L'image symbolique des violences qui secouent le Bahreïn

Capture d'écran de la vidéo montrant un manifestant révolté en train de crier face à la police. 
 
Au Bahreïn, le deuxième anniversaire du soulèvement populaire a été marqué par un nouvel épisode de violence qui a coûté la vie à un jeune de 16 ans. Sur cette vidéo, filmée juste après la mort de l’adolescent, un manifestant désespéré défie la police au péril de sa vie.
 
La victime s’appelait Hussein al-Jaziri. Selon les sites de l’opposition, l’adolescent a été tué par des balles à fragmentation. Bouleversé par la scène à laquelle il venait visiblement d’assister, un manifestant s’avance en hurlant vers les policiers. Ces derniers tentent de l’intimider mais, déstabilisés par son geste, n’osent pas le frapper.
 
"Bande de criminels ! Espèce d’assassins ! Vous espérez échapper à la colère de Dieu ? Dieu nous vengera de vous ! Allez-y, tirez sur moi ! Tirez si vous l’osez, je ne bougerai pas d’ici !"
 
Ces images semblent illustrer l'impasse dans laquelle se trouve aujourd'hui la contestation bahreïnie, notamment en raison de la répression implacable dont elle est victime. Le dernier bilan fait état de 82 morts parmi les manifestants, dont neuf enfants, depuis le début de la révolte.
 
Pays à majorité chiite (environ 75 % de la population), le Bahreïn est dirigé par une monarchie et un gouvernement exclusivement sunnite. Depuis le mois de février 2011, des membres de la communauté chiite qui s’estiment victimes de discriminations descendent donc régulièrement dans la rue.
 
 
Contributeurs

"Qui peut croire à une véritable volonté de dialogue alors qu’aucun prisonnier n’a été libéré ?"

Said Yousif est blogueur et membre du Centre bahreïni des droits de l’Homme.
 
Le 14 février 2011, le premier mort de la révolution tombait à Daih. Deux ans après jour pour jour, ce triste anniversaire est marqué par un nouveau décès.
 
L’opposition est sortie manifester aujourd’hui dans tout le pays. À Daih, nous avons essayé de nous rendre Place de la Perle, au centre de la capitale Manama, qui est le symbole de la contestation. Malheureusement, le dispositif sécuritaire était si important qu’il était impossible d’y arriver.
 
Il y a eu des dizaines de manifestations à travers tout le pays. Elles ont été violemment réprimées. La police ne fait même pas de tirs de sommation. En plus, elle utilise des armes interdites par les conventions internationales, comme des tirs de chevrotine utilisés à faible distance contre les manifestants.
 
En plus des manifestations, l’appel à la grève lancé par la coalition du 14-Février [groupe d’opposition] a été très suivi. Non seulement les commerces ont fermé mais nous avons aussi boycotté les administrations. Des activistes ont aussi essayé de bloquer les routes en brûlant des pneus.
 
"En grève", photo publiée sur la page Facebook consacré à Daih.
 
Qui peut croire à une véritable volonté de dialogue alors qu’aucun prisonnier n’a été libéré ? Que des médecins sont toujours arrêtés pour avoir soigné des manifestants et que les morts continuent ? Même les députés de l’opposition ont démissionné du Parlement [11 députés sur 18 ont démissionné en avril 2011]. Le gouvernement continue à faire la sourde oreille. Il ne connaît que le langage de la violence [la ministre bahreïni de la Communication, Samira Rajeb, a affirmé aujourd’hui sur FRANCE 24 avoir engagé un dialogue avec l’opposition et expliqué que la répression policière n’était qu’une réponse à la violence des manifestants].
 
Affrontements entre police et manifestants à Daih.
 

Commentaires

Faut y aller!

Vraisemblablement, comme en Libye et en Syrie, au Bahrein la population est opprimée par un régime moyenâgeux qui n'hésite pas à tuer des manifestants, mais qu'attend l'otan et les justiciers des temps modernes pour intervenir au Bahrein?



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