Dans Konna libérée : "La ville se repeuple mais on manque de nourriture"

Capture d'écran d'une vidéo des forces françaises filmées entre le 21 et le 23 janvier dans la zone de Mopti et Sévaré. 
 
Depuis le 18 janvier, les forces maliennes et françaises contrôlent la ville de Konna, dans le centre du pays, prise une semaine plus tôt par des groupes islamistes armés. Malgré les difficultés de communication avec cette partie du pays, nous sommes parvenus à joindre un de nos Observateurs dans cette ville.
 
Depuis le 11 janvier, les forces maliennes, appuyées par les forces françaises, opèrent une contre-offensive dans le nord du Mali, zone contrôlée depuis le printemps 2011 par plusieurs groupes islamistes armés liés à Al-Qaida, dont le Mujao et les Touareg islamistes d’Ansar Dine. 
 
Konna est une commune regroupant 25 villages formant une agglomération d’un peu plus de 36 000 habitants. Elle est située à 56 kilomètres de Sévaré, dernier verrou sur la route vers Bamako.
 
Nos Observateurs dans les zones de Tombouctou, Gao et Kidal sont injoignables par téléphone depuis le début de la semaine.
 
Contributeurs

"L’armée craint que des éléments des groupes islamistes ne se fondent dans la population"

Issa Ahmadou vient de Douentza, une ville prise par les djihadistes en septembre, mais s’est réfugié à Konna depuis novembre. Douentza a, depuis, été reprise par les forces maliennes et françaises le 21 janvier.
 
Depuis les combats qui ont eu lieu à Konna, toutes les communications avaient été coupées car les islamistes avaient détruit les réseaux de communication lors de leur débâcle. Mais hier, nous avons réalisé que le réseau revenait peu à peu.
 
Après l’arrivée des bandits islamistes dans la ville, une grande partie de la population a fui dans la périphérie. Beaucoup s’étaient cachés dans les petits villages alentour. Mais, depuis la libération, la ville se repeuple petit à petit, il y a beaucoup plus de vie.
 
Nous manquons en revanche de nourriture car les échanges commerciaux avec les autres villes ont été bloqués par la guerre. La route vers Mopti vient de rouvrir, donc on peut aller y faire quelques courses. Mais seulement les motos ont le droit de circuler sur cet axe. Les militaires nous ont expliqué que c’était par mesure de sécurité. Ils ont peur que des éléments des groupes islamistes se cachent dans les transports en commun pour prendre la fuite. 
 
Nous avons entendu parler des exactions qui auraient eu lieu à Sévaré mais, pour l’heure, rien de tel n’a été signalé à Konna. Certes, les contrôles d’identité sont très fréquents mais tant que tu as tes papiers en règle, tu n’as pas de problèmes [les troupes maliennes sont accusées d'exactions dans le centre du pays à l'encontre des communautés arabe et touareg locales, majoritaires au sein des groupes islamistes armés, NDLR]. 
             
Aujourd’hui, nous attendons que des organisations viennent nous approvisionner en nourriture. Moi, j’ai encore quelques réserves chez moi, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
 


Fermer