La manifestation s’est déroulée un peu comme d’habitude. Quand la foule a rejoint la place Syntagma, quelques centaines d’anarchistes se sont écharpés avec la police. Ils sont faciles à reconnaître parce qu’ils scandent des slogans comme "Mort aux fascistes", ils portent des pull à capuches et opèrent en groupe. Et comme d’habitude, cela donne un bon prétexte à la police pour disperser la foule à coup de gaz lacrymogènes.
Ce qui est nouveau, c’est qu'il s'agit de la première grande manifestation depuis les élections. Beaucoup des gens présents dans les rues ont voté pour le gouvernement actuel et se disent aujourd’hui trahis. Les autres sont tout autant en colère et désespérés qu’avant, voire d’avantage, car les salaires ont encore baissé et le chômage a grimpé.
J’ai été cadre en marketing et je gagnais 2 500 euros par mois avant de perdre mon boulot à cause de la crise. Je me suis donc mis à mon compte. Plus personne ne gagne ce salaire aujourd’hui. Aujourd'hui, les jeunes qui ont la vingtaine acceptent d’être payés 800 euros par mois pour un emploi équivalent.
Personnellement, j’ai peu d’espoir que les politiciens nous écoutent. Mais je crois qu’il est toujours plus efficace d’exprimer ce que l’on a à dire dans la rue plutôt qu’assis dans son canapé. En revanche, je suis déçu que les syndicats aient, une fois encore, mené le cortège. Cela montre que les gens ne sont pas prêts à aller battre le pavé spontanément, comme ils le font en Espagne. Je pense pourtant que cela aurait plus d’impact.