Dimanche, les habitants de Tombouctou ont une fois de plus assisté, impuissants, à la destruction de mausolées de la ville par les islamistes d’Ansar Dine et d’Aqmi. Il s’agirait des derniers. Sur place, c’est la résignation.
Vidéo du mausolée détruit envoyée par notre Observateur Ousmane Ag Med Ousmane.
Trois jours après le vote d’une résolution à l’ONU qui précise les termes d’une intervention militaire internationale dans le nord du pays, des membres du groupe islamiste Ansar Dine ont détruit, dimanche 23 décembre, les derniers mausolées de la ville des "333 saints".
Au mois de juillet, le même groupe d’obédience salafiste avait déjà réduit en miettes sept des seize mausolées de la ville et détruit la porte de la mosquée de Sidi Yahia. Deux mois plus tôt, c’était la tombe de l'érudit Sidi Mahmoud Ben Amar, l'un des saints soufis les plus vénérés par les Tombouctiens, qui était détruite et incendiée.
Ces mausolées abritent les dépouilles de saints et de marabouts. Selon l’islamologue Mathieu Guidère, c’est la
population elle-même qui élève, depuis des siècles, des "hommes pieux, pauvres (…) à la moralité irréprochable" au rang de "saint". Au Mali, la majorité de ces symboles de vertu étaient des musulmans soufis, un courant considéré comme hérétique par les défenseurs d’un islam radical.
Vendredi, à Alger, le mouvement Ansar Dine s’est engagé à négocier une solution politique avec les autorités de Bamako, mais a réaffirmé qu'il n'entendait pas renoncer à l'application de la charia dans les zones sous son contrôle.