Un an après la chute de Kadhafi, regain de violences dans son fief de Bani Walid

 
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi il y a un an, les tensions entre les milices de Misrata, l'un des bastions de la rébellion, et les groupes armés du fief pro-Kadhafi de Bani Walid, ne faiblissent pas. Enlèvements, pillages et menaces sont monnaie courante entre les habitants des deux villes séparées par 140 km. Des tensions qui se sont transformées en véritables combats, cette semaine.
 
Un combattant de Bani Walid est mort mardi dans la localité de Mardoum, à une trentaine de kilomètres de la ville, suite à des affrontements avec les milices de Misrata. Ces violents accrochages surviennent une semaine après la mort d’Omrane Chaabane, un ancien rebelle libyen originaire de Misrata qui avait participé à la capture de Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011. Enlevé en juillet dernier dans l’ouest libyen par des hommes armés venus de Bani Walid, Chaabane avait été blessé par balle et torturé. Il avait finalement été libéré par une intervention du pouvoir central, mais a succombé à ses blessures le mardi 25 septembre à Paris.
 
Suite au regain de violences dans la région, jeudi matin, les autorités ont déployé, autour de Bani Walid, les "forces du bouclier", des troupes militaires rattachées au ministère de la Défense. Ces dernières, qui opèrent aux côtés des milices de Misrata, ont pour mission de surveiller Bani Walid et de faire pression sur les groupes armés afin que les ravisseurs d’Omrane Chaabane leur soient livrés. Les habitants de Bani Walid dénoncent, quant à eux, une mise en état de siège de leur ville.
 
Vidéo de l'enterrement à Mardoum.

"Sous prétexte que Bani Walid a été l’une des dernières villes à avoir été libérée par les révolutionnaires, nous sommes tous accusés d’être des pro-Kadhafi"

 Nasser Salem El-Warfelli est médecin à Bani Walid. Il a été à Mardoum pour secourir la victime.
 
Ce sont les miliciens de Misrata qui ont commencé par attaquer mardi la localité de Mardoum,. Elle se trouve à une dizaine de kilomètres de Bani Walid et relève administrativement des autorités de notre ville. Les miliciens sont venus à bord d’une quarantaine de pick-up. Ils ont lancé une attaque sur le village à l’aide de lance-roquettes et de mitrailleuses et ont même envahi des maisons [sur une chaîne privée de Bani Walid, des habitants de Mardoum évoquent cette attaque].
 
Vidéo des combats filmés du côté de Bani Walid.
 
Ce n’est pas la première fois que notre zone fait l’objet d’attaques arbitraires de la part de miliciens de Misrata. Depuis un an, nous sommes victimes d’enlèvements et de pillages réguliers [des témoins affirment que les voitures immatriculées à Bani Walid sont souvent contrôlées et que les passagers sont fouillés et parfois dépossédés de leurs biens]. Alors, évidemment, les hommes de Bani Walid ne vont pas rester les bras croisés face à cette injustice. C’est ainsi qu’ils ont chassé les miliciens de Mardoum, mardi, avant que les 'forces du bouclier' ne viennent à leur rescousse. Ils ont aussi fait des prisonniers.
 
Les habitants de Bani Walid fêtent le départ des milices de Misrata.
 
Bani Walid, aujourd’hui, est complètement marginalisée, à croire que nous ne faisons pas partie de la nouvelle Libye post-Kadhafi. Nous n’avons même pas un conseil régional, comme c’est le cas dans toutes les autres régions [ces conseils régionaux sont chargés de gérer les questions sociales et économiques de chaque région et assurent la médiation avec le Congrès national]. Sous prétexte que notre ville a été l’une des dernières, avec Syrte, à avoir été libérée par les révolutionnaires, nous sommes tous accusés d’être des pro-Kadhafi.
 

"Des groupes armées kadhafistes de Bani Walid préparaient un soulèvement"

 Bassem Saddoh s’est battu contre le régime de Kadhafi. Il fait aujourd’hui partie de la milice de Misrata.
 
Bien que nous soyons d’anciens rebelles de Misrata, aujourd’hui, nous agissons dans le cadre de la légitimité de l’État. La preuve est que nous travaillons avec les 'forces du bouclier'. Nous assurons la sécurité dans la région conformément à la volonté du gouvernement central.
 
Nous nous sommes déplacés à Mardoum, mardi, car des rumeurs ont couru sur un soulèvement que préparaient des groupes armés kadhafistes de cette localité. Notre visite était purement préventive [Bassem s’est refusé à tout commentaire concernant la mort d’un combattant de Mardoum, mardi].
 
Notre présence, aujourd’hui, aux abords de Bani Walid [avec les 'forces du bouclier'] a pour but d’obtenir la libération de nos camarades faits prisonniers par des hommes armés de la ville. À mes yeux, Bani Walid n’a pas été complètement libérée. Elle reste une ville majoritairement peuplée de pro-Kadhafi [certaines pages Facebook ou YouTube qui ont couvert les évènements des derniers jours appartiennent à des utilisateurs de Bani Walid qui sont ouvertement pro-Kadhafi] et nous sommes déterminés à nous battre contre eux.

Commentaires

La Resistance libyenne

Heureusement que la resistance perdure, vive les verts, la Libye sera libre quand verte a nouveau,Mouamar Libya wa bass

Résistance de la Libye Souveraine...

N'en déplaise à la chaîne audio-visuelle de l'ingérence multiforme, dite "humanitaire", y compris armée, dans les affaires internes des Nations Souverain et qui, après avoir "accompagné" sept mois de bombardements meurtriers et destructeurs dans le pays, "accompagne" depuis lors, la tentative actuelle de "normalisation" du régime ainsi imposé à la population, la Résistance de la Jamahiriya, démocratie directe arabe et socialiste qui avait apporté à la Libye le plus haut niveau d'aisance matérielle à toute les couches sociales, notamment populaires, de tout le continent africain, n'en est qu'à ses débuts !...

desinformation

Jamahiriya, démocratie directe arabe et socialiste qui avait apporté à la Libye le plus haut niveau d'aisance matérielle à toute les couches sociales??????? le smic est de 130 dinars libyen = moins de 100 dollars........."Mieux vaut comprendre peu que comprendre mal"



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