Triste Aïd à Deir Ezzor en Syrie : "Le principal, c’est de faire plaisir aux enfants"

 
La fête musulmane du sacrifice, l'Aïd al-Adha, célébrée vendredi à travers le monde musulman, avait un goût amer pour les Syriens. À Deir Ezzor, ville de l’est du pays assiégée depuis plusieurs mois par l’armée loyaliste, notre Observateur raconte en images cette journée où les habitants ont essayé, tant bien que mal, d’oublier la guerre. 
  
En dépit du cessez-le-feu entré en vigueur dans la matinée pour la fête de l'Aïd el-Adha, plusieurs violents accrochages ont été signalés à travers le pays. Des combats ont notamment éclaté entre armée et rebelles syriens sur la route Damas-Alep.
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"Des comités de bienfaisance ont ramené quelques moutons"

Ous al-Arabi milite au sein d’un bureau de la communication de l’Armée syrienne libre à Deir Ezzor. 
 
Deir Ezzor est assiégée par l’armée de Bachar al-Assad depuis plusieurs mois. Le peu de gens qui restent ici n’ont pas tellement envie de faire la fête. Nous avons quand même essayé de faire plaisir aux enfants, du moins dans mon quartier, à Cheikh Yacine. Nous avons ainsi distribué des "gharaïba" [un type de galette dégustée en Syrie le jour de l'Aïd, ndlr] aux familles sinistrés et aux enfants ce matin. C’est en fait une confiserie de conception basique, seulement composée de semoule et de sucre. Comme nous manquons cruellement de produits alimentaires, nous ne pouvons pas faire mieux.
 
Des comités de bienfaisance ont en outre ramené quelques moutons qu’ils ont sacrifiés et réparti entre les familles qui vivent dans mon quartier.
 
L’Aïd al-Adha est une fête que les gens sont censés célébrer en famille autour de repas copieux. C’est un jour particulièrement triste pour moi parce que je n’ai pas vu ma famille depuis plusieurs mois. Avant, ils étaient installés dans un quartier qui était sous le contrôle de l’armée loyaliste. Cela ne m’empêchait pas de leur rendre de temps à autre visite clandestinement. Mais ils ont quitté le pays il y a quelques semaines. Le seul moyen de rester en contact désormais, c’est Internet.
 
Le cessez-le-feu est relativement respecté à Deir Ezzor. Jusqu’ici, l’armée n’a pas tiré d’obus et aucun avion n’a survolé la ville. Mais les snipers restent aux aguets aux alentours des rues principales et j’ai appris qu’un membre de l’Armée syrienne libre a été tué ce matin.
 
  
 
"Le jardin où les enfants avaient autrefois l’habitude de jouer le jour de l'Aïd est vide. Il a été transformé en cimetière où sont enterrés nos martyrs".
 
 
Notre Observateur a filmé un habitant qui s'est porté volontaire pour préparer un ragoût à l’occasion de l'Aïd pour les rares civils restés dans le quartier.
 
À 25’’ : "Nous nous efforçons de donner un peu de joie aux enfants et à ceux qui sont restés dans le quartier. C’est un plat traditionnel que nous avions l’habitude de manger au déjeuner le jour de l’Aïd. Nous allons distribuer des rations dans le voisinage ainsi que dans les quartiers alentours."
 
 
Des enfants de Deir Ezzor portant des vêtements neuf pour fêter l’Aïd. Mais ils ne pourront pas se rendre au parc pour jouer car il a été détruit par les bombardements.
 
   


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