La mort de djihadistes libanais en Syrie ravive les tensions confessionnelles à Tripoli

Sit-in en solidarité aux morts sur la place de Tal, dans le centre de Tripoli.
 
La tension est montée d'un cran à Tripoli, dans le nord du Liban, après la mort de plusieurs jeunes sunnites originaires de la ville, vendredi 30 novembre. Ces derniers sont tombés sous les balles de l’armée régulière en territoire syrien, à proximité de la ville de Tal-Kalakh, alors qu’ils essayaient de rejoindre les combattants de la rébellion syrienne.
 
Le nombre exact de morts et de blessés reste incertain : des sources sécuritaires libanaises évoquent le chiffre de 21 morts, des sources tripolitaine parlent de 16 morts, alors que les proches des familles confirment le chiffre de "5 morts d’un groupe de 25 à 30 jeunes".
 
Contacté par FRANCE 24, le cheikh salafiste du quartier à majorité sunnite de Bab Tabbaneh, Nabil Rahim, nous assure que le groupe est rentré en Syrie pour combattre auprès des rebelles syriens. Cette initiative était selon lui spontanée et non organisée, ces jeunes auraient entrepris ce projet par "excès de zèle". Partis le 30 novembre, après la prière de l’aube au vu et au su de tous, ils affichaient clairement leur objectif de rejoindre la Syrie. Pour Nabil Rahim, le groupe s’est fait piéger par son amateurisme.
 
Six des jeunes hommes disparus en Syrie.Facebook
 
Alors que des sources proches des familles assurent que les jeunes sont partis sans arme, le cheikh affirme qu’ils étaient en possession d’armes à feu. Quant à la manière dont ils se sont fait piéger, Rahim pense que leur passage a été notifié aux autorités syriennes depuis le Liban.
 
La première vidéo montrant les cadavres de ces jeunes djihadistes sunnites avec leurs pièces d’identité libanaise a été diffusée vendredi sur une page Facebook intitulé "la chaîne d’informations de Djabal Mouhsin", le quartier alaouite [branche du chiisme dont est issu Bachar al-Assad ] de Tripoli, avant d’être reprise par les médias officiels syriens. Perçue comme une implication de la communauté alaouite de Tripoli dans ces violences, la diffusion de cette vidéo a ravivé les tensions entre les sunnites et les alaouites de la ville. L’armée libanaise s’est déployée dès vendredi soir dans la rue de Syrie, qui sépare les quartiers rivaux, et  bloque les entrées de Djabal Mouhsin pour éviter tout débordement.
 
  Le journal de la télévision d'Etat syrienne avec la vidéo des jeunes libanais tués par l'Armée Syrienne
 
Une manifestation et un sit-in ont été organisés sur la place de Tal à Tripoli en soutien aux familles des victimes. Les responsables du quartier alaouite voisin de Djabal Mouhsin ont, quant à eux, prié les membres de leur communauté de ne pas sortir de chez eux. Une manière d’assurer leur sécurité alors que des rumeurs de prises d’otages d’alaouites, par vengeance, circulent dans la ville. Joint par FRANCE 24, Mahdi Moustapha, le responsable médiatique du Parti arabe démocratique (alaouite) a affirmé que la communauté "restait en dehors et contre les affrontements en Syrie, malgré l’alliance stratégique avec le régime syrien." Après avoir évoqué plusieurs provocations ces derniers jours de la part d’extrémistes sunnites, il a affirmé qu’aucune prise d’otage n’avait eu lieu.
 

Sit-in en solidarité aux morts sur la place de Tal à Tripoli
Contributeurs

"Mon frère était en deuxième année d’une licence en mathématique. Ce n’est pas un combattant"

Jihad Dib est un habitant du quartier de Mankoubin et frère d'un des morts en Syrie
 
Mon frère était en deuxième année d’une licence en mathématique. Ce n’est pas un combattant. Il a voulu mettre au profit des Syriens ses compétences de secouriste, idem pour tous les autres membres du groupe. Pour moi, c’est le Parti arabe démocratique qui a organisé ce piège en collaboration avec les renseignements syriens dont ils sont très proches. Le groupe de jeunes a très probablement été victime d’un piège sur le territoire libanais
 
 
 

"On continue à vivre normalement grâce à la protection de l’armée libanaise très présente dans la zone pour éviter tout embrasement"

Saleh est un habitant de Djabal Mouhsin
 
On continue à vivre normalement grâce à la protection de l’armée libanaise, très présente dans la zone pour éviter tout embrasement. Nos fonctionnaires qui travaillent à l’Hôtel de Ville – dans le quartier sunnite – sont tous allés au bureau aujourd’hui, la vie reprend son cours normal malgré les tensions. Je comprends la colère des familles, mais je ne comprends pas les accusations proférées contre les habitants de Djabal Mouhsin qui n’ont rien à voir dans cette histoire. Ce sont les plus extrémistes qui essayent de raviver la fitna [le conflit entre sunnites et chiites].
 
 
Billet écrit en collaboration avec Wassim Nasr, journaliste à FRANCE 24.

Commentaires

les libanais doivent

les libanais doivent imperativement comprendre que ce qui se passe en syrie ne les concerne pas! ils doivent continuer a vivre leur vie normalement et laisser les syriens se debrouiller eu meme.
tandis que salafists extremis sunnite ou alaouite doivent etre interdit sur l ensemble du territoire libanais car il pronne des message moyenâgeux et completement débile et inhumain.
alors j apel au libanais de continuer de vivre en paix avec les differente communaute du pays et de ne pas ecouter les vipères religieuse de leur pays!

un djihadiste meurs en serie

il faut l'opinion international arrêté d'activé les tensions dans le monde entier. la remarque que j'ai fait est que tous les pays ou L'O.I est intervenu sont actuellement mal au point, nous pouvons citer entre autre L'Egypte, la Tunisie peut être même la cote D'Ivoire. Apres la Syrie ils irons ou en Iran ?



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