Cette vidéo est très choquante. En dehors de la cruauté et du sadisme des agresseurs, j’ai été aussi frappée par l’attitude de la femme présente dans la pièce qui fait comme si de rien n’était [elle apparaît à la toute fin de la vidéo, lorsque les deux femmes sont attachées au poteau, ndlr].
Malheureusement, ces actes de violence sont monnaie courante dans ce pays parce qu'il existe un manque de respect évident envers les femmes. Beaucoup de crimes similaires demeurent impunis. Si la vidéo de ces deux femmes martyrisées a naïvement été publiée par ses auteurs sur You Tube, c’est parce qu’ils se sentent intouchables. Et ceux qui n’échappent pas à la justice écopent généralement de peines si légères, qu’elles engendrent souvent la récidive.
Le changement de mentalité est un processus qui doit impliquer toute la société
Cette justice à deux vitesses se répercute également dans les affaires de crimes passionnels où la peine de prison est plus lourde quand la victime est un homme. L’affaire Nerika Loureiro est un exemple frappant. Cette jeune femme a été condamnée en 2011 à une peine exemplaire de dix-sept ans de prison pour avoir assassiné son mari, sans que les raisons exactes de ce meurtre n’aient pu être élucidées (était-elle violentée ?) Romana Belarmino a, quant à elle, été battue à mort par son époux sous les yeux de son fils de 5 ans il y a un an. L’homme n’a officiellement jamais été retrouvé et aucune information sur l’instruction de l’affaire n’a été rendue publique.
L'Assemblée nationale a approuvé le 14 juillet 2011 une loi sur la violence domestique, mais son manque de clarté n’est d’aucun secours pour les femmes victimes de violence. Si la loi dit qu’il faut éduquer sur les questions d'égalité entre les sexes, rien n'a été fait en ce sens jusqu’ici.
Le changement de mentalité est un processus qui doit impliquer toute la société, elle ne relève pas seulement de la responsabilité du gouvernement. Certaines femmes voient la violence comme une fatalité car il n’existe aucune structure capable de les écouter, les soutenir et les conseiller. Du coup, les enfants grandissent dans ce climat nauséabond, presque normal à leurs yeux, et reproduiront, pour certains d’entre eux, le même schéma.