Mon salaire est très loin d’être à la hauteur de mon investissement personnel. Je gagne un peu moins de 300 000 francs CFA (environ 450 euros) par mois et je travaille en moyenne 10 heures par jour sur des horaires très difficiles. Une semaine sur deux, je travaille entre 1 heure du matin et 6 heures, puis je reprends entre 11 heures et 16h30. La deuxième semaine, je travaille entre 6 heures et 11 heures, puis entre 16h30 et 21 heures. C’est un rythme infernal, qui change sans cesse, du fait du turn-over. J’ai des troubles du sommeil très importants, puisque je n’ai pas le temps de dormir plus de cinq heures par jour. Je rentre chez moi, je me lave, je mange, je me repose un peu, et il faut déjà repartir au travail. Je suis obligé de prendre des médicaments, notamment des antidouleurs, tous les jours pour tenir le coup.
"On a constaté d’importantes améliorations de la sécurité depuis les incidents de 2007"
Depuis les problèmes qu’il y a eu dans la mine en 2007, des mesures très importantes ont été prises pour améliorer la sécurité des ouvriers de la mine. Le matériel est à la pointe de la technologie. C’est également le cas pour ceux qui sont directement en contact avec l’uranium : depuis que je suis là, je n’ai jamais vu de gros accident ou de personnes se plaignant des effets nocifs de ce métal. Travailler est essentiel pour moi. Lorsque j’étais petit, je voyais les amis de mon père descendre dans la mine, et ça me fascinait. En revanche, j’espère que je ne ferai pas ce métier jusqu’à la retraite, car j’ai déjà très mal au dos.