Vendetta à l’arme automatique dans les rues de Tripoli

 
Au moins cinq personnes ont été blessées par balles dans des accrochages entre deux milices rivales, aux abords d’un bâtiment de la sécurité, dimanche à Tripoli. Notre Observateur était au cœur de ces affrontements, des violences que personne ne semble être en mesure d’empêcher.
 
Les affrontements ont éclaté peu après minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, dans le quartier de Trig Assor. Ils ont été déclenchés par le décès d’un membre d'une milice de quartier armée, dans des circonstances suspectes après son arrestation par une milice du même quartier, rattachée au Conseil suprême de sécurité (CSS). Le CSS est une structure créée après la révolution pour tenter de mettre au pas les groupes armés qui ont refusé d'intégrer les rangs de la police ou de l'armée régulière.
 
Dimanche en début d'après-midi, le QG de cette milice a été incendié par vengeance par les miliciens rivaux tandis que des boutiques des environs ont été pillées. L'armée n’est intervenue qu’à la mi-journée.
 
Les membres de la milice "Trig Essor", appuyés par des membres de l'armée, ont pris d'assaut le QG du Conseil suprême de sécurité.
 
La milice "Trig Essor" se préparant à la guérilla urbaine.
Contributeurs

"Après avoir échoué à calmer la situation, l’unité mobile de l’armée a appuyé les 'révolutionnaires de Trig Essor' "

Sohib Eddaly vit à Tripoli. Il s’est rendu sur place pour prendre des photos des affrontements.
  
J’ai été réveillé par des coups de feu vers 5 heures du matin, dimanche, depuis mon quartier de Souk al-Jamaâ. J’ai appris par un ami qu’il y avait des accrochages dans le quartier de Trig Assor. Je me suis rendu sur place vers 11 heures du matin. Les membres d’une milice du quartier qui se fait appeler les "révolutionnaires de Trig Essor" étaient aux prises avec les membres d’une autre milice qui occupait les locaux du Comité suprême de sécurité et qui est chargée par le ministère de l’Intérieur d’assurer la sécurité de la zone.
 
Les miliciens de "Trig Essor"  sont soutenus par une unité de l'armée.
 
Après avoir échoué à calmer la situation, l’unité mobile de l’armée a appuyé les "révolutionnaires de Trig Essor" afin de retrouver les personnes accusées du meurtre de la veille, dont le chef de cette brigade, Mohamed al-Ouerflalli. Les "révolutionnaires de Trig Essor" disaient vouloir le capturer et le tuer. D’après ce que j’ai entendu, le défunt aurait été arrêté alors qu‘il était en état d’ébriété, puis battu à mort par les membres de cette milice.
 
Le QG du Conseil suprême de sécurité tombe sous le contrôle de l'armée.
 
Il y avait des échanges de coup de feu sporadiques entre les deux camps, postés de part et d’autre de la rue Zaouia. Pour ma part, j’ai rejoint les jeunes de "Trig Essor" et j’ai commencé à prendre des photos avec mon téléphone portable en essayant d’être le plus discret possible pour éviter de me le faire confisquer.
 
Un militaire tentant de parlementer avec les partisans de Mohamed al-Ouerflalli.
 
Par la suite, une trêve est intervenue durant environ deux heures, ce qui a permis à un militaire de se rendre au QG du Comité suprême de sécurité pour négocier avec cette brigade, qui comptait d’une quinzaine d’hommes armés. Les discussions n’ont malheureusement rien donné et les accrochages ont repris de plus belle en début d’après-midi. Les combattants des deux camps se tiraient dessus avec des kalachnikov, des lance-roquettes. Et ils tiraient en l’air avec des mitrailleuses lourdes de type 14.5 millimètres. Les échanges de tirs se sont intensifiés. Un des jeunes de  "Trig Essor" est tombé juste devant moi. J’ignore s’il est vivant ou s’il a succombé à ses blessures.
 
Les miliciens incendient un pavillon du GQ du Conseil suprême de sécurité.
 
Les forces mobiles et les jeunes de Trig Essor ont par la suite réussi à prendre d’assaut le QG du Comité Suprême de sécurité alors que les membres de la milice al-Ouerflalli se repliaient dans les rues adjacentes.
 
Arrestation d'un des partisans d'al-Ouerflalli. Selon notre Observateur, il s'agirait de son frère.
 
Les accrochages se sont poursuivis jusqu’à cinq heures de l’après-midi, dimanche, dans les ruelles alentour. Certains membres de la milice, dont le frère de Mohamed al-Ouerflalli, ont été arrêtés par les militaires. Mais à ma connaissance, ils n’ont pas pu mettre la main sur le chef de la brigade.
 
Un voiture touchée par un tir de lance-roquettes RPG.
 
 
Toutes les photos ont été prises par notre Observateur.
 

Commentaires

démocratie !

elle est belle la Lybie avec leur pseudo démocratie à la con ! et il parait que KHADAFI était un méchant ? je me marre !



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