Je faisais un reportage dans la ville de Tombouctou et j’ai remarqué que des gens travaillaient toujours dans les jardins des maisons vides. C’est un quartier riche situé au sud de Tombouctou où sont implantées des banques et des ONG.
Les gardiens passent leurs journées à jardiner ou à cultiver des légumes. Certains d’entre eux n’ont rien du tout à faire. Ils restent là pour protéger les maisons des voleurs. Ils vivent comme si leurs patrons étaient là et vérifient que tout va bien.
"Si on exclut les fonctionnaires, 90 % de la population de Tombouctou est au chômage"
Parfois, les propriétaires les appellent pour s’assurer que tout va bien. Ceux que j’ai rencontré sont très en colère car leur employeurs ne leur envoient rien. Un gardien gagne normalement entre 30 000 et 40 000 francs CFA par mois (entre 45 et 60 euros). Là, ils n’ont aucun salaire et ils peuvent juste cultiver les légumes pour survivre.
Si on exclut les fonctionnaires et les soldats d’Ansar Dine, je dirais que 90 % de la population de Tombouctou est actuellement au chômage ou sans aucun revenu. J’ai voulu parler de ces gardiens car ils sont plusieurs dizaines dans cette situation. La vie pour eux est difficile et ils essaient de s’en sortir en trouvant des solutions. Je les trouve très courageux.