L'Armée syrienne libre s’improvise fabriquant d’armes

Capture d'écran d'une vidéo montrant des membres de l'ASL à Homs en train d'essayer une roquette qu'ils viennent de fabriquer.
 
L’Armée syrienne libre (ASL) manque d’armes pour affronter une armée régulière munie de tanks, d’avions et d’hélicoptères. Alors qu’elle a du mal à s’approvisionner hors du pays, les frontières étant encore relativement hermétiques, l’armée rebelle essaie désormais de fabriquer ses propres armes, avec les moyens du bord.
 
Lance-roquettes aux couleurs du drapeau de l’opposition, missiles "Burkan 1" (Volcan 1)… Des membres de l’ASL affirment, vidéos à l’appui, que leurs armes faites maison sont parfaitement opérationnelles, même si elles restent rudimentaires. Des images de la fabrication de ces armes sont disponibles sur Internet. Une façon d’alerter également
l’étranger sur le sous-équipement de leurs soldats.
 
L’ASL se procurait déjà des armes de différentes manières : par les soldats déserteurs, lors des batailles, en les achetant aux soldats de l’armée régulière ou aux "chabbihas" [les milices à la solde du pouvoir] ou encore en les acheminant via la frontière avec le Liban et la Turquie. Mais les quantités restent insuffisantes.
 
Sur cette vidéo, des membres d'une milice de Damas montrent la fabrication et l'essai d'un lance-roquette.
Contributeurs

"Ils fabriquent même des mortiers"

Rami H. est membre du comité révolutionnaire à Homs, proche de l’ASL.
 
En Syrie, avant le début de la guerre, les armes n’étaient pas en libre circulation et rares étaient les personnes qui avaient le droit d’en posséder. Le manque d’armes et de munitions de l’ASL est son principal point faible face à l’armée régulière. Ses besoins se sont accrus avec le nombre croissant de soldats déserteurs ou de volontaires qui ont rejoint l’ASL. D’où cette initiative de fabriquer leurs propres armes.
 
L’idée a émergé en avril dernier après que, par manque de munitions, des soldats ont utilisé des billes au lieu des balles pour tirer avec leurs pistolets. Les membres de l’ASL ont commencé par fabriquer des cocktails Molotov et des mélanges explosifs à base de produits chimiques. Ce n’est pas difficile à concevoir, il suffit d’aller sur Internet pour trouver des indications voire même des tutoriels sur YouTube.
 
Ils se sont ensuite essayés à la fabrication d’armes plus élaborées. Ils ont commencé avec des pistolets et des fusils. Aujourd’hui, ils font également des bombes à mèche, des lance-roquettes, des fusils de snipers, des mortiers et même des missiles d’un kilomètre de portée.
 
Ce sont de simples artisans, forgerons et menuisiers qui ont transformé leurs ateliers en fabriques d’armes, aidés par des soldats déserteurs. Et, dans nos villes en ruine, il n’est pas difficile de trouver les matériaux de fabrication. Aujourd’hui, la fabrication d’un mortier nécessite un mois en moyenne, celle d’un fusil trois jours.
 
Il ne faut pas surestimer la quantité ou l’efficacité de ces armes. Elles servent juste aux nouvelles recrues qui n’ont aucune arme ou pour mener des opérations défensives, car il est impensable que l’ASL puisse lancer une véritable attaque contre l’armée régulière avec de tels engins. Le manque d’armes est toujours le problème numéro 1 ici.
 
L'attaque d'un poste de l'armée régulière par des missiles fabriqués par l'ASL.
 
Un camion "blindé".

Commentaires

armes artisanales

Il n'y a pas de quoi s'extasier sur un phénomène où on constate la fabrication d'armes qui peuvent s'avérer plus dangereuses pour ceux qui les utilisent, que pour les cibles qu'elles sont sensées détruire!

L'Armée syrienne libre,fabricant d'armes...

S'il y a d'anciens "mercenaires" talibans pour soutenir le "printemps syrien",le pouvoir syrien a de gros
soucis à se faire...Son "allié" russe en sait quelque chose...Qui vivra,verra...!



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