Les travaux devaient concerner trois parties de la ville : le centre-ville, la partie ouest et la route qui mène vers l’aéroport. La partie ouest était même prioritaire car c’est là que se concentre la majeure partie de l’activité commerçante et des services publics de la ville. Or, même le peu de route qui a été reconstruit se trouve au centre-ville [l’entreprise de construction précise qu’elle n’a fait que suivre les indications du gouvernement de la province].
En deux ans, même les quelques kilomètres de route goudronnée que nous avions ont été abîmés. Du coup, Goma plonge dans la poussière. Dans l’ouest de la ville, plusieurs boutiques ont fermé car cette poussière détériore les marchandises et fait fuir les clients.
De nombreux médecins m’ont averti des conséquences de cette poussière sur la santé des riverains. Elle provoque l'irritation des yeux et des maladies respiratoires.
Les accidents se sont également multipliés car les déviations aménagées par l’entreprise en période de travaux ne portent pas de signalisation et sont si étroites que les piétons ont du mal à se frayer un chemin au milieu des voitures. Un étudiant a d’ailleurs été tué vendredi matin, percuté par un véhicule. L’accident a provoqué la colère de ses camarades qui ont bloqué la route pendant quelques heures.
Plusieurs manifestations ont eu lieu à Goma pour
dénoncer cette situation : des étudiants, des motards, des commerçants et des membres de la société civile sont sortis protester contre les conditions de vie insupportables dans la ville. Les propriétaires des stations-service, qu’on appelle ici les 'pétroliers', ont même menacé de fermer leurs stations et de
ne plus payer les taxes routières si les travaux n’avançaient pas [les 'pétroliers' payent des taxes au fonds d’entretien routier lors du transport du pétrole de l’Ouganda vers le Congo par voie routière].
La semaine dernière, un sit-in a été organisé devant le siège de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu. Les manifestants ont demandé la tenue d’une réunion extraordinaire de l’Assemblée nationale pour discuter de l’avancement des travaux dans la ville. Les Gomatraciens trouvent que leurs représentants ne font rien pour porter leur voix auprès du gouvernement central [contacté par FRANCE 24, le président de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu, Jules Haikizimwami, a déclaré que la province du Nord-Kivu n’avait aucun moyen de faire pression sur l’entreprise pour demander l’accélération des travaux car celle-ci a été mandatée par le pouvoir central. Pour sa part, le ministre de l’Aménagement des territoires, interrogé sur la question a
assuré devant le Parlement que "toutes les batteries étaient déjà en marche pour l’exécution des travaux"].
Commentaires
République démocratique du Congo Goma ne veut plus vivre dans la
Submitted by bopemed@yahoo.fr (non vérifié) on ven, 01/03/2013 - 09:23.Manque de leadership responsable en RDC