Des graffitis pro-Al-Qaïda sur des murs au Bahreïn

À gauche, les deux graffitis, à droite le modèle du drapeau d'Al-Qaïda.
 
Ces photos nous ont été envoyées par une opposante à la monarchie sunnite bahreïnie. En haut, on peut lire "À bas le cheikh Isa Ahmed Qassim" , le leader religieux chiite du pays. En bas, est dessiné le même symbole que l’on trouve sur le drapeau du groupe terroriste d’obédience sunnite al-Qaïda.
 
D’après plusieurs sources sur place, ces photos auraient été prises lundi matin dans une mosquée de Buri, village à majorité chiite située dans le nord-ouest du pays.
 
Une de nos Observatrices à Manama affirme avoir vu d’autres messages de ce genre dans la capitale : "C’est une façon de nous faire peur avant l’anniversaire du soulèvement. Insulter notre cheikh Qassim, c’est pour nous heurter. Utiliser "Al-Qaïda", c’est pour nous envoyer le message suivant, si on se mobilise, on va se faire massacrer. [Les terroristes d’al-Qaïda ne considèrent pas les chiites comme des musulmans, ndlr.]"
 
Ces photos circulent beaucoup parmi les activistes d’opposition qui sont persuadés que ces messages ont été écrits par des militants pro-régime ou par les forces de l’ordre elles-mêmes. Il n’existe pourtant aucune preuve de l’implication directe des autorités bahreïnies dans les messages retrouvés à Buri. Il est par ailleurs possible que ce soit le fait d’individus ayant agi de façon isolée.
 
Pour Abdullah, un de nos Observateurs sunnite qui vit à Manama : "Les sunnites du Bahreïn n’ont rien à voir avec ceux d’Arabie saoudite [monarchie wahhabite, un courant rigoriste de l’islam dont se sont inspirés les fondateurs d’Al-Qaïda, ndlr.], nous sommes ouverts d’esprit et détestons les terroristes d’al-Qaïda, alors pourquoi des sunnites auraient faits référence à eux ?".
 
Le soulèvement bahreïni fêtera son deuxième anniversaire le 14 février. Pays à majorité chiite (environ 75 % de la population), le Bahreïn est dirigé par une monarchie sunnite avec à sa tête le roi Hamed ben Issa al-Khalifa soutenu, notamment, par l’Arabie saoudite Depuis le mois de février 2011, des membres de la communauté chiite qui s’estiment victimes de discriminations descendent régulièrement dans la rue. Lors de ces rassemblements, certains manifestants bloquent les rues, brûlent parfois des véhicules et n'hésitent pas à utiliser des cocktails Molotov contre la police qui répond systématiquement par une répression brutale.
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