On range les couteaux de cuisine, c’est l’heure du congrès du Parti communiste chinois

Des amoureux devant un banderole célébrant le 18ème congrès du parti communiste chinois, à Pékin. Photo postée sur Weibo
 
Le 18e Congrès du Parti communiste débute le 8 novembre à Pékin et les autorités chinoises ne laissent rien au hasard côté sécurité. D’après les internautes, on frôlerait même la paranoïa…
 
L’enjeu est de taille puisque la Chine va désigner ses nouveaux dirigeants, notamment le successeur de l’actuel président Hu Jintao. Mais est-il nécessaire de bannir l’achat des couteaux de cuisine ou d’interdire de vol les avions télécommandés dans Pékin ? Les internautes s’interrogent, d’autant plus que la liste de ces restrictions ubuesques est à rallonge. On a demandé aux chauffeurs de taxis de ne plus ouvrir leurs fenêtres lorsqu’ils passent près de "bâtiments importants" et même de retirer la manivelle permettant de baisser la vitre pour leurs clients. Cette dernière mesure viserait à empêcher des trublions potentiels de jeter des messages de propagande par la fenêtre. Enfin, dernière mesure tout droit sortie du "1984" de George Orwell : il a été interdit aux propriétaires de pigeons de libérer leurs volatiles durant la période du Congrès.
 
Les réseaux sociaux chinois, au premier rang desquels le Twitter local, Weibo, ne tarissent pas de quolibets concernant ces réglementions. La censure du Net chinois bat donc bien sûr son plein. Les termes "18e Congrès" ont ainsi été expurgés de Weibo, mais les internautes ont déjà trouvé la parade en se servant de mots dont la consonance rappelle celle de "Congrès".
 
Sur le panneau : "Si vous achetez des jouets volant télécommandés, veuillez enregistrer votre vrai nom dans le magasin"
 
" Veuillez nous excuser : Toutes les ventes de couteaux sont suspendues pendant le 18e congrès du PCC"
 
Contributeurs

"Sur Internet, la plupart des gens trouvent ces mesures excessives"

Sui (pseudonyme) est l’un de nos Observateurs en Chine.
 
Ce Congrès est crucial pour l'image du Parti, alors ils font le maximum pour éliminer tout imprévu. Les journaux incitent les gens à 'défendre' le Congrès à longueur de pages, même si on ne voit pas bien contre quoi on est censé le défendre. Les médias parlent peu, en revanche, des mesures de sécurité extrêmes qui sont prises à cette occasion. Ça on ne le trouve que sur le Net, et la plupart des gens trouvent que les autorités en font trop.
 
Ce n’est pas la première fois que de telles réglementations sont appliquées. Déjà, pendant les JO de 2008, l’achat des couteaux avait été interdit. Idem pour l’expo universelle de Shanghaï en 2010.
 
"Pour contourner la censure, on utilise le mot "Sparte" qui se prononce comme "18ème congrès" en chinois"
 
 
Pour autant, je ne pense pas que les autorités aient vraiment peur d’une révolte populaire mais elles sont tellement habituées à utiliser des mesures de restriction, c’est une façon de montrer leur pouvoir. 
 
Il est très difficile d’accéder aux sites étrangers depuis la Chine, l’accès est restreint. Et beaucoup d’internautes ont remarqué que les contournements par les serveurs Proxy fonctionnaient beaucoup moins bien ces derniers jours. Les internautes ne peuvent  rien poster qui concerne le congrès. Alors comme en chinois "18ème congrès" se prononce un peu comme "Sparte", (l’ancienne ville grecque), on utilise "Sparte" comme mot clef sur les réseaux sociaux."
 
Ci-dessus, la manivelle d’une porte de taxi qui a été ôtée. Ci-dessous, les boutons de contrôle des vitres qui ont été bloquées. Ce genre de photos a inondé les réseaux sociaux chinois ces derniers jours.
 
Ce "contrat" a également circulé sur le Net. Il s’agirait d’un document que feraient signer à leurs clients certains chauffeurs de taxis. Il y est écrit : "1- Le passager doit mettre la ceinture de sécurité. 2- Le passager doit préférer des itinéraires évitant les grandes intersections, par exemple la place Tiananmen. Et s’il est amené à y passer, il doit éviter d’ouvrir les fenêtres. 3- Le passager est responsable de l’itinéraire qu’il demande d’emprunter au chauffeur".
Une caricature de Une de journal tourne en dérision l'interdiction de la vente de couteaux. Postée sur Weibo.
 
Cette photo a été prise par un internaute devant le Beijing Capital Museum. Les civils chargés de surveiller les endroits stratégiques de la ville ont été baptisés les "tantes" car une majorité d'entre eux sont des femmes de plus de 50 ans. Présentées comme des bénévoles,
elles seraient en fait payées 50 yuans la journée, soit 6 euros.

Commentaires

Je pense que les leaders

Je pense que les leaders chinoises n'ont pas peur d'un attenta mais plutôt une façon de rappeler à la population chinoise leur existence.

J'ai l'impression que plus le temps passe plus la population chinoise ne fait plus attention à leurs propre dirigeants par contre ils s’intéressent plus aux dirigeants étrangers tel que Barack OBAMA, ce qui peut être dérangeant pour les dirigeants chinois.

Il est difficile de s’intéresser à la politique intérieur si les dirigeants sont invisibles et très loin de la réalité de la rue... c'est aussi vrai pour l'Occident.



Fermer