L'emplacement du marché de Banikane. Toutes les photos ont été prises par notre Observateur.
Dans l’ombre des frasques des islamistes qui, depuis plusieurs semaines, ont pris le contrôle des principales villes du nord du Mali comme Gao, Tombouctou ou Kidal, de nombreux villages isolés vivent dans le dénuement le plus total. Notre Observateur a traversé la région de Tombouctou, où, dans plusieurs communes, le temps semble s’être arrêté.
La région de Tombouctou, bordée au sud par le fleuve Niger, est une grande zone désertique composée de cinq cercles, des subdivisions administratives qui comportent chacune plusieurs communes, 51 au total. Tombouctou, la "ville aux 333 saints",
tombée aux mains du MNLA et des islamistes le 1er avril dernier, en est le chef-lieu.
Aujourd’hui, toute la région vit sous la coupe des groupes armés, même si les combattants ont pris leurs quartiers dans la ville de Tombouctou. Dans les petites localités, les administrations de l’État malien ont été désertées et de nombreux villageois ont pris la fuite. À Banikane, situé à 120 km à l’est de Tombouctou, le maire joint par FRANCE 24 considère que sa commune, qui vit désormais au crochet du Programme alimentaire mondial (PAM), a été "abandonnée par l’État malien".
Privés d'eau courante, les habitants utilisent l'eau au puits de la commune.