Je me suis rendue lundi matin dans la zone qui a été la plus touchée. Les bénévoles du Croissant-Rouge étaient au four et au moulin, ils distribuaient de l'eau, des couvertures et des tentes. Il y avait aussi beaucoup de bénévoles qui avaient fait le déplacement pour apporter des produits de première nécessité. C’était incroyable de voir à quel point tout le monde s’est investi. Des ingénieurs ont même construit une cuisine de fortune pour que les habitants puissent bénéficier de repas chauds.
De nombreux internautes ont critiqué sur les réseaux sociaux la couverture des chaînes de télévision d'État, leur reprochant d'avoir mis trop de temps avant de s’intéresser à la catastrophe. Lorsque je suis arrivée sur place, j'ai vu des journalistes, mais il est vrai que la plupart travaillaient pour des médias indépendants.
Je suis allée dans les villages de Bajeh Baj et Chobanlar, qui ont été complètement rasés. Les habitant étaient très gentils - ils étaient même désolés de ne pas pouvoir me recevoir chez eux parce que leur maison avait été détruite. La population qui vit ici était déjà très pauvre avant le tremblement de terre, mais elle est soudée et solidaire. J'ai rencontré un homme qui, il y a quelques années, avait enseigné dans l'école du coin et qui s'était empressé de venir pour savoir si rien de grave n’était arrivé à ses anciens élèves. Les enfants étaient si heureux de le voir ! Mais quand il a demandé ce qu’il était advenu des autres enfants, ils sont tombés en sanglots.
"Il va falloir renforcer l'aide dans les prochaines semaines à cause de l'arrivée du froid"
Pour ma part, j’ai collecté auprès d’amis tout l’argent que j’ai pu. Les pharmacies et d'autres commerces ont accepté de baisser leurs prix, ce qui nous a beaucoup aidé. Un pharmacien m’a donné du lait en poudre ainsi que des médicaments quand je lui ai expliqué que c’était pour les victimes du tremblement de terre.
Toutes ces fournitures vont permettre de répondre aux besoins des habitants pour les jours qui arrivent mais il va falloir renforcer l'aide dans les prochaines semaines, à cause de l’arrivée du froid. La question qui était sur toutes les lèvres ces dernières heures était : "Quand nos maisons vont-elles être reconstruites ?" Malheureusement, personne n’a été capable de fournir une réponse.
J’espère que l’aide va se poursuivre et que cette démarche ne sera pas récupérée politiquement. Il y faudrait également davantage de bénévoles sachant parler l’azéri, la langue locale. De nombreux villageois ne comprennent pas bien le persan et du coup éprouvent des difficultés à exprimer leurs besoins.
Commentaires
Azéris discriminés?
Submitted by 93Rg (non vérifié) on mer, 15/08/2012 - 14:27.Y aurait il une discrimination envers les Azéris (un des peuples turcophones d'Iran)?
Il faudrait aussi que les iraniens s'interrogent sur la sureté nucléaire dans une zone sismique. Est ce la raison pour laquelle les médias ont hésité à parler de cette catastrophe?
Condoléances aux victimes en tout cas.
Toutes les constructions sensibles...
Submitted by DULICITE حلال on mar, 21/08/2012 - 16:43.sont automatiquement antisismiques,à Fukushima le Séisme n'a rien fait
à la centrale et ce n'était pas le premier séisme dans la région !
Mon ami,c'était de l'EAU à 20 m de hauteur: Un TSUNAMI.
Il fait chaud ces jours-ci...