La première fois que j'ai entendu parler de l'existence de ce sport en Libye, c'était il y a quatre ans. Le cousin d'un ami jouait dans un club et il m’a amené avec lui. Au début j'étais juste curieux, mais j’y ai pris goût.
J'aime l'esprit de fraternité qui règne, non seulement entre les co-équipiers mais même entre les joueurs des différentes équipes. Il arrive souvent, par exemple, que nous nous entraînions ensemble. C'est un esprit que je ne retrouve pas dans le foot, mais c’est peut-être simplement parce que notre sport est moins populaire et qu'il y a par conséquent moins de pression sur les joueurs.
Ce qui est aussi particulier dans le rugby, c'est qu'il n'y a pas réellement d'action individuelle comme au foot. On ne peut rien faire tout seul et chaque but est réellement le fruit de l'effort de toute l'équipe. C'est également un sport très physique, où il ne faut pas avoir peur d'entrer dans un corps-à-corps avec l'adversaire.
"Il faudrait expliquer les règles aux Libyens"
Je m'entraîne trois fois par semaine avec mon équipe. Nous n'avons pas de terrain de rugby. Avec des poteaux, nous jouons sur des terrains de foot. Quant à nos tenues, nous devons les emprunter au Comité de rugby de Tripoli. D'autres clubs, comme celui des Chabab de Tripoli, utilisent les tenues des footballeurs. Pour les ballons, ce sont soit des dons du Comité, soit grâce à des amis qui nous les amènent de l’étranger. Quant au financement, nous avons parfois un peu d’'argent du ministère des Sports, mais c’est irrégulier. Le reste du temps, le club vit des dons des joueurs.
Il faudrait aujourd'hui faire parler de ce sport et notamment en expliquer les règles, car même les spectateurs qui assistent aux matchs n'y comprennent pas grand-chose. Certains le confondent avec le football américain.