En images : tour du monde des déchets qui polluent la vie de nos Observateurs

Cotonou, Benin.
 
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FRANCE 24 a la chance d’avoir des milliers d’Observateurs dans le monde. Chaque jour, nous travaillons avec eux pour dénoncer les problèmes auxquels ils sont confrontés au quotidien. Certains sont spécifiques, d’autres beaucoup plus universels comme la gestion des déchets : quand nous avons demandé à nos Observateurs aux quatre coins du monde si, là où ils habitaient, les ordures posaient problème, la réponse a été unanime.
 
Des photos et des vidéos nous ont été envoyées de tous les continents. Elles illustrent une réalité : la pollution s'est immiscée dans le quotidien de la grande majorité des habitants de la planète. Et ces amas de déchets qui jonchent leurs rues ou flottent dans leurs rivières sont bien souvent le résultat de la mauvaise gestion des pouvoirs publics, parfois par manque de moyens, parfois par manque de volonté.
 
La constante augmentation de la masse de déchets n'est évidemment pas étrangère à ce phénomène : selon une étude récente de la Banque mondiale, les 2,9 milliards de citadins que comptait la planète il y a dix ans produisaient 0,6 kilos de déchets par jour. Ils sont aujourd'hui 3 milliards et produisent quotidiennement le double d'ordures. Une tendance à la hausse qui n'est pas prête de s'inverser, selon les experts. 
 
Une grande partie des photos que nous avons reçues proviennent de nos Observateurs d’Afrique francophone, mais nous avons également reçu des photos prises dans d'autres pays d'Afrique, en Europe, en Asie ainsi qu'au Moyen-Orient.
  
Ouagadougou, BURKINA FASO
 
 
J’ai choisi de vous montrer un important canal situé au centre de Ouagadougou. Je suis souvent inquiété par l’état d'insalubrité des canaux, et de celui-ci en particulier. Notre ville, bien qu’elle ait connu des actions révolutionnaires dans le domaine de l’assainissement, souffre encore aujourd’hui de problèmes environnementaux. Or, toutes les initiatives qui permettront un meilleur assainissement des canaux seront aussi une source de création d’emplois dans un pays où beaucoup de jeunes sont au chômage.
 
-Isodore Yameogo
 
 
Bergerac, FRANCE
 
 
Je vous envoie des photos d’une petite promenade dominicale en forêt de Dordogne, non loin de Bergerac (sud-ouest du pays), à l'abri des regards, proche d'une route de campagne. Promenade bucolique s'il en est.
 
Il me semble que ce dépôt sauvage n'est pas récent. En tout cas, il est dans une zone de chasse gardée, donc je suppose que de nombreux chasseurs doivent le connaître.
 
 
-Dominique Martin
 
 
Libreville, GABON
 
 
J’ai pris cette photo à Libreville lors des dernières pluies qui se sont abattues sur la capitale. Les déchets des poubelles débordantes ont été répandus partout par l’eau.
 
-Abdel Nasser Komabanin
 
 
Chennai, INDE
 
 
Les rivières de Chennai [État du Tamil Nadu au sud-est du pays] sont polluées car le traitement de l’eau est inexistant et les déchetteries sont installées sur les bords des rivières qui elles-mêmes se jettent dans la mer.
 
 
-Florence
 
 
Abidjan, CÔTE D'IVOIRE
 
 
Cette photo a été prise dans le quartier huppé de Riviera Golf. Ce bâtiment a été criblé de balles lors de la crise post-électorale de 2011. Il est également bordé d’un dépôt d’ordures sauvage, ce qui n’est pas chose rare à Abidjan.

-Jean (not his real name)
 
 
Karachi, PAKISTAN
 
 
Karachi, ville portuaire, est le poumon économique du Pakistan. Toutes ses rivières, ainsi que son bord de mer, sont extrêmement pollués, notamment à cause de la très forte densité de population. Le cours d’eau que j’ai pris en photo sépare une zone industrielle de la zone principalement résidentielle de Nazim.
 
-Syed Aslam
 

Marrakech, MAROC
 
 
J’ai créé une page Facebook nommé ‘Save Marrakech’ pour que les gens puissent partager des photos de l’insalubrité qui y règne. Depuis deux ans, les rues du centre-ville sont devenues extrêmement sales. Les bennes à ordures éventrées jonchent les rues. La mairie est entièrement responsable de cette situation, le ramassage des déchets relève de sa compétence. Mais elle préfère faire l’autruche.

-Zineb Laraqui
 
 
Lomé, TOGO
 
 
Cette image parle d’elle-même.
 
-Adoss Togbe
 

Yaoundé, CAMEROUN
 
 
Les éboueurs font de leur mieux, mais malheureusement, la plupart des habitants de Yaoundé considèrent les rues et les rivières, telles que celle-ci, comme leurs poubelles, voire leurs toilettes publiques. Quand j’essaye de leur expliquer, ils me disent souvent que s’ils ne polluaient pas les rues, les éboueurs n’auraient plus de travail, et que cela serait bien embêtant vu que le taux de chômage est déjà très élevé au Cameroun.
 
-Tchoh Bennett Kuwan


Idjevan, ARMÉNIE
 
 
Voici une jolie petite rivière de montagne dans ma ville d'Idjevan.

-Philippe Thibaud
 
 
Bamako, MALI
 
 
J’ai photographié un gros dépôt d’ordures à Bamako. Ce qui est à déplorer, c’est qu’il est positionné juste à côté de deux cités de logements dans le quartier de Samé. Et comme vous pouvez l’imaginer, il cause beaucoup de désagréments aux habitants.
 
-Abdoul Aziz Toure
 
 
Ile de la Réunion, FRANCE
 
 
L’île croule sous les déchets. Aucune commune n’échappe au manque de civisme ambiant. Le problème, c’est qu’il n’y a aucune verbalisation. Un ami et moi avons créé un site pour recenser les dépôts d’ordures sauvages, mais nous devons rester anonymes, car les pressions contre ce genre d’activité sont fortes.

-Princesse Fraise (pseudonyme)
 
 
Antananarivo, MADAGASCAR
 
 
Madagascar, et notamment Antananarivo [la capitale] où je vis, est davantage connu pour ses déchets que pour les sites touristiques et autres attractions qui faisaient avant le bonheur des touristes. En plus de cela, il y a l'insécurité. Il ne fait plus bon vivre dans cette ville.
 
-Mamy Andriamasinoro


Nairobi, KENYA
 
 
Cette photo montre un dépôt d’ordures situé en plein milieu d’un bidonville à Nairobi, la capitale. Toute cette zone sent très mauvais, et il y a souvent beaucoup de fumée, car il faut régulièrement brûler les ordures. Les autorités de la ville devraient vraiment faire quelque chose pour que cela cesse, pour le bien-être des personnes qui vivent alentours.

-Zacharia Chiliswa
 
 
Béjaia, ALGÉRIE
 
 
Sur cette photo, vous pouvez apercevoir une décharge municipale située non loin de la ville de Béjaïa. Tous les déchets confondus y sont déversés puis brûlés à ciel ouvert. Le problème, c’est qu’elle est située dans le Parc National de Gouraya [classé réserve de biosphère par l’Unesco]. Pas vraiment l’endroit idéal !
 
-Braham Afrite
 
 
Villepinte, FRANCE
 
 
Cette bretelle d'autoroute est située à Villepinte, non loin de Paris. On y trouve des gravats, des objets encombrants, etc... déposés par des individus qui ont la flemme de se rendre dans une vraie déchetterie.

-Gérard Thomas
 
 
Nouakchott, MAURITANIE
 
 
Ces photos ont été prises au cœur de la capitale, dans le quartier Socogim PS. Depuis maintenant deux ans, ce quartier est envahi par des eaux souterraines qui ressurgissent de partout. Certains habitants ont même dû quitter leur maison. D’autres sont obligés de rester là. Le plus grave, c’est que des enfants se baignent dans ces eaux polluées et infestées de moustiques. Les habitants sont allés manifester plusieurs fois devant la Présidence de la république pour demander qu'on les sorte de cette situation, mais rien n'a été fait jusqu'à présent.
 
-Khally Diallo
 
 
Beyrouth, LIBAN
 
 
Ce fleuve est très pollué car, tout au long de son passage dans la ville, les eaux des égouts de la ville de Beyrouth se jettent dedans.
 
-Bassam Geha
 
 
Abidjan, CÔTE D'IVOIRE
 
 
Des milliers de personnes vivent près de la mer dans ces quartiers de la commune de Port-Bouët à Abidjan. En août 2011, un raz-de-marée a frappé le littoral détruisant de nombreuses habitations situées dans cette zone. Les vagues ont emporté de nombreux biens appartenant aux riverains (matelas, appareils électro ménagers, etc) et des détritus, polluant la mer. À ce premier phénomène s’ajoutent les déchets solides déversés sur le bord de mer par les habitants e les eaux des latrines déversées directement dans l'eau.

-Coulibaly Zoumana
 
 
Casablanca, MAROC
 
 
À Casablanca, comme vous pouvez le voir sur cette photo, il y a trop de voitures et pas assez de poubelles. On voit des détritus à tous les coins de rue.
 
-Alexandra Girard
 
 
 
Cotonou, BÉNIN
 
 
Ce lac traverse la ville de Cotonou à côté du grand marché internationnal de Dantokpa. C'est devenu un vrai dépotoir.
 
 
Sebha, LIBYE
 
 
J’ai pris cette photo à Sebha, dans le sud de la Libye. S'il y a autant de déchets dans les rues, c'est d'une part à cause du comportement de beaucoup de citoyens mais aussi à cause du manque de service public. Dans beaucoup de rues, il n’y a aucune poubelle.
 
-Khaled Wahli
 
 
Brazzaville, CONGO
 
 
Au cœur de Brazzaville, juste à côté des immeubles résidentiels et de la célèbre avenue de la Paix , on peut croiser ce genre de dépotoirs.
 
-Bakary Diagouraga
 
 
 
Kinshasa, RD Congo
 
 
À Kinshasa, le nombre de sachets d’emballage ou de bouteilles en plastique jetés dans la rues est très élevé. L'insalubrité contribue à augmenter les risques de malaria. La population est consciente que c’est un problème majeur et tente de s’organiser pour trouver une solution. Mais souvent, les habitants doivent se contenter de déplacer les ordures d'un lieu à un autre car il n’y a pas d'endroit pour les recycler. Je pense que les entreprises qui produisent ces déchets devraient participer à l’effort et financer le recyclage.
 
-Justin Makangara
 
 
Merci à tous nos Observateurs qui nous ont répondu et transmis leurs histoires !
 
Contributeurs

Commentaires

Ce n'est pas aux entreprises

Ce n'est pas aux entreprises de payer pour ça, les gens doivent moins consommer et garder des sous pour payer le recyclage, bien sûr c'est plus facile à dire qu'à faire et ça reviendra à prendre de l'argent aux entreprises in fine, mais il faut que les gens soient conscients et responsables. Marseille aurait fait de bonnes photos également. C'est quand même incroyable, les gens qui vivaient de rien en campagne avaient un cadre de vie bien plus respectés que ça, comment en est-on arrivé à s'entasser à ce point là? A ne pas nous gérer à ce point là?

C'est aux entreprises ...

Il faut s'attaquer à la source du problème et la population n'est pas la source, c'est donc aux entreprises de prendre en compte l'aspect sanitaire et environnemental des conséquences engendrées par leurs activités et penser un peu plus à leur avenir l'avenir de leurs enfants puisque le sort de la planète leur est égal, au lieu de ne se soucier que du profit matériel éphémère généré, biensur, la société de consommation à sa part de responsabilité dans cette catastrophe sanitaire et écologique mais que faire face à une population mal informée et mal instruite.

Le pire est à Gaza

Les plages de sable fin à Gaza disparaissent une à une sous des montagnes d'ordures qui commencent à s'accumuler sur le bord de la plage mais finissent jusque les pieds dans la Méditerranée pour atteindre plusieurs dizaines de mètres de hauteur...

Résultat du blocus par Israel, de la surpopulation de Gaza, et de la destruction par Israel ou par les islamistes des installations industrielles de traitement ou recyclage, et de la faillite totale des systèmes publics de collecte (il ne reste plus que des nuées de camions ou véhicules privés qui viennent verser sur ces montagnes leurs déchets pour dégager les derniers lieux urbains encore un peu vivables.

Même les dernières rares zones de culture palestiniennes commencent aussi à succomber : du fait de l'extrême pollution des eaux, les cultures sont devenues impropres à la consommation, Gaza doit tout importer et accumule les emballages jamais recyclés. Les derniers champs qui restent sont convoités pour l'habitation et sinon servent de dépôts d'ordure.

Les seuls solutions jusqu'ici ont été de nettoyer certaines zones uniquement en déménageant les ordures vers les anciens dépôts sauvages, devenus condamnés à servir de gigantesques montagnes d'ordure. Aucun site non constructible n'est plus épargné. La pénurie de terrains est telle qu'on commence à recouvrir certaines montagnes d'ordures pour reconstruire par dessus (et évidemment sans aucun assainissement).

Cela finit aussi par polluer les dernières ressources d'eau potable, résultat toute l'eau potable consommée est importée en bouteilles plastique qui gonflent encore la production de déchets (pourquoi Gaza n'a pas un système de distribution d'eau par bombonnes réutilisables plutôt que les bouteilles plastiques qui devraient y être totalement interdites puisque non recyclables dans le pays ?). Pourquoi n'y fait-on pas interdire les sacs plastique contre des sacs en tissu, sachets papier pour les fruits et légumes, cagettes en bois ? Que font les industres alimentaires pour des emballages biodégradables par exemple en amidon ?

Israel doit se sentir responable car après tout il subit aussi la dérive des déchets palestiniens vers ses plages, et la contamination des sols et nappes partagées.

ordure

C'est toujours la faute des autres !
On croit rêver quand on lit ça !
G de B

Le non traitement des déchets à Katmandou/Népal

Merci pour ce que vous faites. Suis journaliste, actuellement basé à Katmandou/Népal jusqu'au 5 avril. J'ai fais un court web reportage sur le non traitement des déchets au Népal. voici le lien:

http://www.youtube.com/watch?v=ugvvNu1SbBY

Par ailleurs voici des liens vers mon blog qui traite de ces sujets-là:

http://stanislaswanggenh.wordpress.com/2013/02/11/la-loi-ecocide-un-antidote-au-massacre-environnemental-2/

ou encore un web docu sur la loi écocide:

http://stanislaswanggenh.wordpress.com/2013/02/13/webdocu-ecocide/

N'hésitez pas à revenir vers moi pour toute demande.

Stanislas Wang-genh
stanislaswanggenh.wordpress.com
wstanislas@yahoo.fr



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