Les internautes birmans dénoncent les chauffards sur Facebook

 
 
Le nombre de voitures dans les rues de Rangoon a explosé ces dernières années. Résultats, des embouteillages gigantesques se forment chaque jour dans la ville, et des automobilistes roulent sans respecter le moins du monde les règles de circulation. Pour rappeler leurs concitoyens à la raison, un groupe de Birmans a créé un groupe sur Facebook où ils postent les clichés des pires infractions routières.
 
Le groupe "Law Breakers on the Road” ("Ceux qui enfreignent la loi sur la route") a été créé début février. 319 membres y ont déjà posté des photos : des voitures roulant dans le mauvais sens, des bus circulant au milieu de la route, des camions surchargés, des taxis bloquant la circulation… et évidemment des accidents en tout genre.
 
Un accident aux heures de pointe. Photo postée sur "Law Breakers on the Road".
 
 
Ce groupe, fermé aux non membres, est composé principalement de jeunes passionnés d’informatique qui souhaitent en finir avec les mauvaises habitudes au volant. Leur frustration transparaît dans les commentaires des photos postées.
 
"Ce n’est pas l’heure de l’école, et pourtant les bus comme celui-ci traversent les pointillés et roulent imprudemment du côté gauche de la route près de BEHS1 dans le quartier de Dagon."
 
En Inde, une initiative similaire avait été lancée en 2010 sur Facebook par la police de Delhi. Les internautes birmans ont également créé des forums de discussions pour imaginer des solutions aux embouteillages. Et ils s’attaquent même à la corruption des agents de la circulation. En septembre, un journaliste citoyen anonyme avait publié une vidéo de policiers qui demandaient des pots-de-vin à des chauffeurs de bus.
 
Contributeurs

"Les embouteillages sont de plus en plus importants parce que le gouvernement autorise les gens à acheter des voitures étrangères"

Htoo Tay Zar vit à Rangoon. Il est membre de la page Facebook "Law Breakers on the road".
 
Les embouteillages sont de plus en plus importants depuis quelques années parce que le gouvernement a changé sa politique en matière d’importation de voitures [une réforme de 2012 permet aux citoyens birmans d’acheter des voitures d’occasion importées principalement du Japon]. Beaucoup de gens ont changé leurs vieux tacots ou leurs motos pour une nouvelle voiture. Résultat : les routes sont bondées.
 
Il n’y a pas assez de place de parking disponibles car ça n’a jamais été une préoccupation des autorités par le passé. Aujourd’hui, les voitures se garent en double file le long des rues, surtout dans le centre-ville. Pour ne rien arranger, cela fait un an que trois ponts sont en construction sur trois axes principaux de Rangoon, ce qui ralentit considérablement le trafic.
 
"Les bus et les taxis sont ceux qui commettent les pires d’infractions"
 
Les gens essaient de s’adapter aux embouteillages qui deviennent vraiment importants. Il y a beaucoup de conducteurs frustrés qui, pour contourner les bouchons, roulent du mauvais côté de la route. Les bus et les taxis sont ceux qui commettent les pires infractions. Pour ma part, je préfère prendre d’autres chemins et perdre du temps plutôt que de me retrouver au milieu d’embouteillages.
 
Je ne pense pas que ce groupe Facebook aide les policiers à identifier les incivilités au volant, mais j’espère que ça va permettre une prise de conscience du problème. Et surtout que les Birmans se soumettront au code de la route pour éviter de rendre les routes encore plus insupportables qu’elles ne le sont déjà. 
 
 
Un véhicule surchargé qui roule à contresens. Photo publiée sur la page Facebook de “Law Breakers on the Road”.


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