Nous manquons d’équipements et certains malades ne peuvent pas être soignés. Nous n’avons par ailleurs pas assez de spécialistes en chirurgie thoracique pour soigner ceux qui ont pris des balles dans la poitrine. Il nous faudrait aussi davantage de moniteurs cardio-pulmonaires pour permettre une assistance respiratoire aux blessés ainsi que des fixateurs externes afin d’opérer les fractures ouvertes. Mais la priorité absolue, c’est d’avoir des ambulances médicalisées pour permettre d’acheminer les malades vers de plus grandes structures notamment au Rwanda.
À cause de la coupure d’électricité, nous avons dû utiliser des générateurs et nous avons traité en priorité les cas qui avaient besoin de machines pour survivre. Pour le moment, nous déplorons trois décès. La plupart des patients sont des blessés par balle, essentiellement à la tête ou aux jambes.
"Si on doit évacuer un patient vers un autre hôpital, celui-ci a plus de chance de mourir que de survivre"
Nous avons eu des promesses de médicaments de la part de l’
UNC et
MSF mais nous ne savons pas du tout quand cela doit arriver. D’ici le milieu de la semaine, nous aurons épuisé les ressources que nous avons.
L’hôpital est neutre, nous accueillons tout le monde, quelles que soient l’opinion politique ou la nationalité. Nous n’avons pas rencontré les rebelles du M23 pour parler des conditions d’évacuation des blessés. Mais dans le contexte actuel, si on doit transférer un patient vers un autre hôpital, celui-ci a plus de chance de mourir que de survivre.