Violences contre des militants de la cause gay en Russie : "ils menacent de nous brûler vifs"

Manifestation de militants de la cause homosexuelle à Voronej, attaqués par des militants nationalistes et orthodoxes.

ACTUALISATION 28-01-2013 :  La loi punissant tout acte public constituant une "propagande de l'homosexualité auprès de mineurs" a été adoptée par la Douma à 388 voix pour, une contre et une abstention.
 
 
L’un de nos Observateurs en Russie nous transmet des vidéos de militants de la cause gay passés à tabac lors de manifestations ce week-end. Il témoigne du climat de peur et de haine contre les homosexuels dans son pays.
 
Il ne fait pas bon être homosexuel en Russie et la situation pourrait encore se dégrader. Le Parlement russe examine cette semaine une loi visant à interdire la "propagande homosexuelle envers les mineurs". Un projet qui a incité des militants LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi et Tran) à organiser des manifestations dans différentes villes russes, au cours desquelles ils ont été, parfois très violemment, pris à parti par des militants nationalistes et orthodoxes.
 
Le projet de loi débattu en première lecture cette semaine à la Douma, la chambre basse du Parlement russe, prévoit d’interdire les manifestations publiques et la dissémination d’informations sur la communauté LGBT auprès des mineurs. Un couple gay s’embrassant dans la rue pourrait ainsi écoper d’une amende de 12 000 euros. La ville de Saint-Pétersbourg s’est déjà dotée d’une législation similaire en mai 2012, contre laquelle la communauté gay proteste comme elle peut.
 
Pour les partisans du texte, pressés par la puissante Église orthodoxe de Russie, cette loi vise à promouvoir les valeurs traditionnelles russes et orthodoxes face aux valeurs occidentales que le Kremlin et le parti de Vladimir Poutine, Russie unie, estiment nocives pour la jeunesse. Le Kremlin cherche également à relancer la courbe de natalité, laquelle est en chute libre depuis la fin de l'URSS.
 
Le 22 janvier, une dizaine de militants pour les droits des homosexuels s’étaient donné rendez-vous pour un "Kisses day" (jour des baisers) devant la Douma à Moscou. Ils ont rapidement été insultés et frappés par une dizaine d’hommes, comme le montrent ces deux vidéos.
 
Vidéos de la manifestation devant la Douma de Moscou le 22 janvier.  Vidéo : Vassili Sonkine
 
 
À Voronej à 500 km au sud de Moscou, des militants homosexuels ont été encore plus violemment agressés, le 20 janvier, par des militants nationalistes et orthodoxes, ainsi que le raconte notre Observateur.
 
 
 
Vidéo de la manifestation de Voronej, dimanche 20 janvier. Vidéo : Автомир портал
 
L’homosexualité a été dépénalisée en Russie en 1993, mais l’homophobie reste très présente. Les marches des fiertés sont régulièrement annulées et les agressions envers des homosexuels sont fréquentes. 
Contributeurs

"Vous imaginez à quel point on peut être désespéré quand on se rend à une manifestation alors qu’on sait qu’on peut y être tué ?"

Andrei est un militant homosexuel et a participé à la manifestation de Voronej. Il tient également un blog (en russe uniquement).
 
 
J’ai participé à des actions des LGBT depuis 2010 à Saint-Pétersbourg ou Moscou, mais je ne m’étais jamais fait attaqué comme ça a été le cas à Voronej. Quand des centaines de personnes descendent dans les rues avec des slogans nationalistes et orthodoxes, dans la foule, elles se comportent comme des animaux.
 
Je me souviens pas des gens qui m’ont frappé. Je venais à peine d’arriver, je les avais vus se saluer avec des saluts nazis. J’ai sorti ma pancarte "Stop à la haine" et j’ai été immédiatement attaqué et mis à terre. Puis, quelqu’un a commencé à me donner des coups dans la tête et le cou, avant de s’enfuir. On m’a alors conduit dans une voiture de police qui m’a éloigné de la manifestation. Je n’ai vu les autres se faire tabasser que sur les vidéos. Personne n’a été gravement blessé, mais trois d’entre nous avaient des contusions et des plaies ouvertes.

"La police ne nous protègera jamais"
 
Après la manifestation, j’ai reçu des centaines de menaces via les réseaux sociaux : "Crève, sale pute. Si tu recommences, je te brûlerai vivant”, “tu ne trouveras pas de lieu sûr pour toi sur le sol russe”, “ tire-toi d’ici sale tapette, si je te vois je te casse les dents", et j’en passe. Ma photo et mon contact tournent abondamment sur Internet. Du coup, je ne sors plus de chez moi seul, j’appelle toujours un taxi. Je suis désespéré. Vous imaginez à quel point on peut être désespéré quand on se rend à une manifestation alors qu’on sait qu’on peut y être tué ?
 
La police ne nous protègera jamais, je ne me fais aucune illusion. Celle de Voronej a fait un rapport selon lequel il n’y a eu aucune violence durant la manifestation… Et elle a reçu des lettres de remerciement de nos agresseurs pour leur inaction pendant les violences !
 
Mais je continuerai mon combat. Avec l’aide d’activistes des droits de l’Homme, nous avons déposé une plainte auprès du ministère de l’Intérieur et de la ville de Voronej. J’ai par ailleurs été contacté par l’ONG Front Line Defenders, qui prépare des appels au gouvernement russe, au Conseil de l’Europe et à l’ONU.
 
 

Commentaires

Illégal

Il se trouve par ailleurs que vos propos sont absolument illégaux en France ! TANT MIEUX ! On ne peut plus haïr tranquille ! France 24 ne devrait pas permettre ce genre de propos contraires à la Loi

Pour en arriver à écrire un

Pour en arriver à écrire un commentaire aussi haineux vous n'avez surement jamais été ni compréhensif ni tolérant malgré ce que vous souhaiteriez faire croire. Malheureusement ceux qui prônent et justifient la violence vis à vis des homos n'existent pas qu'en Russie, il y en a aussi en France vous en êtes la preuve....

chez nous en belgique

tout va bien.; j'ai l'impression que la France est revenue au Moyen âge.. même pas capable d'évaluer exactement ce que signifie ce mariage civil et de voir que les adoptions ne se feront pas plus et pas moins chères et moins encadrées que pour un couple hétéro. Mais c'est surtout indispensable pour respecter les droits des enfants de l'un des deux.... couple de lesbiennes.; si l'une a un gosse (c'est pas difficile à comprendre pourtant) il est possible à l'autre membre du couple de l'adopter.. puisqu'elles l'élève ensemble. Pour les gays idem.; un homosexuel qui vient d'un passé hétéro peut élever ses enfants dans son couple homosexuel.. c'est POUR les droits de l'enfant héritage, en cas aussi de séparation.; celui ou celle qui a AUSSI élevé les gosses peut continuer à les voir! Mais vous êtes durs de la compréhension et bornés vous



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