Photo prise lors de l'évacuation du campus de l'université, lundi 17 septembre.
Les étudiants de l’université du Nil ne décolèrent pas. Depuis la rentrée, ils enchaînent les mobilisations pour réclamer la restitution de leur campus dont ils ont été évacués en janvier 2011. En pleine révolution égyptienne, il s’agissait, à la base, de garantir la sécurité des étudiants. Mais aujourd’hui, le terrain de leur université est au cœur d’un obscur projet de ville technologique. Ni les étudiants ni les professeurs ne savent ce qu’il va advenir de leur établissement : aucune information ne leur a été communiquée.
Fin août, plus d’un an et demi après avoir été priés d’évacuer les lieux par les autorités, les étudiants sont revenus pour occuper les locaux de l’université du Nil et exiger sa restitution. Dans la matinée du 17 septembre, ils ont été
expulsés manu militari par les forces de l’ordre. Depuis, ils poursuivent leur mobilisation devant l’entrée de l’établissement.
Créée en 2006, cette université privée à but non lucratif est consacrée à la recherche dans le domaine des nouvelles technologies. C’est le premier établissement de ce type en Égypte. Composée de six centres de recherche dotés d’équipements modernes, il a été construit sur un terrain situé dans la ville de Cheikh Zeid, à l’ouest du Caire.
Les forces de l'ordre ont expulsé sans ménagement les étudiants en sit-in à l'intérieur du campus de l'université du Nil, lundi dernier.
En janvier 2011, alors que le pays est en pleine révolution, les étudiants sont transférés dans les locaux d’un parc technologique, officiellement à titre provisoire, pour des raisons de sécurité. En octobre 2011, ils comprennent qu’ils ne réintégreront pas leurs locaux de sitôt : l’État, qui a récupéré le terrain de l’université par une manœuvre juridique, annonce la construction d’une ville scientifique incluant… le site de l’université du Nil. Le projet est piloté par Ahmed Zewail, Prix Nobel de chimie égyptien, à qui a été alloué le terrain. Inquiets pour l’avenir de leur université, les étudiants et les professeurs multiplient alors les requêtes auprès des autorités.
En juin 2012, le nouveau président égyptien Mohamed Morsi récupère le dossier. Au grand dam des étudiants, la commission ministérielle chargée d’arbitrer le conflit confirme l’attribution du campus à Ahmed Zewail pour son
projet de ville scientifique. Les autorités demandent aux étudiants d’utiliser des locaux d’une autre ville universitaire en attendant qu’une solution définitive soit trouvée.
Les étudiants poursuivent toujours leur rassemblement devant le campus.
Selon le directeur du "projet Zewail", les plan de la future ville scientifique et technologique étaient dans les tiroirs depuis 2002, soit quatre ans avant la création de l’université du Nil. En délicatesse avec le régime de Moubarak, Ahmed Zewail avait vu son projet retardé maintes fois.
Ahmed Zewail, qui s’était jusque là refusé à tout commentaire, a déclaré sur son compte
Twitter, après l’évacuation des étudiants, qu’il n’avait pas interféré dans la décision de la commission ministérielle et qu’il avait demandé aux autorités de ne pas faire usage de la force au moment d’évacuer le campus.
Commentaires
Monde du creationisme...
Submitted by Free_think (non vérifié) on mar, 25/09/2012 - 08:25.Malheureusement dans le monde du creationisme j'ai bien peur que l'innovation scientfique n'ai pas vraiment sa place, en tout cas pas au sens ou on l'entend dans un monde non dogmatique.
J'ai vu dans un un pays musulman des programmes educatifs en anglais soit disant scientifques qui ne sont qu'une mascarade et en realite de la propagande theologique a la gloire du creationisme.
Et ceci est dans un pays qui se veut progressiste et ouvert vers le monde!!! Je suis curieux de voir ce que des partisans d'un dogme rigoriste appellent science!