Le Commission nationale du pèlerinage du Nigeria se base sur l’interprétation de l’islam dans cette partie du monde [Afrique de l’Ouest], une interprétation qui est différente de celle appliquée en Arabie saoudite. […] En Arabie saoudite, des érudits s’appuient sur des hadiths du prophète qui expliquent que la femme n’a pas le droit de voyager sans un "mahram". C’est dans cette logique que certains ont conclu qu’une femme ne pouvait pas aller au pèlerinage sans son tuteur. Mais ces érudits n’ont pas pris en compte le fait que le prophète s’exprimait à une époque où les routes étaient peu peuplées et où les pèlerins devaient traverser des déserts extrêmement dangereux pour arriver à destination.
"Les Nigérianes méritent d’être respectées par les Saoudiens"
L’islam est une religion de clémence et de compassion qui cherche à protéger les plus vulnérables. À l’origine, le prophète avait interdit aux femmes de faire de longs voyages sans "mahram" car le rôle de ce dernier était de sauvegarder l’honneur et la dignité des voyageuses sur la route. […] Avec les transports modernes, voyager aujourd’hui n’a rien à voir avec voyager à l’époque du prophète. Excepté peut-être sur les routes du Nigeria, il est rare de tomber sur des bandits de grand chemin.
C’est pour cela que la Commission nationale du pèlerinage du Nigeria autorise depuis des décennies que les femmes voyagent sans "mahrams" si elles sont accompagnées par des gens plus âgés et respectables, hommes ou femmes.
Les Nigérianes méritent d’être respectées par les Saoudiens. En l’occurrence, celles-ci ont dû supporter beaucoup. Elles ont été mises à l’écart à l’aéroport comme des animaux en quarantaine. Elles avaient faim et les malades n’ont pas pu recevoir de traitements. Ce n’est pas comme ça que l’on reçoit les invités d’Allah. L’hospitalité des Saoudiens n’a cette fois-ci pas été à la hauteur. On peut aussi se poser la question de savoir pourquoi ils ont accepté de leur donner des visas s’ils ne comptaient pas les faire entrer une fois sur place.