Aux États-Unis, des bénévoles débarrassent les plages des débris du tsunami japonais

Une plage d'Oregon jonchée d'ordures. Avec l'aimable autorisation de la Surfrider Foundation.
 
Elles ressemblent à n'importe quelles bouteilles en plastique échouées sur une plage, à l'exception que les signes sur les capsules sont en japonais et qu’elles ont été retrouvées dans l'État de l’Oregon, au nord-ouest des États-Unis. 
 
À mesure que les débris emmenés au large par le tsunami japonais de mars 2011 font leur chemin à travers l'océan Pacifique, les équipes de nettoyage des plages de la côte américaine doivent faire face à des amas de débris de plus en plus importants. Les experts évoquent le chiffre de 40 000 tonnes d'ordures qui pourraient arriver à moins de 10 km des côtes d’Amérique du Nord, d’ici février prochain.
 
Jusqu'à présent, les autorités de l’Oregon ont déboursé 300 000 dollars pour le nettoyage des plages, plus du double du budget annuel qui s’élève habituellement à 120 000 dollars. Au même titre que les autres États côtiers, elles espèrent recevoir prochainement des subventions du gouvernement fédéral ainsi qu’une aide promise par le Japon pour faire face à ces dépenses.
 
Le département en charge des parcs de l’Oregon a installé trente deux décharges le long de la côte de l’État. Il compte essentiellement sur les bénévoles pour nettoyer les plages polluées, tout en invitant les baigneurs et les gens de passage à participer.
 
Des inscriptions en japonais sur les bouteilles, on peut y lire "mukeru" signifiant  "tournez pour ouvrir."
Contributeurs

"On réalise combien les Japonais ont perdu"

Jenee Pearce-Mushen est le capitaine d'équipe de nettoyage pour la zone de Cannon Beach, située à environ 130 km au nord-ouest de Portland. Elle œuvre pour l’organisation à but non lucratif SOLVE qui nettoie les plages d'Oregon depuis 1984.
 
Les débris du tsunami ont commencé à arriver sur nos plages en septembre 2011 [environ six mois après la catastrophe]. Mais le pire est à venir. À chaque fois qu'il y a une grosse tempête, des amas de déchets arrivent sur nos plages. Avant le tsunami, lors de nos opérations nettoyage, nous ramassions environ 20 kg d'ordures, principalement laissées par les baigneurs. Mais maintenant, il suffit d’une tempête et nous ramassons des centaines et des centaines de kilos de débris !
 
Il y a beaucoup de bouteilles en plastique avec des écritures japonaises. Nous avons également trouvé des objets plus gros, comme des pièces de réfrigérateur. Plus au sud, une autre équipe de bénévoles a même trouvé une partie de dock d'un port japonais. [D'autres objets comme des bateaux ont été retrouvés, ainsi qu’une Harley Davidson, qui a été depuis été retournée à son propriétaire]. On trouve aussi beaucoup de polystyrène, une matière très difficile à nettoyer car ça se casse facilement en petits morceaux qui se répandent dans le sable. Ils mettront des années à se désintégrer. Par ailleurs, c’est un produit très difficile à recycler.
 
Des volontaires retrouvent les parties d'un dock à côté de Newport. Avec l'aimable autorisation de Surfrider Foundation.
 
" Vivant près des côtes, nous sommes exposés, nous aussi, à de tels drames "
 
On espère qu'il y aura de "bonnes tempêtes" cet hiver qui ramèneront rapidement tous les débris perdus au milieu de l'océan, au lieu de les disperser pendant on ne sait combien d'années. En ce moment, le gouvernement, ainsi que diverses organisations, envoient des fonds pour nettoyer la côte. Paradoxalement, comme il y a beaucoup de volontaires, c'est une opération qui coûte cher puisqu'on a besoin de beaucoup de matériel. Mais le plus cher, c’est lorsque les débris ont échoué sur des plages isolées, car on doit utiliser des hélicoptères et faire intervenir des experts. [Le déménagement de la partie de dock a coûté 85 000 dollars à l'État d'Oregon, soit 66 000 euros]. Tout le monde est le bienvenu. Beaucoup de touristes se joignent à nous pour nous aider.
 
Depuis des années, mon principal souci, c’est que les places soient nickels, mais en nettoyant les débris du tsunami, on réalise aussi tout ce que les gens ont perdu dans la catastrophe. Vivant près des côtes, nous sommes exposés, nous aussi, à de tels drames. D’ailleurs, après le tsunami les autorités de ma ville ont mis en place un plan d'alerte. Nous savons désormais où aller en cas de problème et nous savons où trouver de la nourriture.
 
Des volontaires emmènent des ordures et des sacs pleins de débris sur la plage de Nestucca. Avec l'aimable autorisation de Surfrider Foundation
 
Des écritures japonaises sur un bout de polystyrène.
 
Pièce d'un réfrigérateur retrouvé sur la plage. Avec l'aimable autorisation de SOLVE.
 
Un bulldozer transporte au loin un amas d'ordures. Avec l'aimable autorisation de SOLVE.
 
Une poubelle pleine de débris retrouvés à Netarts Spit.

Commentaires

Répondre au commentaire | The Observers

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