Pourquoi la Guinée s’embrase ? Les explications de nos Observateurs

Photo prise le 27 février à Conakry par notre Observateur lors des manifestations de l'opposition guinéenne.
 
Depuis une semaine, la Guinée est secouée par de violents affrontements. Nos Observateurs sur le terrain, qui appartiennent aux différentes communautés du pays, racontent les heurts dont ils ont été témoins et expliquent que des tensions ethniques sont attisées par les hommes politiques, aussi bien au pouvoir que dans l’opposition.
 
La fin de semaine dernière a été sanglante à Conakry : neuf morts et plus de 200 blessés dans des violences qui ont touché la banlieue de la capitale guinéenne, principalement dans les quartiers considérés comme des fiefs de l’opposition.
 
Malgré les appels au calme du président Alpha Condé et de la communauté internationale, de nouveaux affrontements ont à nouveau eu lieu, les lundi 4 et mardi 5 mars, entre les forces de l’ordre et les partisans de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), proches de Cellou Dalein Diallo, candidat battu lors de la présidentielle en 2010.
 
Des boutiques du marché Madina à Conakry ont été incendiés par des manifestants. Photo publiée sur Facebook par Ahmed Tidiane Barry.
 
À l’origine de la crise, l’opacité entourant l’organisation des élections législatives, qui auraient dû avoir lieu en 2011. Reporté plusieurs fois, le vote devrait enfin se tenir le 12 mai 2013. Mais les partisans de l’UFDG pointent du doigt l’opérateur technique sud-africain Waymark, chargé d’organiser le scrutin, qu’ils suspectent de modifier le nombre d’inscrits sur les listes électorales en faveur du parti présidentiel, le Rassemblement du peuple guinéen (RPG). Les dernières élections législatives remontent à juin 2002.
 
Mais ce sont aussi les tensions ethniques, souvent mises en avant lors des derniers scrutins, qui refont surface. Elles opposent principalement les Peuls de Conakry (40 % de la population, majoritairement musulmans et souvent favorables au parti de Cellou Dalein Diallo, lui-même peul), et les Malinkés (ethnie d’Afrique de l’Ouest, dont le président Alpha Condé fait partie). Les autres principales ethnies du pays (les Forestiers et les Soussous) ne prennent pas parti, mais s’inquiètent de ce regain de tensions.
 
La police récupère les objets calcinés par les manifestants au marché de Madina. Photo prise par notre Observateur le 4 mars.
 

"Certains pensent savoir, en vous dévisageant ou à votre nom, à quelle ethnie vous appartenez"

Alpha Tamboura (pseudonyme) travaille dans la communication et appartient à l’ethnie peul. Il était dans le quartier Cosa le 4 mars lorsque des affrontements ont éclaté.
  
 
La première marche pacifique à l’initiative des partis d’opposition, le 27 février, a tout déclenché. Lorsque les manifestants sont arrivés près du siège du parti RPG, à Hamdallaye, ils ont été caillassés. Ils ont tenté de répliquer en jetant eux aussi des pierres, puis ont été chargés par les forces de l’ordre. Il y a eu beaucoup de blessés, et de nombreuses photos des personnes à l'hôpital, ou décédées, montrant la violence de ces attaques circulent sur les réseaux sociaux.
 
De nombreuses photos des blessés circulent sur les réseaux sociaux publiées par des partisans de l'opposition. Photo publiée sur Facebook.
 
La manifestation de l’opposition dépassait les clivages ethniques. Des leaders de toutes les communautés avaient appelé à sortir dans la rue. Mais depuis 2010, le parti majoritaire fait tout pour exacerber les tensions ethniques. Il a procédé à des expropriations de commerçants peuls et a exclu des postes ministériels de nombreux hommes politiques peuls.
 

"Les Peuls n'ont jamais été au pouvoir et ils sont prêts à tout pour y parvenir"

 Mamadi Konaté (pseudonyme) est ingénieur. Il appartient à l’ethnie malinké.
 
 
Les manifestants ont bloqué des routes et cassé des voitures avant que l’armée ne charge. Certains Malinkés se sont sentis offensés par l’attaque du siège du RPG. Ils ont donc répliqué en brûlant dès le lendemain des boutiques dans le plus grand marché de Conakry. Ce n’était pas une bonne façon de réagir et le président Alpha Condé a condamné ces actes et a reçu l’opposition en urgence.
 
La politique ne devrait pas être basée sur le critère ethnique. Mais pour moi l’opposition tente de créer de l’instabilité et n’a aucune intention de participer au jeu démocratique. Les Peuls n’ont jamais été au pouvoir, et ils veulent coûte que coûte y parvenir, même si cela doit passer par la violence.
 

"Les hommes politiques de la majorité appellent ces banlieues 'l’Axe du mal'"

Ibrahima Doumbouya (pseudonyme) habite à Touyah, dans un quartier proche du lieu des affrontements. Il est soussou, une ethnie originaire de la région Mandé en Afrique de l’Ouest.
 
 
Les Peuls tiennent la plupart des boutiques de Madina, le plus grand marché de Conakry. Les leaders de la majorité disent qu’il ne serait par raisonnable de laisser le pouvoir politique à ceux qui ont déjà le pouvoir économique. Ils appellent ces banlieues du nord 'l’Axe du mal’.
 
Les Soussous subissent aussi ce conflit entre Malinkés et Peuls. Lors des dernières élections, Alpha Condé avait affirmé que les Soussous avaient majoritairement voté pour lui et c’est resté dans la tête de certains Peuls. On se sent menacés car on a peur des amalgames.

"Tirer sur la corde ethnique est le moyen le plus facile de s’attirer le vote des personnes qui sont le moins éduquées"

Djibril Touré (pseudonyme) vient de Guinée forestière et habite dans le quartier Cosa.
 
 
Lorsque vous circulez en voiture, vous vous faites arrêter par des jeunes à des barrages qui, en regardant votre nom sur votre passeport, ou simplement en vous dévisageant, pensent savoir à quelle ethnie vous appartenez ! Et si vous ne faites pas partie de leur ethnie, gare à vos affaires personnelles !
 
Les leaders de deux camps attisent les tensions car ils n’ont pas les compétences nécessaires pour gérer la situation. Tirer sur la corde ethnique est le moyen le plus facile de s’attirer le vote des personnes qui sont les moins éduquées [62% des Guinéens sont analphabètes]. Les gens disent, pour justifier leurs actes, 'on a tiré sur ma communauté !' Il y en a assez de ces tensions communautaires, quand est-ce que le sang va finir de couler [la Ligue des droits de l’Homme de Guinée et la FIDH ont dénoncé la situation actuelle et appelé au calme] ?
  
Notre Observatrice Fatma (pseudonyme) nous a fait parvenir des photos de son reportage dans le quartier de Koloma où des affrontements ont eu lieu dans la nuit du 1er au 2 mars.
 
Reportage Photo quartier Koloma
Reportage Photo quartier KolomaFatma, Observatrice France 24
Les murs du quartier présentent encore les marques des flammes
Reportage Photo quartier Koloma
Reportage Photo quartier KolomaFatma, Observatrice France 24
Un concessionnaire du quartier a été pris a parti et les voitures calcinées
Reportage Photo quartier Koloma
Reportage Photo quartier KolomaFatma, Observatrice France 24
Les vitres de voitures ont également été cassées
Reportage Photo quartier Koloma
Reportage Photo quartier KolomaFatma, Observatrice France 24
Les maisons des habitants du quartier, majoritairement des Peuls, ont été saccagées
Reportage Photo quartier Koloma
Reportage Photo quartier KolomaFatma, Observatrice France 24
Reportage Photo quartier Koloma
Reportage Photo quartier KolomaFatma, Observatrice France 24
Reportage Photo quartier Koloma
Reportage Photo quartier KolomaFatma, Observatrice France 24
Reportage Photo quartier Koloma
Reportage Photo quartier KolomaFatma, Observatrice France 24
Des gouttes de sang sont encore visibles sur les murs

    Commentaires

    ben ce qui se passe en guinée

    ben ce qui se passe en guinée c'est vraiment dommage
    si les guinéens veulent aller de l'avant c'est le bon moment
    de se serrer les coudes et viser le meme objectif.
    c'est le seul moyen de mettre fin à ces accrochages.
    oublier le problème d'ethnies, car comme l'a dit Cessaire "aucun peuple et aucune ethnie n'a le monopole de l'intelligence et de la beauté"
    donc comprenons que seule ensemble nous pouvons evoluer

    ben ce qui se passe en guinée

    ben ce qui se passe en guinée c'est vraiment dommage
    si les guinéens veulent aller de l'avant c'est le bon moment
    de se serrer les coudes et viser le meme objectif.
    c'est le seul moyen de mettre fin à ces accrochages.
    oublier le problème d'ethnies, car comme l'a dit Cessaire "aucun peuple et aucune ethnie n'a le monopole de l'intelligence et de la beauté"
    donc comprenons que seule ensemble nous pouvons evoluer

    Dommage pour la Guinée, un

    Dommage pour la Guinée, un pays riche et une mentalité pauvre.

    la sutiation an guinee

    alpha conde ne peux pas gere la guine,il et devenu president avec 18% avec la benediction de sekouba konate,et de jan marie dore.il et contre les peuhls.il a divise la guinee,avec sons gouvernemant compose des 80% malinke.

    La situation en Guinee

    Continuer de bruler votre pays avec des propos ethniques.Au lieu de chercher a comprendre qui tire les ficelles vous vous acharnez les un contre les autres.Quand est ce que vous allez tirer les lecons des pays voisins?Ah! je regrette Sekou Toure,cet grand visionaire qui a su preserver les ressources guineennes pour lesquelles les occidentaux opposent les guineens les uns aux autres pour mieux les exploiter.Pendant que vous vous tuez,ils sont au travail dans les zones diamantiferes,petroliferes et autres zones.

    calme

    les politiciens doivent montrer à leur peuple qu'ils sont là pour le peuple et non pour l'ethnie, tout bon guinéen connais comment le guinéen réagit en cas d'incident, à chaque fois il ya des morts, c'est pas bon pour la guinée, évitons d'envoyer la jeunesse guinéenne vers la mort (opposition) et tiré sur la jeunesse (pouvoir). si les politiciens continuent ainsi, vous allez finir par divisé la guinée et vous n'aurez aucun pays à gouverner, dans un pays de guerre, il ya toujours la paix après plusieurs tueries et conséquences. il est tant mais pas tard, faites vites avant que les guinéens musulmans majoritaire s'entre tue entre eux à cause de la salle politique. je m'adresse à tous les guinéens et particulièrement les politiciens de toute la guinée.

    quand sa va finir

    Il faut que alpha condé arrete de diviser les guinéens. il ne sont jamais aussi diviser que comme sa dans le passé. Il n'a qu'a comprendre que les plus grand crinminels du monde finirons toujours par tomber les pposant 'ont jamais exiger l'impossible ils ont juste demander la transparence dans les prochains elections. il ne veut pas qu'il yait de manifestation sans tuerie et coller la responsabilité des mort à l'opposition, la marche du 27 février passer n'a pas connu de mouvement puisque les loubart malinké et les faut militaires ne ce sont pas meler au groupe des manifestants. alfa condé fait que créer de tension entre les ethnies pour voler les elction comme il l'a fait en 2010 mais sa ne se faira plus jamais. Les peulhs n'ont jamais provoquer quelqu'un il ne peuvent pas le faire c'est la façon dont ils sont éduquer.



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