Témoignages de Gao, ville frappée en plein cœur par les djihadistes

Forces françaises et nigériennes en patrouille dans les rues de Gao, le 4 février 2013. Images : Forces françaises.
 
Attaques kamikazes, combats au sol, Gao vit depuis vendredi au rythme des violences entre les djihadistes censés avoir été boutés hors de la ville, mais toujours actifs, et les forces armées qui peinent à sécuriser la zone. Deux Observateurs reviennent sur ce week-end au cours duquel l’horreur a repris le dessus.
 
Il y a un mois jour pour jour, les forces françaises menaient les premières frappes aériennes de l’opération Serval au centre du Mali. Depuis, les armées françaises et maliennes ont avancé sur les principales grandes villes du nord du pays dont Gao, reprise le 26 janvier dernier aux combattants djihadistes du Mujao. Des combattants dont une partie s’est dispersée à l’extérieur de la ville d’où ils organisent des attaques depuis maintenant trois jours
 
Deux attentats-suicide ont eu lieu vendredi dans la journée et samedi dans la nuit. Et dimanche, des djihadistes infiltrés dans la ville ont affronté des soldats maliens et français en plusieurs endroits, les principaux combats ayant eu lieu au niveau du commissariat, dans le centre. Le bâtiment a été bombardé dans la nuit par les forces aériennes françaises.
L’intervention a durement frappé les djihadistes, selon le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui a toutefois admis que la ville de Gao n'était "pas totalement sécurisée".
Contributeurs

"Il y aurait eu des défaillances au niveau d’un poste de contrôle à l’entrée de la ville"

Fode X est un journaliste habitant à Gao.
 
Comme beaucoup d’habitants, dès que la zone a été sécurisée ce matin par les forces armées [françaises et maliennes], nous sommes allés dans le quartier du commissariat voir ce qu’il s’était passé. Devant l’entrée du bâtiment, tout le monde scrutait des restes du corps d’un homme à la peau claire visiblement déchiqueté par une explosion. Par ailleurs, le commissariat d’où tiraient les djihadistes est totalement détruit. Un étage entier a disparu et il y a d’innombrables impacts de balles sur les murs.
 
J’étais hier matin dans ce même quartier au moment où les choses ont dégénéré. D’après les informations que j’ai pu recueillir, un enfant d’une douzaine d’années est entré dans le commissariat dans la matinée pour y prendre de l’eau. Il a vu un "arabe" à l’intérieur puis est ressorti et rapidement, des militaires maliens ont été mis au courant. Deux soldats ont tenté de pénétrer dans le commissariat en sautant par-dessus des palissades, ils ont été accueillis par des tirs et se sont enfuis chercher des renforts. J’ai assisté à la scène. Nous étions à la mi-journée. C’est à partir de là que des forces armées maliennes et françaises sont intervenues sur le commissariat après avoir demandé à la population de quitter la zone.
 
Le matin même, j’étais allé faire un tour au niveau du poste de contrôle de Bourem [ poste situé à l’entrée de la ville de Gao, sur la route de Bourem qui se situe à une centaine de kilomètres plus au nord] où avait eu lieu un attentat-suicide dans la nuit. Ce poste est très important car il y a beaucoup de djihadistes dans la zone entre Gao et Bourem. Il semblerait que juste après l’attaque, il y ait eu un moment pendant lequel le poste a été défaillant et c’est là que certains djihadistes auraient pu entrer à Gao. [Le correspondant du Figaro évoque lui aussi une tentative de diversion via les attentats afin d’infiltrer la ville.] On m’a aussi signalé des mouvements par pirogues à moteur.

"Les piroguiers ont désormais interdiction de faire des va-et-vient avec l’autre côté du fleuve"

Issouf Sanogo habite à Gao.
 
J’étais à la mosquée quand les combats d’hier ont commencé vers 12h. On a tous été pris de panique. Les tirs n’arrêtaient plus. Donc nous sommes restés là-bas, on n'osait plus sortir. On a attendu la dernière prière de la nuit, vers 18h30, et nous sommes tous rentrés chez nous. Moi, ça fait trois jours que je ne dors pas, depuis la première attaque. Et certains sont tellement paniqués qu’ils n’arrivent plus à manger. Avec des actions comme celles de ce week-end, on comprend que les islamistes ne sont pas loin du tout.  
 
J’ai entendu que des mesures ont été prises afin d’empêcher les infiltrations. Les piroguiers, notamment, ont désormais interdiction de faire des va-et-vient avec l’autre côté du fleuve. On sait ici depuis longtemps que dans le Gourma [rive droite du fleuve Niger, Gao se trouve sur la rive gauche], beaucoup de combattants se sont retranchés chez des locaux ayant adhéré à la cause du Mujao. Il suffit qu’il y ait des complicités du côté des piroguiers pour qu’ils entrent dans la ville.
 
Lors de son passage le 30 janvier, le gouverneur de Gao avait dit que la police allait vite revenir ici mais le commissariat est toujours à l’abandon. Je n’ai pas croisé un seul policier depuis la libération de la ville. Or on a besoin de toutes ces forces pour maintenir la paix."

Commentaires

à guerrilla,guerilla et demie.

Les bérets amarante,issus des commandos SAS de Juin 1944,et des commandos anti viet-congs,ont ratissé sans gilets pare balles,contre des adversaires fanatiques,et ont fait la gloire de la France.30mille morts en Algérie,et ils sont devenus des fréres.Alors,le combat fait partie de la gloire de France immortelle.



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