Les hôpitaux de fortune débordés à cause de l’intensification des bombardements

 
Alors que les bombardements s’intensifient en Syrie, les hôpitaux de fortune se remplissent de blessés, aussi bien combattants rebelles que simples citoyens. Notre Observatrice, une infirmière volontaire à Homs, décrit le dénuement total dans lequel elle travaille.
 
Mercredi 26 septembre a été la journée la plus meurtrière depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad, il y a 18 mois. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé à Londres, au moins 305 personnes, des civils pour les deux tiers, sont mortes au cours de cette seule journée. Et 30 000 depuis le début du conflit.
 
Il n’y a pas de décompte officiel des blessés. Mais depuis que les forces loyales au président bombardent massivement les positions des rebelles, les médecins rapportent que les blessés graves affluent.
 
ATTENTION : CETTE VIDEO EST CHOQUANTE
 
Il s'agit de la dernière vidéo tournée dans un hôpital à Homs, le 17 septembre dernier.
Contributeurs

“Il n'y a que six médecins qualifiés pour toute la ville"

Shoruk (pseudonyme), 25 ans, vit à Homs. Avant que n’éclate le conflit, elle était étudiante à l’université. Jusqu’à la semaine dernière, elle travaillait en tant qu’infirmière dans différents hôpitaux de fortune en manque de personnel. Les femmes, comme Shoruk, ont depuis cessé d'y travailler, compte tenu du danger.
 
Jusqu’à récemment, il y avait six hôpitaux dans la ville. Aujourd’hui, il n’en reste que cinq parce que l’un d’entre eux, dans le quartier de Al-Khaldiyeh, a été touché par un obus. Trois patients et deux infirmières volontaires que je connaissais y ont perdu la vie.
 
Nous manquons de médecins spécialistes. Il n’y a qu’une demi-douzaine de docteurs qualifiés pour tous les hôpitaux de Homs. À Al-Khaldiyeh, où j’ai travaillé, il y a seulement un chirurgien et un orthopédiste. Les autres [notre Observatrice exclut ceux qui travaillent à l’hôpital principal de la ville, contrôlé par les autorités, ndlr.] ont trop peur d’être arrêtés ou alors ils ne peuvent simplement pas se rendre dans les hôpitaux [situés dans des quartiers visés par les attaques des forces de sécurité, ndlr].
 
Souvent, des patients meurent simplement parce que nous ne sommes pas assez nombreux pour les soigner tous en même temps, surtout les jours de raids.
 
"Quand les artères sont touchées, c’est très difficile sans médecin qualifié"
 
Quand nous avons ouvert les hôpitaux, il y avait autant de victimes touchées par des tirs de snippers que dans des bombardements. En ce moment, ce sont les bombardements qui nous amènent le plus de blessés, parce qu’ils se sont intensifiés ces dernières semaines. Le pire, c’est quand les artères sont touchées. Sans médecins qualifiés, c’est très difficile de traiter ce type de cas. Ils doivent alors être amputés, ou ils meurent.
 
Avec l’intensification des bombardements, c’est plus difficile pour les activistes d’apporter des médicaments et des provisions depuis d’autres villes. Les hôpitaux manquent de fournitures de première nécessité : analgésiques, produits de stérilisation, anti-inflammatoires, seringues. Et ça n’ira qu’en s’empirant.
 
Le profil des personnes soignées dépend de leur quartier de provenance. Dans certains cas, tous les civils ont fui et les blessés sont principalement des combattants anti-régime. Mais dans d’autres quartiers, il y a les femmes, les enfants et les personnes âgées parmi les victimes.
 
La ville de Deir Ezzor a aussi subi de violents bombardements cette semaine. Dans cette vidéo, un médecin implore de l'aide : "Regardez, pour la grâce de Dieu. Regardez tout ce sang !". 


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