les chefs combattants de leur communauté après la prière du vendredi et annoncé un cessez-le-feu unilatéral. J’espère toutefois que cette mesure sera respectée par les deux camps car les habitants de Tripoli n’en peuvent plus des affrontements à répétition entre les communautés.
 
Une ambulance touchée par des coups de feu dans le quartier d'el-Tebbaneh. Photo prise par Omar Akram Khodor.
  
Certes, dans d’autres endroits de Tripoli, la situation semble presque normale et les magasins sont ouverts mais la situation économique de la ville est en train de se dégrader à cause de ces accrochages. A cause des tensions entre communautés, beaucoup de commerçants ont fermé boutique pour s’installer ailleurs tandis que cela fait belle lurette que les investisseurs ont déserté la ville. Malheureusement, beaucoup ont aujourd’hui l’image d’une ville violente où prospère le terrorisme. Les Tripolitains sont des gens comme les autres, ils aiment la vie mais ils sont pris en otages par les violences confessionnelles.
 
 
  

Commentaires

soyez rassurés mes chers blessés,

monsieur Poutine a demandé à monsieur Chnykov(son voisin de palier)de livrer des cales pour protéger les ambulances.Cela s'appellera la cale à Chnykov.Du coup,les armes changent de nom"par exemple"le mirage F1B devient Miss cauchemar,le boeing747 devient boing boing 007,sept korski devient septiéme car ça porte bonheur.Et ce jour des rameaux, se pratique avec des rameaux de palmiers nains,écologie aussi avec pour la France le bouquet ,de la réussite "afin de décharger le président de la république " de la responsabilité des armées,il déléguera à son prédécesseur,la qualité es qualification,de plus haut fonctionnaire sans peur et sans reproche attribué à ce jour à (heu machin truc sans peur et pas sans reproche)chevalier.BON.



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