Un ambulancier à Gaza : "Le plus dur, c’est de ne pas réussir à sauver les enfants"

 Capture d'écran d'une vidéo publiée sur YouTube montrant une petite fille palestinienne en train de se faire ausculter à l'hôpital de Gaza.
 
Depuis le début de l’opération "Pilier de défense", le 14 novembre, le bilan des morts et des blessés est sans cesse revu à la hausse. Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent que les hôpitaux de la bande de Gaza sont aujourd’hui débordés. Notre Observateur, secouriste, nous raconte son travail sous les bombes.
 
Un convoi de médecins palestiniens de Cisjordanie est arrivé lundi midi pour prêter main forte au personnel hospitalier de Gaza. Quelque 400 militants égyptiens les avaient précédés pour acheminer des médicaments et du matériel médical d’urgence aux Palestiniens de Gaza. Les médecins gazaouis se disent toutefois débordés et affirment travailler dans des conditions très difficiles.
 
Depuis le début de ces opérations, le bilan est de 100 morts côté palestinien et de trois morts côté israélien.
 
Un jeune homme de 24 ans, blessé dans les bombardements, à l'hôpital de Gaza. 
 
Un enfant de 3 ans soigné à l'hôpital de Gaza. Toutes ces photos sont issues de la vidéo tournée et publiée sur YouTube par @rosa_schiano
 
Samih, 52 ans, est secouriste. Il travaille au centre de secours et d’urgence de Gaza.
 
Les habitants et la police nous appellent pour que nous intervenions. Mais nous écoutons aussi en permanence les médias locaux et dès que l’on apprend qu’un endroit a été bombardé, nous nous rendons sur place. Nous y allons toujours accompagnés des pompiers. Ce sont eux qui interviennent en premier pour sortir les blessés des décombres pour qu’on puisse les secourir.
 
Nous traitons des blessures graves, comme des plaies profondes à la tête, des mutilations des membres, ainsi que des brûlures - des blessures causées par la chute d’immeubles, à cause des bombardements, ou par des éclats d’obus.
 
Nous n’avons pas assez d’ambulances équipées. Nous manquons également d’oxygène, de compresses, de seringues et de sérum.
 
Nous sommes aussi en danger à cause de ce qu’on appelle les deuxièmes bombardements. Il arrive, en effet, qu’un immeuble soit ciblé par un raid aérien puis qu’un deuxième missile soit tiré au moment où on arrive sur place.
 
Chaque équipe d’ambulanciers fait un cycle de 24 heures, de 8h du matin à 8 heures le lendemain et se repose les 24 heures suivantes. Il en est théoriquement de même pour les médecins mais, en réalité, ils n’ont que rarement la possibilité de se reposer 24 heures.
 
Ce n’est pas la première fois que j'interviens en période de guerre à Gaza. À chaque fois, le plus dur, c’est de ne pas réussir à sauver les enfants. Car, parfois, c’est toute une fratrie qui meurt sous les décombres d’un immeuble. J’ai vécu ça hier encore.
 
Vidéo filmée à l'intérieur d'un hôpital de Gaza.
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