Visite guidée de Laas Geel, trésor rupestre du Somaliland

Animal peint sur les roches d'une des grottes de Laas Geel. Photo : Mohamed Amin Djibril.
 
C’est probablement l’unique attraction touristique de la région du Somaliland, mais elle n’est pas des moindres. Les peintures rupestres des grottes de Laas Geel ont été découvertes en 2002 et quelques centaines de touristes ont déjà pu les explorer. Mohamed Amin Jibril, un habitant de la région, nous fait découvrir ce joyau de la Corne de l’Afrique.
 
L’ensemble des grottes de Laas Geel, qui signifie ‘point d’eau des dromadaires’ est situé à 55 km au nord-est d’Hargeisa, capitale de la région autonome du Somaliland. Le site néolithique, un des mieux préservés de la région, a été découvert le 4 décembre 2002 par l’archéologue français Xavier Gutherz et son équipe.
 
Vidéo filmée lors de la visite de notre Observateur le 24 janvier.
 
Les peintures qui ornent les grottes, essentiellement des animaux, dont de nombreuses vaches, des chiens mais aussi des hommes, ont été datées de 5 000 ans. Les archéologues ont cependant très peu d’informations sur la civilisation qui en est à l’origine ainsi que sur les techniques de peinture utilisées.
 
Depuis leur découverte, les roches de Laas Geel sont un site protégé par les autorités du Somaliland et toute visite doit se faire avec un guide.
 
La République du Somaliland est un ensemble de régions administratives du nord-ouest de la Somalie dont les habitants ont proclamé l’indépendance en 1991, une décision qui n’a pour l’heure été reconnue par aucun État.
Contributeurs

"Le nombre de touristes a doublé en un an"

Mohamed Amin Jibril est journaliste, il vit dans la capitale du Somaliland, à Hargeisa. Il était à Laas Geel le 24 janvier.
 
Avant leur découverte par les archéologues français, les grottes de Laas Geel étaient considérées dans la région comme un lieu où vivaient des esprits. Dans les villages alentours, j’ai rencontré Moussa Abdi Jamac, un homme de 75 ans, qui vit sur place depuis 1969. Il m’a expliqué que le cheikh H. Jama Buh, un vieux chef religieux mettait en garde à l’époque les villageois : les esprits ne sachant pas que des humains vivaient dans la zone, il ne valait mieux pas traîner là-bas. Un autre habitant m’a raconté que les gens qui s’installaient dans les alentours des grottes sacrifiaient des chèvres pour calmer les esprits. Encore aujourd’hui certains locaux considèrent les grottes comme un lieu sacré.
 
Le massif où sont logés les grottes. Photo : Mohamed Amin Jibril.
 
En tout, il y a huit grottes. La première contient le plus grand nombre de peintures rupestres. Elle est considérée comme le centre artistique et créatif du site. La seconde est la plus grande, il semblerait qu’elle était utilisée comme salle de réunion. [Des spécialistes ont envisagé les hauts lieux de l'art rupestre du Somaliland comme de possibles sanctuaires placés aux points de rassemblement d'éleveurs]. Dans la troisième, il y a une immense pierre plate qui fait penser au trône d’un roi. Une autre encore est constituée d’un ensemble de petits espaces avec des ouvertures comme des fenêtres. On pense que c’est ici qu’étaient gardés les prisonniers. Les autres grottes semblent être des lieux de vie.

En entrant dans la première cave, on aperçoit une magnifique peinture de vache ornée de ce qui semblent être des tissus traditionnels. Elle est accompagnée d’hommes trapus. Les vaches ont une sorte de collier décoratif autour sur le poitrail. C’est très beau. Il y a aussi d’autres animaux mais ils sont plus rares. [Sur les dessins apparaissent des animaux sauvages comme des chacals, des singes, des éléphants et des girafes.]
 
Il y a quelques années, personne ne connaissait cet endroit, mais c’est devenu le principal attrait touristique du Somaliland. Le gardien m’a dit qu’au début il y avait 250 à 300 personnes par an mais maintenant il en compte 30 par semaine. Et d’après le ministère du Tourisme, plus de 1000 touristes sont venus visiter les caves en 2012, soit le double de l’année précédente.


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