Les gens ont commencé à fuir dès lundi car, selon des rumeurs l’armée régulière allait entrer dans le camp et nous chasser. J’ai moi-même quitté le camp mardi matin avec mes parents et mes cinq frères et sœurs. Nous avions essayé de partir la veille, mais c’était trop dangereux à cause des combats [entre l’ASL et la milice du FPLP – CG]. Même si l’ASL est censée contrôler le camp, la situation est loin d’être stable. Nous n’étions plus à l’abri.
Nous avons pris avec nous le minimum nécessaire : des vêtements contre le froid, les ordinateurs portables, l’insuline de mon père, qui souffre de diabète, et les bijoux de ma mère et de ma sœur. Un habitant du camp nous a transportés à bord de son camion, mais beaucoup sont partis à pied en prenant à peine une valise.
Vidéo montrant le départ des réfugiés palestiniens du camp de Yarmouk.
Nous nous sommes installés dans le quartier d’Ibn Nafiss [nord de Damas], chez un ami de la famille. Mais tout le monde n’a pas cette chance.
Les réfugiés qui ont de l’argent louent des maisons à Damas, généralement dans les quartiers de Zahira ou Al Maydan, qui sont les plus proches du camp. Ce n’est qu’une étape, ils partiront ensuite probablement pour le Liban, qui reste un pays plus facile d’accès pour les Palestiniens que la Jordanie [selon un autre Observateur, les Palestiniens peuvent se rendre au Liban moyennant un visa de 20 dollars].
Ceux qui n’ont pas d’argent se réfugient dans les mosquées, les écoles et les centres créés par l’
UNRWA [l’agence onusienne en charge des réfugiés palestiniens au Proche-Orient] comme le dortoir du
Damascus Training Center (DTC). D’autres encore moins chanceux dorment dans la rue.