À Bamako, regain de tensions entre "Bérets rouges" et "Bérets verts"

Manifestation des femmes des Bérets rouges, mercredi, devant le camp de Djicoroni, à Bamako.
 
Alors que tous les yeux sont rivés sur l’armée malienne qui intervient dans le nord du pays avec l’appui de la France, à Bamako, l’heure n’est pas à l’unité entre les corps armés. Dans la capitale, les "Bérets verts", les hommes du capitaine Sanogo, chef de l’ex-junte, sont accusés de vouloir dissoudre les "Bérets rouges", le corps d’élite fidèle à l’ancien président malien Amadou Toumani Touré. Mais les femmes de ces derniers ne sont pas prêtes à se laisser faire.
 
Mercredi, 26 Bérets rouges détenus sans jugement depuis neuf mois ont été libérés sur décision de justice. Ils étaient accusés d’avoir participé au contre coup d’État avorté du 30 avril qui visait à remettre au pouvoir Amadou Toumani Touré, renversé un mois plus tôt par les hommes du capitaine Sanogo. Les Bérets rouges sont une unité d’élite de l’armée malienne qui compte environ 1000 hommes. Cette libération, annoncée mi-janvier et rendue effective mercredi par le procureur en charge du dossier a été accueillie comme un soulagement par leurs familles, même si 19 personnes restent incarcérées.
 
La plupart des Bérets rouges s’étaient enfuis depuis le contre-coup d’État, d’autres s’étaient retranchés dans leur camp de Djicoroni, à Bamako. Ces derniers affirment être victimes d’intrusions régulières d’éléments des Bérets verts qu’ils accusent d’actes de torture et d’enlèvements.
 
À la suite du contre-coup d’Etat avorté, le capitaine Sanogo avait annoncé son intention de dissoudre le corps des Bérets rouges et de les disperser dans différents corps de l’armée répartis dans le pays. Cette dissolution n’a toujours pas eu lieu mais, mercredi, selon nos Observateurs, des personnes reconnues comme des Bérets verts auraient tenté de venir effacer à la peinture le panneau indiquant l’entrée du camp de Djicoroni, sur lequel est inscrit : "33e régiment des commandos parachutistes", le nom du régiment des Bérets rouges. Cette tentative a provoqué la colère de leurs femmes qui sont sorties du camp afin de les chasser.
 
 
Sur ces images filmées par notre Observateur, les femmes sont en train de chasser les Bérets verts de devant le camp. Selon notre Observateur, elles les ont insultés, faisant valoir que "leurs maris ont reçu de bonnes formations militaires" et que "les Bérets rouges ne seront pas dissous". 
 
Les Bérets verts sont des soldats de l’armée malienne qui soutiennent le capitaine Sanogo, lequel a mené le coup d’État du 22 mars dernier qui a destitué l’ancien président malien Amadou Amani Touré (dit ATT), par ailleurs ex-membre des Bérets rouges. Le capitaine Sanogo est tombé en disgrâce aux yeux de la communauté internationale pour avoir délogé ATT du pouvoir, en mars, et contraint à la démission le Premier ministre Cheikh Modibo Diarra en décembre.
Contributeurs

"Pour les Bérets rouges, ce n’est pas à un capitaine de décider du sort d’une unité d’élite"

Amadou (pseudonyme) est le petit frère d’un Béret rouge. Il souhaite préserver son anonymat et celui de son frère car il affirme que lui et sa famille sont victimes de menaces de Bérets verts. 
 
Les femmes sont sorties du camp car le fait d’effacer l’inscription à l’entrée, c’était un acte symboliquement très fort et provocateur qui est la preuve qu’il existe une volonté de dissoudre les Bérets rouges.
 
Il est clair que Sanogo voit les Bérets rouges comme une menace. Outre la dissolution, il a fait part de son intention de les muter dans différentes parties du pays pour limiter leur capacité d’action. Les femmes ont d’ailleurs commencé à manifester cet été contre ces mutations, scandant "Mutation zéro !", au cours de longues marches dans la capitale.
 
Pour les Bérets rouges, ce n’est pas du ressort d’un capitaine, qui n’est pas un très haut gradé, de décider du sort d’un bataillon d’élite.
 
Je ne pense pas que les Bérets rouges veuillent se regrouper pour affronter la junte de Sanogo. Ils veulent seulement préserver leur camp d’entraînement, d’autant plus qu’ils estiment que leur expertise serait utile dans le Nord [Les Bérets rouges libérés ont manifesté à Bamako ce matin pour affirmer qu’ils souhaitaient aller se battre dans le Nord, NDLR]. Vingt-neuf personnes ont été libérées, mais il reste une vingtaine d’autres détenus à la gendarmerie.
 
Mon frère a été libéré, c’est un soulagement mais pas forcément de la joie, car cela fait neuf mois qu’ils sont détenus, dans de mauvaises conditions. Et, en parallèle, les tensions qui secouent le pays sont loin de se calmer. C’est malheureux de voir que les Maliens ne sont pas capables de créer une unité nationale alors que d’autres personnes se donnent la main pour nous aider en ce moment.

"Ne pas dissoudre les Bérets rouges, c’est les encourager à tenter un nouveau coup d’Etat"

Aly Maïga, titulaire d’une maîtrise en gestion, vit à Bamako où il est la recherche d’un emploi. Plusieurs membres de sa famille font partie des Bérets verts. L'un d'eux y est commandant. Il a soutenu le coup d’État militaire de mars.
 
Je regrette beaucoup cette libération, la condamnation était méritée, ces hommes ont voulu faire un contre coup d’État et s’emparer du camp de Kati.
 
Ne pas dissoudre ce corps, c’est l'encourager à tenter un nouveau coup d’État, il ne faut pas se faire d’illusions. Les disperser dans différents corps de l’armée est une bonne solution, car cela en consolidera l’unité. Mélangés avec d’autres corps, déployés dans plusieurs régions du Mali, les Bérets rouges s’intègreront plus facilement que si on les laisse en groupe à Bamako.

Commentaires

Ce régiment qui soutient l'ex

Ce régiment qui soutient l'ex President déchu n'as rien a faire dans l'armée par ce que nous voulons un mali unis.
Tout vraie patriote était contre ce gouvernement déchu de Bamako ATT et sa troupe de comique, ces béret rouge qui sont dans la caserne ont été héberger et nourri habiller par nous maliens, eux et leur famille c'est nous qui a avons payer pour leur bien être dans la caserne, aujourd'hui s'il doivent aller combattre pour le mali il ce cachent dans la caserne et met leur femme et leurs enfants a leur garde ils irons combattre pour le mali ou il seront désarmé et les bouter hors de l'armée. Et nous remercions encore le capitaine SANOGO qui nous a ouvert les yeux et de nous emparer de ce troupe comique merci encore a ses bravent béret vert qui sont pour la patrie.

La France a mis a terre la bete intégriste

PITOYABLE ! ....La France a mis a terre la bete intégriste maintenant les fossoyeurs ( béret vert & rouge ) arrivent et se disputent la carcasse sans faire le moindre effort

Libération Berrets rouges...

Je suis désolé pour Aly Maiga ,pour qui veut le bonheur de ce pays(MALI) ,il faut encourager tout acte qui consolide l'entente surtout quand il s'agit des forces Armées. Il ne faut pas se laisser aveugler par un esprit partisant; tous les Maliens doivent se donner la main pour gererle problème du Nord et apès on se retrouvera entre Maliens pour faire la part des choses et situer les erreurs des uns et des autres. Vivement alors la concorde et la solidarité. Pas d'esprit revenchard!

Libération Berrets rouges...

Je suis désolé pour Aly Maiga ,pour qui veut le bonheur de ce pays(MALI) ,il faut encourager tout acte qui consolide l'entente surtout quand il s'agit des forces Armées. Il ne faut pas se laisser aveugler par un esprit partisant; tous les Maliens doivent se donner la main pour gererle problème du Nord et apès on se retrouvera entre Maliens pour faire la part des choses et situer les erreurs des uns et des autres. Vivement alors la concorde et la solidarité. Pas d'esprit revenchard!



Fermer