Incidents à Kong : le "vivre ensemble" cher au président Ouattara n’est pas pour tout de suite

 
À Kong, dans le nord de la Côte d’Ivoire, les tensions se ravivent entre éleveurs peuls et agriculteurs malinké. Dans la nuit du 11 au 12 décembre, des échauffourées ont donné lieu à des tabassages et des incendies de cases, comme en témoignent les photos prises par notre Observateur sur place.
 
Peuls et Malinké cohabitent dans cette ville depuis des générations. Peuple allogène originaire du Burkina Faso voisin, les Peuls sont en général des éleveurs de bétail tandis que les Malinké sont surtout des agriculteurs. Leur différend prend ses racines dans des problèmes d’occupation de la terre.
 
Les restes d'une case calcinée. Photo prise par notre Observateur.
Contributeurs

"Ce genre d’incident est monnaie courante à Kong et sa région"

 
Sikolosbh est Ivoirien. Il vit à proximité de Kong, dans le nord du pays.
 
Le 11 décembre, des bœufs appartenant à des Peuls se sont introduits dans un champ appartenant à des Malinké et ont détruit toutes les cultures de maïs, de blé et d’igname.
 
En représailles, des agriculteurs malinké se sont rendus dans le quartier en périphérie de la ville où vivent les éleveurs peuls. Puis ils se sont mis à les battre à coups de bâton selon les gendarmes qui sont intervenus pour mettre fin à la bagarre. Heureusement, aucune victime n’a été à déplorer mais il y a quand même eu des blessés. D’après les informations que j’ai pu obtenir, deux assaillants ont été arrêtés.
 
Ces interpellations n’ont fait qu’attiser les tensions. Quelques heures plus tard, une bonne centaine d’agriculteurs malinké ont fait irruption dans la gendarmerie et ont commencé à jeter des pierres sur les gendarmes. Complètement pris de cours par l’attaque et étant en effectif très réduit - à peine une vingtaine, ces derniers ont été contraints de libérer les prisonniers. Lesquels sont retournés au quartier peul pour mettre le feu à leurs cases.
 
Photo prise par notre Observateur.
 
Les médias ivoiriens n’ont pas fait état de cet incendie
 
Ce genre d’incident est monnaie courante à Kong et dans la région. Les Peuls sont considérés par certains comme des citoyens de seconde zone à qui on peut infliger tous les sévices. Le problème est qu’ils ne sont souvent pas assez nombreux pour contrôler leur troupeau.
 
Depuis qu’il est au pouvoir, le président Ouattara prône la réconciliation entre les différentes ethnies mais sa politique du «vivre ensemble » fait chou blanc pour l’instant. Pour lui, le nord en général et Kong en particulier [la famille du chef d’Etat ivoirien est originaire de cette ville, ndlr] est un modèle de stabilité dont il ne faut jamais parler en mal. Les médias ivoiriens n’ont d’ailleurs pas fait état de cet incendie [des journalistes d’Abidjan nous ont confirmé que ce type d’incident est peu couvert, ndlr].
 
 

Commentaires

incendie d'un village entier a kong

Il ne s'agit pas d'une case mais d'un village entier

un sang"dit de cases"?

Le monde a plus d'une case de vide!hein?

incendie d'un village a kong

il s'agit d'un village et non d'une case

il ne s'agit pas dune case

il ne s'agit pas dune case mais d'un village



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