La prise d’otage d’un présumé combattant du Hezbollah fait déborder le conflit syrien au Liban

Capture d'écran de la vidéo tournée par les ravisseur de Hassan Mokdad.
 
Le commandement de l'Armée syrienne libre (ASL) s’est désolidarisé mercredi d’un groupe de preneurs d’otages qui affirme avoir kidnappé un sniper libanais envoyé par le Hezbollah pour combattre les insurgés syriens. Mais l’affaire a déjà dégénéré et risque aujourd’hui de déstabiliser le Liban voisin.
 
Lundi matin, un groupe se réclamant de l’ASL prend contact avec les proches d’un Libanais du nom d’Hassan Mokdad et les informe que ce dernier est retenu en otage. Dans la soirée, le groupe met en ligne une vidéo où l’otage apparaît entouré de trois hommes masqués portant des fusils. Interrogé par un homme posté derrière la caméra, le captif, qui a le visage couvert de bleus, dit être un sniper du Hezbollah et affirme être arrivé en Syrie au début du mois d’août avec un groupe de "1500 combattants venus aider l’armée chiite du régime syrien à combattre les gangs sunnites de l’Armée syrienne libre ".
 
Le clan de l’otage, implanté au nord du Liban, nie tout lien entre Hassan Mokdad et le Hezbollah. En représailles, les Mokdad annoncent à la télévision libanaise mercredi avoir enlevé au moins 30 Syriens et un Turc, qu’ils comptent échanger contre la libération de leur membre. Parmi leurs otages figurerait un haut gradé de l’ASL. Dans un reportage diffusé le même jour par la chaîne libanaise al-Mayadine, deux des otages syriens lancent un appel à l’ASL pour la libération d’Hassan Mokdad.
 
Le clan d’Hassan Mokdad affirme à la télévision libanaise que l’otage de l’ASL s’était installé en Syrie il y a un an et demi pour fuir la justice libanaise. Ils soulignent qu’il était même installé chez des amis proches de l’opposition syrienne.
 
Un présentateur de la chaîne libanaise LBCI, Yazbek Wehbe, confirme cette version sur son compte Twitter
 
 
J’ai pu avoir la confirmation, documents à l’appui, que Hassan Mokdad s’était rendu en Syrie en raison de problèmes d’argent et qu’il vivait chez des opposants Syriens. Il n’a rien à voir avec le Hezbollah.
 
 
Je me suis rendu chez lui et j’ai pu consulter son dossier judiciaire. Son épouse ne porte même pas le voile. Les services de renseignements syriens ont enlevé les hommes qui vivaient avec lui.
 
Contacté par FRANCE 24, un porte-parole de l’ASL a nié toute responsabilité de son armée dans l’enlèvement d’Hassan Mokdad : "L’ASL se désolidarise complètement de cet acte. Selon nos informations, cet homme n’a rien d’un combattant du Hezbollah. Nous sommes en train d’enquêter auprès des brigades sur le terrain pour savoir qui est l’auteur son enlèvement et tout faire pour le libérer."
 
D’autres Libanais ont été pris en otage en Syrie récemment. Le 22 mai dernier, onze pèlerins chiites libanais ont été enlevés dans le nord de la Syrie. Or selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), quatre d’entre eux ont été "grièvement blessés", mercredi, dans un raid de l’aviation syrienne dans la localité d’Azaz, près de la frontière avec la Turquie.
 
Le Liban voisin est profondément divisé par le conflit en Syrie, menaçant l’équilibre confessionnel déjà fragile entre notamment des chiites qui ont des affnités avec le régime alaouite et des sunnites davantage solidaires des insurgés. Ces affaires d’otages créent donc de fortes tensions à l’intérieur du pays et risquent de l’impliquer encore davantage dans le conflit syrien.
 
 
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