J'ai vraiment hésité avant d’accepter l’absence de khat à mon mariage. Mais je suis convaincu que le Yémen ne pourra pas se développer tant que cette plante sera cultivée. Mes parents, mes frères, mes sœurs et moi-même, nous ne la consommons jamais. En revanche, d’autres membres de ma famille ont l’habitude de la mastiquer. Elle constitue même la principale attraction lors des célébrations - en particulier les mariages. De nombreux invités ont menacé de boycotter mon mariage quand ils ont su qu’il n’y aurait pas de khat. Pour eux, cela signifiait que je ne souhaitais pas leur présence.
Les messages d’encouragement ont en revanche été très nombreux lorsque j’ai dévoilé mes intentions sur ma page Facebook. Ces réactions positives m’ont décidé à aller jusqu’au bout. Si quelques-uns de mes amis n’ont pas fait le déplacement, beaucoup de personnes que je ne connaissais pas sont venues soutenir mon initiative. Les invités étaient plus de 800 ce jour-là.
Le mariage de Baraa Shaiban. Photo prise par notre Observateur.
“Sans khat, la salle des mariages était belle et propre”
Sans khat, la salle des mariages était belle et propre. Les gens ont dansé et sont restés jusqu'à la fin. Des hommes d'affaires présents à mon mariage ont vraiment apprécié l’idée et annoncé qu'ils allaient couvrir à l’avenir les frais d’autres mariages sans khat – ce qui a littéralement emballé l’assistance.
Cette expérience m’a appris que, même si la majorité des jeunes, aujourd'hui encore, mâchent du khat, une tendance contre cette pratique se développe. Le moment est donc venu de faire pression sur le gouvernement pour éradiquer sa production. Le printemps arabe au Yémen a enseigné à la population à être active. En clair, à ne pas rester assise et attendre que les choses changent.
Baraa Shaiban (au centre) à sa cérémonie de mariage.
Commentaires
l'esprit sain oeuvre en silence
Submitted by le saint du sain (non vérifié) on jeu, 20/12/2012 - 20:30.merci à l'humanité.