Camp de Yarmouk : les réfugiés palestiniens à nouveau forcés à l'exil

Capture d'écran d'une vidéo montrant des voitures chargées de bagages, quittant le camp de Yarmouk.
 
Pour le quatrième jour consécutif, l’aviation du régime syrien bombarde le camp de Yarmouk, près de Damas. Un Observateur nous raconte la détresse des réfugiés palestiniens qui habitaient ce camp et qui se retrouvent aujourd’hui à la rue.
 
Depuis le mois de juillet, Yarmouk est devenu un enjeu stratégique dans la bataille opposant les forces gouvernementales aux rebelles de l’Armée syrienne libre. La tension était montée d’un cran à la fin du mois d’octobre lorsque des soldats de l’ASL se sont affrontés dans ce camp avec les miliciens du Front populaire de Libération de la Palestine - Commandement Général (FPLP – CG), groupuscule armé et financé par le pouvoir. Le 18 décembre, les rebelles de l’ASL ont annoncé avoir pris le contrôle du camp de Yarmouk, mais les combats avec l’armée régulière ont repris le lendemain. Des affrontements qui ont déjà poussé plus de la moitié des habitants à fuir le camp.
 
Un rebelle de l'ASL annonce la prise de contrôle du camp dans une rue de Yarmouk, tandis que l'on voit derrière lui des réfugiés en train de partir, comme il l'annonce lui-même à 0'15.
 
Le camp de Yarmouk, créé en 1957, est le plus grand camp de réfugiés palestiniens en Syrie. Situé à huit kilomètres au sud du centre-ville de Damas, il représente un enjeu stratégique de taille pour la prise de la capitale par la rébellion. Le camp s’étend sur une superficie de deux kilomètres carrés et abrite, selon le HCR, plus de 148 000 réfugiés. Ses habitants ne sont pas exclusivement Palestiniens. Des Syriens de condition modeste y vivent également.
 
Contributeurs

"Beaucoup vont quitter le pays pour partir au Liban"

Ali Hourani, 27 ans, est un réfugié palestinien du camp de Yarmouk.
 
Les gens ont commencé à fuir dès lundi car, selon des rumeurs l’armée régulière allait entrer dans le camp et nous chasser. J’ai moi-même quitté le camp mardi matin avec mes parents et mes cinq frères et sœurs. Nous avions essayé de partir la veille, mais c’était trop dangereux à cause des combats [entre l’ASL et la milice du FPLP – CG]. Même si l’ASL est censée contrôler le camp, la situation est loin d’être stable. Nous n’étions plus à l’abri.
 
Nous avons pris avec nous le minimum nécessaire : des vêtements contre le froid, les ordinateurs portables, l’insuline de mon père, qui souffre de diabète, et les bijoux de ma mère et de ma sœur. Un habitant du camp nous a transportés à bord de son camion, mais beaucoup sont partis à pied en prenant à peine une valise.
 
Vidéo montrant le départ des réfugiés palestiniens du camp de Yarmouk.
 
Nous nous sommes installés dans le quartier d’Ibn Nafiss [nord de Damas], chez un ami de la famille. Mais tout le monde n’a pas cette chance.
 
Les réfugiés qui ont de l’argent louent des maisons à Damas, généralement dans les quartiers de Zahira ou Al Maydan, qui sont les plus proches du camp. Ce n’est qu’une étape, ils partiront ensuite probablement pour le Liban, qui reste un pays plus facile d’accès pour les Palestiniens que la Jordanie [selon un autre Observateur, les Palestiniens peuvent se rendre au Liban moyennant un visa de 20 dollars].
 
Ceux qui n’ont pas d’argent se réfugient dans les mosquées, les écoles et les centres créés par l’UNRWA [l’agence onusienne en charge des réfugiés palestiniens au Proche-Orient] comme le dortoir du Damascus Training Center (DTC). D’autres encore moins chanceux dorment dans la rue.
 
 


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