Les débris du tsunami ont commencé à arriver sur nos plages en septembre 2011 [environ six mois après la catastrophe]. Mais le pire est à venir. À chaque fois qu'il y a une grosse tempête, des amas de déchets arrivent sur nos plages. Avant le tsunami, lors de nos opérations nettoyage, nous ramassions environ 20 kg d'ordures, principalement laissées par les baigneurs. Mais maintenant, il suffit d’une tempête et nous ramassons des centaines et des centaines de kilos de débris !
Il y a beaucoup de bouteilles en plastique avec des écritures japonaises. Nous avons également trouvé des objets plus gros, comme des pièces de réfrigérateur. Plus au sud, une autre équipe de bénévoles a même trouvé une partie de
dock d'un port japonais. [D'autres objets comme des bateaux ont été retrouvés, ainsi qu’une
Harley Davidson, qui a été depuis été retournée à son propriétaire]. On trouve aussi beaucoup de polystyrène, une matière très difficile à nettoyer car ça se casse facilement en petits morceaux qui se répandent dans le sable. Ils mettront des années à se désintégrer. Par ailleurs, c’est un produit très difficile à recycler.
Des volontaires retrouvent les parties d'un dock à côté de Newport. Avec l'aimable autorisation de Surfrider Foundation.
" Vivant près des côtes, nous sommes exposés, nous aussi, à de tels drames "
On espère qu'il y aura de "bonnes tempêtes" cet hiver qui ramèneront rapidement tous les débris perdus au milieu de l'océan, au lieu de les disperser pendant on ne sait combien d'années. En ce moment, le gouvernement, ainsi que diverses organisations, envoient des fonds pour nettoyer la côte. Paradoxalement, comme il y a beaucoup de volontaires, c'est une opération qui coûte cher puisqu'on a besoin de beaucoup de matériel. Mais le plus cher, c’est lorsque les débris ont échoué sur des plages isolées, car on doit utiliser des hélicoptères et faire intervenir des experts. [Le déménagement de la partie de dock a coûté
85 000 dollars à l'État d'Oregon, soit 66 000 euros]. Tout le monde est le bienvenu. Beaucoup de touristes se joignent à nous pour nous aider.
Depuis des années, mon principal souci, c’est que les places soient nickels, mais en nettoyant les débris du tsunami, on réalise aussi tout ce que les gens ont perdu dans la catastrophe. Vivant près des côtes, nous sommes exposés, nous aussi, à de tels drames. D’ailleurs, après le tsunami les autorités de ma ville ont mis en place un plan d'alerte. Nous savons désormais où aller en cas de problème et nous savons où trouver de la nourriture.