Images amateurs d'une journée anti-austérité en Grèce

 
Pour la première fois depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement en juin dernier, des grandes manifestations anti-austérité ont été organisées à Athènes et à Thessalonique. Professions libérales, employés et fonctionnaires, ils étaient environ 50 000 (100 000, selon les organisateurs) à avoir répondu à l'appel des syndicats. Et les images de la mobilisation et des échauffourées avec la police ont inondé en temps réel les réseaux sociaux.
 
Quatre ans que la Grèce enchaîne les plans d’austérité. Dans ce contexte, le nouveau plan de rigueur promis par le gouvernement à ces principaux créanciers (le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne), qui devrait permettre d'économiser 11,5 milliards d’euros, passe très mal auprès de la population. Le gouvernement a prévu de couper davantage dans les salaires des fonctionnaires, les retraites et les prestations sociales, déjà largement amputés par les précédents plans d'austérité. Le plan doit être adopté par le Parlement avant la tenue du prochain sommet européen, le 18 octobre. Le gouvernement espère y obtenir en retour le déblocage de 31,5 milliards d’euros de prêts.
 
Des heurts entre casseurs et forces de l'ordre ont émaillé la manifestation à Athènes. Vidéo publiée sur YouTube
Contributeurs

"Même si cette manifestation ressemblait à toutes les autres, c'est toujours mieux de descendre la rue plutôt que de rester assis dans son canapé"

Ypoto Mousi (pseudonyme) est web-consultant à Athènes et tient un blog sur la situation économique de la Grèce. Il a tweeté depuis la manifestation mercredi après-midi.
 
La manifestation s’est déroulée un peu comme d’habitude. Quand la foule a rejoint la place Syntagma, quelques centaines d’anarchistes se sont écharpés avec la police. Ils sont faciles à reconnaître parce qu’ils scandent des slogans comme "Mort aux fascistes", ils portent des pull à capuches et opèrent en groupe. Et comme d’habitude, cela donne un bon prétexte à la police pour disperser la foule à coup de gaz lacrymogènes.
 
 
Ce qui est nouveau, c’est qu'il s'agit de la première grande manifestation depuis les élections. Beaucoup des gens présents dans les rues ont voté pour le gouvernement actuel et se disent aujourd’hui trahis. Les autres sont tout autant en colère et désespérés qu’avant, voire d’avantage, car les salaires ont encore baissé et le chômage a grimpé.
 
 
J’ai été cadre en marketing et je gagnais 2 500 euros par mois avant de perdre mon boulot à cause de la crise. Je me suis donc mis à mon compte. Plus personne ne gagne ce salaire aujourd’hui. Aujourd'hui, les jeunes qui ont la vingtaine acceptent d’être payés 800 euros par mois pour un emploi équivalent.
 
 
Personnellement, j’ai peu d’espoir que les politiciens nous écoutent. Mais je crois qu’il est toujours plus efficace d’exprimer ce que l’on a à dire dans la rue plutôt qu’assis dans son canapé. En revanche, je suis déçu que les syndicats aient, une fois encore, mené le cortège. Cela montre que les gens ne sont pas prêts à aller battre le pavé spontanément, comme ils le font en Espagne. Je pense pourtant que cela aurait plus d’impact.
 
 


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