Vendredi matin, j’ai vu quatre pick-up débouler en ville dans le quartier de San Fil avec, à bord, des combattants islamistes arabes. Ils parlaient arabe et anglais. Ils étaient tous vêtus de longues chemises blanches. Tous portaient la barbe et une kalachnikov autour de l’épaule. Des amis touareg m’ont assuré qu’il s’agissait d’hommes issus des rangs d’Aqmi [Tombouctou est aux mains du groupe islamiste armé Ansar Dine et d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi)]. La ville de Gao est, quant à elle, tenue par le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao)], certainement originaire du Sahara occidental où le groupuscule islamiste compte de nombreuses bases. Les voitures étaient toutes équipées de lanceurs de missiles sol-air. Ce lundi, d’autres pick-up, plus nombreux encore, ont fait des allées et venues mais je n’ai pas pu connaître la raison de tous ces déplacements.
"Ils fouillent de manière plus systématique les véhicules qui arrivent en ville"
Depuis trois jours et la perspective d’une attaque des forces maliennes et de ses alliés étrangers, Ansar Dine et Aqmi sont sur le pied de guerre. Ils se préparent à chaque instant à une intervention armée. Ils fouillent de manière plus systématique les véhicules qui arrivent en ville pour s’assurer qu’aucune arme qui ne leur est pas destinée ne puisse entrer. Ils ont aussi fait du porte-à-porte pour demander à la population de protester dans les rues contre l’offensive militaire [nous n’avons pas pu vérifier cette information]. Mais les gens n’ont pas obtempéré car ils tiennent à ce que la région soit libérée du joug islamiste.
On sent beaucoup de tension. Ils sont sur le qui-vive. Le sentiment qui domine actuellement chez Ansar Dine et Aqmi est la peur. Beaucoup laissent la clé sur le contact de leur voiture, peut-être veulent-ils pouvoir fuir en cas d’attaque venant de l’intérieur. Mais ce qu’ils redoutent le plus, ce sont les bombardements aériens contre lesquels ils auront du mal à lutter. Si Tombouctou devait être assiégée, je pense qu’ils se rendraient aux confins de la zone sous contrôle. À Douentza, par exemple, qui est une ville bordée par des plateaux et des collines et qui, de ce fait, est un point hautement stratégique.
Commentaires
Intégristes dans le nord du Mali
Submitted by Altobert (non vérifié) on mer, 24/10/2012 - 15:27.C'est très bien qu'ils se réunissent tous au même endroit, on aura moins à courir pour les éliminer, le moment venu.
Pourvu qu'il en viennent d'autres.