Des manifestants en face de la résidence du Premier ministre à Katmandou jeudi.
Toujours mobilisés après le viol d’une étudiante en médecine, les Indiens ne sont pas les seuls à manifester : des centaines de Népalais ont eux aussi sorti les pancartes pour dénoncer le viol d’une femme de ménage par des représentants de l’Etat. Un cas parmi tant d’autres dans ce pays voisin de l’Inde.
Sita Rai – pseudonyme de la femme de ménage victime du viol – a expliqué avoir été dépossédée de son argent et violée par des membres du ministère de l’Immigration lorsqu’elle était sur le point de prendre l’avion vers l’Arabie saoudite à l’aéroport de Katmandou. Le gouvernement lui aurait alors donné 1 700 dollars en compensation, soit 700 dollars de moins que ce qu’on lui avait dérobé.
Lorsque l’information a filtré il y a une semaine, des citoyens en colère ont commencé à manifester devant la résidence du Premier ministre Baburam Bhattarai, dans la riche banlieue de Baluwatar à Katmandou. Le hashtag
#OccupyBaluwatar, créé pour l’occasion, a commencé à buzzer. Et la mobilisation continue, même si le gouvernement a depuis procédé à des arrestations.
Manifestation le 1er janvier, Reconstitution d’une scène de violence envers les victimes de viols. Vidéo de Chhokila Ukyab.
Plus de 15 % des femmes népalaises ont été victimes d’abus sexuels selon la
Commission nationale des femmes. Selon le dernier bilan des Nations unies en 2006, seulement 69 cas de viols ont été recensés au Népal cette année-là. Mais les activistes dénoncent un chiffre bien en-dessous de la réalité du fait des difficultés de témoigner et de porter plainte pour les victimes.