Les habitants et la police nous appellent pour que nous intervenions. Mais nous écoutons aussi en permanence les médias locaux et dès que l’on apprend qu’un endroit a été bombardé, nous nous rendons sur place. Nous y allons toujours accompagnés des pompiers. Ce sont eux qui interviennent en premier pour sortir les blessés des décombres pour qu’on puisse les secourir.
Nous traitons des blessures graves, comme des plaies profondes à la tête, des mutilations des membres, ainsi que des brûlures - des blessures causées par la chute d’immeubles, à cause des bombardements, ou par des éclats d’obus.
Nous n’avons pas assez d’ambulances équipées. Nous manquons également d’oxygène, de compresses, de seringues et de sérum.
Nous sommes aussi en danger à cause de ce qu’on appelle les deuxièmes bombardements. Il arrive, en effet, qu’un immeuble soit ciblé par un raid aérien puis qu’un deuxième missile soit tiré au moment où on arrive sur place.
Chaque équipe d’ambulanciers fait un cycle de 24 heures, de 8h du matin à 8 heures le lendemain et se repose les 24 heures suivantes. Il en est théoriquement de même pour les médecins mais, en réalité, ils n’ont que rarement la possibilité de se reposer 24 heures.
Ce n’est pas la première fois que j'interviens en période de guerre à Gaza. À chaque fois, le plus dur, c’est de ne pas réussir à sauver les enfants. Car, parfois, c’est toute une fratrie qui meurt sous les décombres d’un immeuble. J’ai vécu ça hier encore.