C’est courant à Rangoon. Quasiment toutes les semaines j’assiste à ce genre de scènes lors de mes déplacements en ville. La personne qui va donner l’argent au policier est en général celle qui est chargée de vendre les tickets de bus aux passagers. Le plus souvent, il donne un billet de 1000 kyat (environs 0, 80 euros). C’est, de toute façon, moins cher que de payer l’amende que le policier vous infligera si vous ne lui donnez pas son bakchich. Ça se passe le plus souvent aux heures de pointe, au moment où les bus sont bondés et qu’ils enfreignent la loi sur le nombre de passagers qu’ils peuvent légalement transporter. Nos bus appartiennent à des compagnies privées. Le conducteur comme le vendeur de billets sont payés au nombre de passagers et par conséquent n’hésitent pas à faire entrer un maximum de personnes.
"Beaucoup d’internautes birmans ont félicité, sur les réseaux sociaux, la personne qui a pris cette initiative"
Mais ce qui n’est pas courant du tout, c’est que l’on puisse voir tout ça en vidéo. Beaucoup d’internautes birmans ont félicité sur les réseaux sociaux la personne qui a pris cette initiative car on sait tous qu’il faut un certain courage pour filmer la police. J’ai le sentiment que de plus en plus de gens ont maintenant le cran de dénoncer les actes de corruption. L'une des raisons de ce changement, c’est que le nouveau gouvernement [en 2011, la junte militaire a été remplacée par un gouvernement civil, soutenu par l’armée, NDLR] a relâché, dans une certaine mesure,
la pression exercée par le passé sur les médias. Il arrive désormais que des médias privés évoquent de façon très claire des cas de corruption. [Les médias officiels restent, quant à eux, les porte-voix du gouvernement, NDLR]. En général, ces journaux révèlent des cas de corruption à grande échelle, liées notamment au monde des affaires. Dernièrement, des centaines de personnes ont manifesté contre la construction d’une mine de cuivre après avoir appris par un journal local que des pots-de-vin avaient été versés dans le cadre du projet. [Après ces révélations, le ministère des Mines a toutefois
poursuivi en justice le journal local, NDLR]. Et cette dynamique générale encourage très probablement les citoyens à dénoncer les cas de corruption auquel ils sont confrontés au quotidien. Reste à savoir si les autorités vont s’attaquer à ces problèmes à mesure que sortiront les informations.
"Ces derniers mois, les pots-de-vin sont moins courants dans l'administration"
Avant le changement de gouvernement, les gens avaient l’habitude de voir le personnel administratif leur demander de payer quand ils avaient besoin de quelque chose, comme par exemple de refaire un passeport. Mais depuis que le gouvernement a lancé une réforme des institutions publiques, afin notamment d’en améliorer l’efficacité, les pots-de-vin sont moins courants. [Le gouvernement a
augmenté les salaires des employés afin de lutter contre la corruption, et des
lois anti-corruption sont actuellement discutées au parlement, NDLR]. Personnellement, quand j’ai fait refaire mon passeport dernièrement, on ne m’a rien demandé en échange. En revanche, le souci désormais c’est que certaines personnes se mettent d’elles mêmes à proposer de l’argent dans l’espoir de faire accélérer les choses car la bureaucratie ici reste extrêmement lente.
Commentaires
Shame on you!!!
Submitted by Roghiya (non vérifié) on ven, 21/09/2012 - 07:11.Franchement, vous ne cesserez de nous étonner chers journalistes! L'actualité en Birmanie est dominée ces temps ci par le massacres de la minorité musulmane (les roghiyas) et vous n'en avez même pas pipé mot.
Et là, vous avez le culot de nous parler de corruption des policiers. Ces mêmes forces de l'ordre qui ont aidé les moines bouddhistes à commettre les pires crimes que l'ont peut imaginer!!!
Hypocrisie quand tu nous tiens!!!!
birmanie
Submitted by BADJENE (non vérifié) on jeu, 20/09/2012 - 19:27.la corrution est partout vous savez.il faut leur donner une chance de se refaire après cette longue période de dictature.le togo n'est pas un bon élève non plus